Le débrief’ : La Meuh tombe la vache (1/2)

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Tout juste 10 jours après la fin de la 9e édition du festival de la Meuh Folle en terre gardoise, Discordance est parti à l'encontre d’Élise Champin, présidente tout sourire du festival de la Meuh cette année. Après avoir franchi le fameux cap des 4 000 entrées sur deux jours, l'occasion est venue de dresser les premiers bilans. Premier volet aujourd'hui d'un entretien où la déception de l'année passée a laissé la part belle à une immense satisfaction.

À voir le sourire qui illumine le visage d’Élise Champin, on ne peut se douter que la 9e édition du festival de la Meuh Folle a marqué les esprits. Il y a eu un déclic, un petit truc qui a fait que ces deux jours ont été bénéfiques pour l’état de santé du festival, mais aussi en terme de bilan humain. Avec une programmation amputée de deux têtes d’affiche par rapport à l’année précédente, le pari était risqué. Pourtant, il a été remporté haut la main. Autour d’une mousse, au soleil, dans un bistrot alésien, la chasse au décryptage est lancée…

Image de L'orga Allez, on commence, petite présentation de la présidente 2012 de la Meuh Folle !

Élise : Élise Champin, personne tout à fait banale sauf qu’elle vient de passer 1 an à organiser un festival ! (rires). Je suis étudiante à l’École des Mines d’Alès mention Génie Civil. Et comme toute personne qui décide de reprendre le flambeau de la Meuh Folle, on a envie de faire grandir encore plus le festival !

Tu faisais déjà partie des organisateurs du festival durant les années précédentes ?

Élise : Oui, depuis 2 ans. Je n’étais pas en train de courir partout, mais l’année dernière j’étais dans la comm’ du festival. C’était prenant, mais pas autant que cette année forcément. Ce qui m’intéressait était vraiment de tout voir… et d’être ravie à la fin ! (rires)

En amorçant la question du bilan de l’édition, la formule a quelque peu changé depuis l’année dernière. Sur le papier, la programmation semblait plus consistante en 2011 alors que cette année, la stratégie fut de miser sur deux grosses têtes d’affiche ?

Élise : Plusieurs choses se sont combinées. Tout d’abord, l’identité du festival. Elle est orientée vers l’éclectisme. Cette année, on a voulu faire deux soirées à thèmes : la première électro/dub, la seconde plus festive, chacun a pu venir selon ses affinités musicales. Et surtout, il fallait savoir jongler avec les fameux « petits vendredis » de la Meuh Folle qui pêchent chaque année. C’est toujours difficile d’attirer les festivaliers pour 20h le vendredi. On l’a vu : les gens sont rentrés pour Le Peuple à 22h, et sur Tha Trickaz, vraiment peu de monde… et c’est bien dommage.

Excuse moi si je te coupe, mais il y a 2 ans, Pony Pony Run Run et Beat Torrent avaient cartonné pour un vendredi…

Élise : C’est vrai ! Mais la tendance générale est aux vendredis plutôt calmes. Cette année, on s’est dit qu’il fallait mettre une grosse tête d’affiche le vendredi pour relancer la machine : on a choisi Le Peuple de l’Herbe et pendant un an on s’est dit « ça marche ou ça ne marchera pas » ! (rires). Pour étoffer le vendredi, on a réussi à prendre Tha Trickaz, et ça, c’était plutôt pas mal. Donc oui, n’étant pas forcément habitué à programmer deux têtes d’affiche un vendredi soir, il a fallu lâcher un peu de lest sur la suite : les clôtures de soirées ont été assurées par des groupes locaux ou pas encore sous le feu des projecteurs au lieu de mettre trois têtes d’affiche par soirée. C’était soit ça, soit augmenter le prix des places. Et je ne pense pas que les festivaliers apprécient ! Déjà, on les a légèrement augmentés cette année.

Une formule payante au final…

Élise : Oui ! Et je répèterai la notion d’éclectisme. Autant on a programmé Le Peuple de l’Herbe et Babylon Circus qui sont des groupes incontournables et la plupart du temps déjà vus par les festivaliers, mais les choix d’avoir Tha Trickaz ou La Caravane Passe sont tout aussi intéressants par le fait que ce soient des groupes nouveaux. La Caravane Passe est le groupe qui a généré le plus de retours… ça a été un sacré tremplin pour eux. Djemdi, samedi soir, aussi. Ils sont peut-être statiques sur scène, mais ils te donnent une patate d’enfer ! C’est comme ça, il y a des groupes qui ont cette incroyable faculté de transmettre ça. Ces découvertes vont pousser les gens à aller les revoir, et ça aussi c’est hyper important dans un festival.

La différence s’est faite où par rapport à l’année dernière ? Tu faisais partie de la comm’, tu t’es servie d’éventuelles erreurs de l’année passée ?

Élise : Non, le travail de la comm’ a été quasi-identique entre les deux années. On a gardé la même recette magique, en forçant probablement plus sur les radios puisque nous sommes montés jusqu’à Montélimar, Florac. On a ratissé large. On avait fait aussi de grandes banderoles accrochées dans les rues de la ville, on était sur Infoconcert. Voilà les petites nouveautés. Honnêtement, je ne sais pas ce qui a merdé l’année dernière. Avec le recul, peut-être qu’il n’y avait pas le public, tout simplement. Par exemple, sur Montpellier, on a beaucoup de mal à faire venir les gens. Surtout quand Le Peuple passe la veille au Rockstore, bref !

