Last Days

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Après s'être inspiré du massacre de Columbine, Gus Van Sant nous revient avec une nouvelle vision toute personnelle de l'un des faits divers les plus marquants de la fin des années 90: la mort de Kurt Cobain, le charismatique leader de Nirvana.

lastdaysLes derniers jours de Kurt Cobain sont auréolés de toute une aura de mystère et de folklore. Quelles sont les dernières personnes à lui avoir parlé ? Suicide ou meurtre maquillé ? Tout aura déjà été dit et écrit sur le sujet. Sans essayer d’apporter le moindre élément de réponse, Van Sant se contente de nous livrer ici une vision très personnelle et très poétique de ces évènements tragiques, tout en s’inspirant largement des lieux et des protagonistes d’origine.

Évadé de l’hôpital où il était en cure de désintox, fuyant ses amis et ses proches, Blake (Michael Pitt, dont la ressemblance avec Cobain est saisissante) se réfugie dans sa maison, une vieille batisse en bordure de forêt. Il va ainsi partager les derniers jours de sa vie entre béatitude chimique et douleurs liées au manque, à tenter de s’échapper de cette prison qu’est devenue sa vie.

Entouré d’une bande de junkis, qui ne se soucieront à aucun moment de lui, si ce n’est pour lui soutirer de l’argent ou un peu de son talent, Blake passera une grande partie du film à errer comme un fantôme à la recherche d’un moyen de soulager sa peine.

Multipliant les plans très longs et n’hésitant pas à refaire plusieurs fois la même scène en changeant le point de vue des protagonistes, les amateurs d’ Elephant et de Gerry, ne seront absolument pas dépaysés. Assez décousu par moment, Last Days n’est pas ce qu’on pourrait appeler un film très accessible. Sorte de conte éthéré, le film vaut beaucoup par l’ambiance et l’atmosphère qu’il s’en dégage.

Si il est loin d’être parfait, certaines scène sont littéralement transportées par la grâce de Michael Pitt, comme en témoigne l’incroyable séquence où Blake joue sur sa guitare. Cette chanson intitulée Death to Birth et dont les paroles ont été écrites par Michael Pitt lui même, semble tellement habitée par l’âme de Kurt, qu’elle en donnera la chair de poule à tous les fans de Nirvana . C’est d’ailleurs dans ce titre que se trouve la véritable clef du film: la mort comme seule échappatoire, comme seul moyen de renaître, comme unique façon de quitter cette caricature de rock star qu’il est devenu malgré lui.

Sans être un chef d’oeuvre incontournable, Last Days a ce petit truc qui marque et qui subjugue. Un film qui vous hantera longtemps encore après l’avoir vu.

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Image de : Fondateur de Discordance.

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