Le débrief’ : La Meuh tombe la vache (2/2)

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Tout juste 10 jours après la fin de la 9e édition du festival de la Meuh Folle en terre gardoise, Discordance est parti à l’encontre d’Élise Champin, présidente tout sourire du festival de la Meuh cette année. Après avoir franchi le fameux cap des 4 000 entrées sur deux jours, l’occasion est venue de dresser les premiers bilans. Suite de l'entretien aujourd'hui, entre confidences et mise en perspective du 10e anniversaire de la Meuh en 2013.

Après avoir passé au crible une partie des éléments à succès de cette 9e édition du festival de la Meuh Folle, Élise Champin a du en dire un peu plus sur cette année passée aux commandes de la Meuh… mais a su parfaitement renverser les questions pour inverser les rôles ! La présidente a bousculé les codes.

Abordons à présent des questions plus personnelles : toi, en tant que présidente, que retiens-tu de cette année passée derrière les manettes d’un festival ?

Élise : Je serais tenté de répondre « tout » ! (rires). Après c’est un défi, on oublie les sacrifices que l’on peut faire, il y a toujours des moments dans l’année où tu finis par te dire « pourquoi je fais tout ça ? »  mais après c’est un plaisir. On avait allégé le truc un peu cette année, il n’y avait qu’une réunion par semaine, et au total cela fait quand même vingt huit !
Ce que j’ai vraiment aimé, c’est mener une équipe en gérant le suspense que l’on a tout au long de l’année : est ce que les gens vont aimer ? Est-ce qu’ils vont être au taquet ? Etc. Mais la plus belle récompense, je me répète, c’est avant tout de voir tous ces gens sourire ! Organisateurs et festivaliers étaient contents d’être là, ça se voyait sur les visages.

Tu as du avoir un coup de flip durant le festival, il y en a toujours un dans ces moments-là, peux-tu nous le raconter ?

Élise : Ouais il y en a eu, mais je vais en raconter qu’un seul ! Et il est très mal tombé : j’avais le trousseau de clés du Parc des Expos, c’était juste avant l’ouverture, et il y avait déjà du monde devant le portail extérieur. Tu ne peux compter que sur toi-même pour aller ouvrir. Mais il fallait que j’aille d’abord fermer une de ces larges portes sur la façade du Capra… et je ne sais pas pourquoi, elle a bugué ! C’est pas possible, pas maintenant… !

C’était avant ou après que je sois passé récupérer mon accréd’ l’après-midi ? Tu te rappelles que je t’avais demandé si tout se passait comme prévu, tu m’avais répondu oui…

Élise : Après !

OK, je suis bien un chat noir ! (rires).

Élise : En fait, en voulant faire juste rentrer la Croix Rouge à l’intérieur, cette grande porte n’a plus voulu se fermer… Je me souviens que tout le monde te regarde l’air de dire mais qu’est ce que vous faites ? Enfin bon, ça a vite été résolu !

Comme l’année dernière, je vais te poser la fameuse question :  Si tu devais résumer en un mot cette 9e édition, que choisirais-tu ?

Élise : Un gros « merci » !

C’est ce que m’avait répondu Morgane l’an dernier… (rires)

Élise : Il faut dire que l’on a tous ce mot à la bouche ! Un gros merci aux artistes, aux techniciens, aux bénévoles, aux membres de l’orga, au public aussi… Mais je me rappelle, en interne, on y avait posé cette question, et on était restés un peu bête face à cette réponse. Mais je la comprends complètement maintenant. Mais si tu veux j’en ai un autre pour résumer la Meuh : funky ! (rires).

D’ailleurs au niveau des retours, ça donne quoi ?

Élise : Nous sommes un festival étudiant, il ne faut pas l’oublier, et cette année on a vraiment chargé en backstage. Alors c’est vrai que le public ne le voit pas, mais on a cherché à améliorer ce point-là. Du côté des techniciens, on est ravis de travailler avec eux, on commence à les connaître à force, donc le courant passe très bien… surtout avec l’épisode des crashs barrières sur Babylon Circus ! (rires). Concernant les retours des artistes, ils sont très très bons ; à propos des festivaliers, très positifs aussi, mais après tu sais ce que c’est, ce n’est qu’une question de goût.
Notre grosse satisfaction, c’est auprès des « anciens » ! Quand ils sont venus nous dire, dans les yeux, « putain c’était bien ! », là tu te sens vraiment bien !

L’année prochaine, c’est la 10e édition, je vois un brin d’originalité…

Élise : Silence radio, je ne sais rien. Je n’en ferais pas partie et le bureau n’a même pas été voté… Après, c’est un transfert de pression, c’est clair que la 10e ça se fête, à eux d’assurer derrière ! (rires).

