Le Cabaret de Brecht d’après Bertolt Brecht

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Cabaret : (n. m.) : Boutique où l'on vend en détail du vin et des boissons spiritueuses et où l'on vend aussi à manger. Aimer le cabaret . Ne bouger du cabaret . Fréquenter le cabaret. C'est un pilier de cabaret. Il y a des cabarets où les ouvriers prennent leurs repas. Cabaret borgne. Il désigne particulièrement aujourd'hui certains établissements où l'on se réunit pour entendre des chansons satiriques ou politiques.

Brecht (Bertolt) : (n.p.)
Dramaturge, metteur en scène, critique théâtral et poète allemand du XXe siècle. ll s’oriente vers la création d’opéras critiques et de courtes pièces didactiques de plus en plus influencées par la philosophie marxiste. Elles le conduiront à l’élaboration de son théâtre épique, fondé sur la vigilance et la lucidité critiques du spectateur. Il crée avec Kurt Weill L’Opéra de quat’sous qui fut un succès immédiat.

Cabaret de Brecht : (n.m. + n.p.)
Savant mélange entre des extraits de Dialogues Exilés et de L’Opéra de quat’sous. Créé par Fabien Franchitti, Le Cabaret de Brecht se veut de rendre l’œuvre de Brecht accessible. Comment ? En sortant du contexte philosophique, et en parlant de sujets concrets, au travers de quatre personnages très particuliers. C’est un dialogue philosophique et politique entre un ouvrier et un physicien imaginé par Brecht, ainsi que deux autres personnages créés pour l’occasion, L’Aubergiste et La Voix.

Un lieu neutre : le café de la gare d’Helsinki où vont se rencontrer Ziffel le physicien et Kalle l’ouvrier. Ils vont philosopher en abordant des sujets politiques d’actualité. Le nom de Hitler ne sera pas prononcé une seule fois, mais il est bien au cœur de leurs débats. Lui, ou plutôt l’horreur qu’il a fait subir à ces exilés en errance. Ces exilés qui ont une passion commune : le rejet pour l’uniformisation. À travers la pensée critique, ils retrouvent un sens à leur bannissement. Leurs points de vue s’opposent et mènent le jeu, souvent sur fond de comédie musicale. Les notes jazzys du piano accompagnent les voix des quatre amis et leur univers complètement absurde. Une des chansons reprises est Mack the Knife, version qui fut notamment chantée par Frank Sinatra, Ella Fitzgerald et Louis Amstrong. Elle caractérise parfaitement la volonté des personnages de ne pas subir passivement le joug écrasant. Elle raconte l’histoire de Mackie, un voyou de Londres, qui n’a pas de pitié et qui fait la loi avec son couteau. La pièce est composée de treize tableaux, ponctués par la voix, qui, tel un personnage imaginaire, apparaît à tout moment. Elle récite des définitions absurdes, pose des questions et lorsque le public n’apporte pas de réponses, elle s’en charge. On peut voir en elle la voix du peuple. Elle fait partie de l’histoire puisqu’elle répond au dialogue des personnages et amène le spectateur à se questionner, et à ne pas écouter passivement les théories philosophiques. L’humour, quelquefois grinçant, est aussi de la partie et leur permet de s’approprier leur condition qu’ils n’ont pas choisie.

La mise en scène de Fabien Franchitti est conforme au style de Bertolt Brecht qui voulait rompre avec l’illusion théâtrale et pousser le spectateur à la réflexion. Ses pièces étaient ouvertement didactiques par l’usage de panneaux avec des maximes, des apartés en direction du public pour commenter la pièce et des intermèdes chantés. Il voulait forcer le spectateur à avoir un regard plus critique. Ce processus fut baptisé distanciation. Dans son théâtre épique, l’acteur doit plus raconter qu’incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l’identification. Ces procédés visent à perturber la perception linéaire passive du spectateur et à rompre le pacte tacite de croyance en ce qu’il voit. Et cette volonté est respectée dans Le Cabaret de Brecht, où le spectateur sort avec le sourire, mais aussi avec nombre réflexions qui affluent dans son esprit.

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Festival d’Avignon – OFF

Le Cabaret de Brecht d’après Bertolt Brecht

Mise en scène : Fabien Franchitti

Compagnie Le Fil de l’Araignée

Du 8 au 31 juillet 2010 au Théâtre du Verbe Fou

www.leverbefou.fr

www.lefildelaraignee.com

A propos de l'auteur

Image de : Après une courte et intense carrière dans le monde du marketing, Anne-Laure s'est lancé dans la grande aventure! En 2009, elle intègre l'Institut des Métiers de la Communication Audiovisuelle en Avignon, et sait à présent manier avec dextérité caméras, appareils photos, microphones et bancs de montage en tous genres. Elle apporte son soutien journalistique à la rédaction de radio Raje en Avignon en réalisant interviews et chroniques. Discordance, elle l'a vu naître et grandir, faire ses premiers pas sur la toile, et participe de manière épisodique à son contenu rédactionnel. Bref, vous l'aurez compris, Anne-Laure touche à tout, l'image, le son, l'écriture, mais elle aime aussi les éclairs au café, qu'on lui raconte des histoires d'amour, le Japon, l'accordéon, les abricots, les sorties en raquettes, les jeux de société, les voyages (pas organisés), les apéros entre amis, le clafoutis aux cerises et le bon vin.

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