Ladylike Dragon – Turn them into gold

par Servan|
Avec l’album « Turn them into gold », Ladylike Dragons souffle sur la scène française le vent chaud d’un rock flamboyant et aérien.

Il y a parfois des découvertes musicales laborieuses. Des albums qui s’apprivoisent lentement et se livrent pudiquement avec le temps ; dont les lignes rechignent à s’exalter à la première écoute. Turn them into gold n’est définitivement pas de ceux-là, tant l’énergie catatonique livrée dès les premières notes n’a d’égale que la faculté des mélodies à pénétrer votre inconscient.

Les trois natifs de Meaux signent ici leur deuxième opus, après le premier et déjà réussi Heart Burst en 2009. Formé en 2006, les ex Olympic Dragons ont très vite muté en Ladylike Dragons sous la pression juridique, et forcément persuasive, du Comité Olympique, bien décidé à ne partager avec personne la propriété intellectuelle du terme Olympic. Qu’à cela ne tienne, Sébastien (guitare) et Yann (batterie) profitent de cette occasion pour souligner, à travers leur nouveau nom, la féminité explosive et décomplexée de leur sing -leader Cindy.

Turn them into gold annonce, d’entrée de jeu, la couleur sur He saved the son : guitares sales, basse lourde et grave bordée d’une voix féminine puissante et énervée. Ces éléments vont se maintenir au fil de l’album. Les ruptures rythmiques vont se succéder et faire alterner rock urgent et musclé avec un rock plus pop, parfois même un peu plus mainstream comme sur l’énergique Love and so on ou l’éponyme Turn them into gold. Et nous voici un I’m a shoegazer plus tard, livré comme une parenthèse ouvrante sur l’hypnotique My dad : le riff pesant de guitare se noie dans une voix charnelle et éraillée et fait de ce morceau, une digression envoûtante dans l’album.

Les influences anglo-saxonnes du groupe prennent leurs sens sur Compromises, plus indé et confinant parfois aux ambiances de morceaux des Libertines ou encore des Subways. On ne pourra s’empêcher également, comme sur Magic Potion, de faire le rapprochement entre les envolées rugissantes de Cindy et celles d’Izia dont le groupe a effectué les premières parties pendant une dizaine de concerts en 2010 avec leur premier album. Le solaire Sun dog trail apporte la touche bluesy de l’album et prépare à merveille l’arrivée du titre certainement le plus abouti de l’album : Your enemy dont la complainte lascive et indolente se laisse porter à chaque refrain par les montées jouissives de guitares saturées.

Le power trio termine son disque comme il l’a commencé, dans une fièvre résolument rock sur No time to mess around, comme s’il voulait asseoir cette volonté farouche de démontrer que le rock français n’est pas mort et qu’il n’est jamais aussi sincère que dans sa fougue juvénile.

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