Pensant que l’entretien s’arrêtait ici, les rôles ne tardent pas à s’inverser. La présidente, tombée au mois de décembre dernier sur mes « paris » à propos de la future programmation, m’interpelle. Ayant trouvé la présence du Peuple de l’Herbe avant que les noms soient officiellement sortis du chapeau (et les deux têtes d’affiches du festival voisin, es Rocktambules), l’arroseur est arrosé et voici que les questions changent de sens…

Élise : D’ailleurs, au petit jeu des paris, qui vois-tu à l’affiche de la 10e édition de la Meuh ?

Dimitri : Difficile de répondre vu la période dans laquelle on est… Actuellement on nous parle des groupes qui tournent cet été, cette année. En mars 2013, les choses auront changé, et ces groupes-là ne seront pas forcément actifs…

Élise : Tes envies alors ?

Dimitri : Mes envies ? J’en ai une qui me vient à l’esprit, mais qui me paraît hors-budget pour la Meuh…

Élise : Si tu fais remplir le Capra, pourquoi pas ! (rires)

Dimitri : Les Cowboys Fringants ! Groupe francophone qui fait le plein partout où il passe, une popularité qui explose, jamais programmé en Languedoc Roussillon. Ça pourrait faire le plein…

Élise : Je ne sais pas… On a fait le plein qu’avec les Ogres de Barback en 9 éditions.

Dimitri : Programmés un samedi soir, ça peut faire pareil. Les Ogres ont ramené du monde pour quelles raisons ? Car c’est un groupe multi-générationnel. Pour avoir vu les Cowboys à Lyon, la composition du public est très très variée. Les Cowboys Fringants peuvent remplir ces critères. Le seul hic que j’émettrais, c’est la moyenne d’âge. Est-ce que le public de la Meuh n’est-il pas trop jeune pour se déplacer en masse ? C’est ce qui peut rendre le pari très risqué. Je ne vois pas, par exemple, des lycéens se déplacer pour voir les Cowboys. Simple avis personnel.

Élise : Une fois que tu es du côté de l’orga tu deviens beaucoup plus sceptique ! Je pense qu’il faudrait une seconde tête d’affiche le même soir pour vraiment les interpeller. Ensuite, tu vois quoi ?

Dimitri : Je vois bien un groupe électronique, au moins un. Cela fait 4 ans qu’il y a un groupe électronique à la Meuh. Donc, dans un panel plus ou moins large, je vois un nom sortir de ce chapeau-là : C2C, Scratch Bandits Crew, Chinese Man (que je pensais cette année) Caravan Palace avec ses penchants électroniques…
En rock, je vais me répéter avec les groupes qui tournent en ce moment comme Izia, Dionysos, Shaka Ponk, voire Les Rois de la Suède. Plus jazzy, Deluxe, qui débute. Après c’est très compliqué de dire en avril 2012 qui on peut imaginer à l’affiche d’un festival qui se tiendra en mars 2013. C’est un premier jet, des noms en vrac, très influencés par l’actu. Comme par exemple, avec le recul, un High Damage (High Tone meets Brain Damage) aurait pu très bien coller cette année.

D’ailleurs, je parle trop, vous avez du avoir des rêves inaccessibles, peux-tu me le dire ?

Élise : Notre rêve aurait été d’avoir Birdy Nam Nam.

Dimitri : Oui c’est sûr… Après il y a de très bons groupes français qui ne font pas trop de bruit et qui sont taillés pour la scène, je pense à Fumuj notamment, programmé l’an dernier aux Transes Cévenoles de Sumène avec son rock fusion… La Canaille en hip hop, Syrano en chanson française… Et l’international, jamais la Meuh ne s’est encore tournée vers l’international ? Un petit Black Keys ? Après est ce que c’est venu jusqu’à Alès ?! (rires).

Elise : Il faut un come-back !

Dimitri : Stupeflip ? Ou un confirmé, les Puppetmastaz. Pas Zebda, les Rocktambules les ont au mois de juin.

Élise : A la nouvelle équipe de mettre en place une 10e édition anniversaire digne de la Meuh.

Un grand bravo à tous et à l’année prochaine. Les paris sont ouverts !

Crédits photos : Audouy Olivier

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En savoir +

La 9e édition du festival de la Meuh Folle, c’était les 30 et 31 mars 2012 à Alès avec Le Peuple de l’Herbe, Tha Trickaz, Babylon Circus, La Caravane Passe, Djemdi, One Noise, Lefekiskou et Arthis.

Live Report du Festival de la Meuh Folle 2012 :
http://www.discordance.fr/festival-de-la-meuh-folle-jour-1-lelectronique-prend-le-pouvoir-44763
http://www.discordance.fr/festival-de-la-meuh-folle-jour-2-comme-un-vent-de-folie-44839

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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