L’équipe a évolué ?

Élise : Le bureau est renouvelé tous les ans, les bénévoles, eux, peuvent enchainer plusieurs années. Cette année, nous avions dix bénévoles de plus que l’année dernière (90). Mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est  le professionnalisme de chacun, la motivation de nous aider à démonter après le festival, et surtout les sourires. C’est une des choses que je retiendrais cette année. Le fait de gérer tout ce petit monde et de les voir tous sourire, on se dit, putain, on a réussi !

Le bilan de cette édition 2012 est donc très positif ?

Élise : Très très très positif ! (rires) Là, à chaud, on ne le referait pas, car on aurait peur que cela se passe moins bien… !

En terme d’affluence, le fameux seuil des 4 000 personnes a été passé. Quel était, de votre côté, le seuil impératif à atteindre ?

Élise : Alors déjà, oui, le fameux seuil des 4 000 personnes a été dépassé avec 4 005 entrées payantes, car avec les invit’, orgas et autres, nous sommes autour de 4 200. Ensuite on s’était fixé un premier palier à franchir, mais voyant le succès des préventes 2 soirs on a modifié nos estimations : on était partis sur 1 800 le vendredi, c’est ce que l’on a fait, et 1 900 le samedi, on a atteint 2 200. En fait on a été plutôt bons sur les prévisions ! (rires). Quoiqu’il arrive, il fallait dépasser absolument les 3 500.

Difficile d’anticiper le nombre de festivaliers ?

Élise : Les préventes donnent une tendance, mais seulement une tendance. Généralement, ça commence à s’accélérer trois semaines avant le festival, pour atteindre un pic la dernière semaine. Avant d’arriver à cette dernière semaine, c’est le flou ! Les grands festivals peuvent voir l’engouement autour des préventes, mais pas nous. Puis les trois derniers jours, ça a été la cohue.

Est-ce que, et on avait déjà soulevé cette question avec Morgane (présidente de la Meuh Folle en 2011) l’an dernier, ce n’est pas un mal « alésien » ?

Élise : Alésien ? Peut-on dire ça ? Les préventes montrent que beaucoup viennent de Lozère et d’Ardèche. À Alès, il n’y a pas grand monde, donc on essaie de toucher les Cévennes au sens large.

Les adresses s’affichent lors des réservations en ligne, le public vient principalement d’où ?

Élise : Bagnols sur Cèze, Nîmes, Alès, Montpellier, beaucoup de Nîmes d’ailleurs. Chaque fois on dirait que les Nîmois viennent du bout du monde, mais ils sont toujours là (ndlr :  il faut 30 minutes pour faire Nîmes/Alès). À croire qu’Alès c’est le pays des Bisounours ! (rires) Ce qui est étonnant par contre, c’est qu’il y a peu de monde d’Alès. On a toujours quelques curiosités comme des résas depuis Dijon, Paris-Défense, Toulouse, Angers… Mais le public d’Alès n’est pas réceptif comme il le devrait.

Curieux… Maintenant à propos des à-côtés du festival, j’ai remarqué que la fresque murale réalisée par des grapheurs n’a pas été présente cette année, pourquoi ?

Élise : Beaucoup ont effectivement remarqué qu’aucune fresque ne serait réalisée cette année. Il y a bien une raison : nous avons eu des plaintes des artistes, car les loges sont situées à l’étage supérieur et elles ne sont pas fermées… Du coup les odeurs des bombes remontaient dans les loges. Donc pour des raisons de confort, il n’y a pas eu de fresque cette année. Du coup cette partie du budget a été consacrée aux artistes, dans la mesure où, jusqu’à présent, c’étaient nous qui faisions à manger aux artistes et aux techniciens. C’est Hurluberlu qui nous a sauvé la mise cette année… Un gain de temps pour nous et surtout une marque de qualité renvoyée par le festival.

Au niveau des inter-scènes, là aussi des modifications ?

Élise : Vendredi soir, il y a eu une petite réflexion autour de cette soirée électronique. Des jeux de lumière étaient projetés sur le mur du fond, face à la scène donc. Après on pensait que ça allait rendre beaucoup plus grand, c’est dommage. Entre les groupes il y avait quelques jongleurs qui faisaient leur show en fluo, ils font d’ailleurs partie de l’École.

Le lendemain, pour coller plus à l’ambiance, il y avait un multi-instrumentiste, et un gars de la Cie Malabar de Nîmes sur des échasses. Les deux se sont terriblement bien entendus, les ambiances au didgeridoo avec les échappées de l’échassier étaient vraiment chouettes. Et pour la petite histoire, c’était de l’impro ! Les deux hommes se sont découverts… sur scène. On ne pensait même pas qu’il allait faire tout ça ! Surtout lorsqu’il a ouvert les barrières et s’est barré au milieu du public ! Sympa !

A suivre…

Crédits photo : Audouy Olivier

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En savoir +

La 9e édition du festival de la Meuh Folle, c’était les 30 et 31 mars 2012 à Alès avec Le Peuple de l’Herbe, Tha Trickaz, Babylon Circus, La Caravane Passe, Djemdi, One Noise, Lefekiskou et Arthis.

Live Report du Festival de la Meuh Folle 2012 :
http://www.discordance.fr/festival-de-la-meuh-folle-jour-1-lelectronique-prend-le-pouvoir-44763
http://www.discordance.fr/festival-de-la-meuh-folle-jour-2-comme-un-vent-de-folie-44839

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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