La Tour prend l’air

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Depuis dix ans, l’association Kontsha organise le festival La Tour Prend l’Air, un des rares évènements qui permet aux Yvelinois (78) de profiter à la fois de la musique et du soleil sans avoir à squatter Paris ou les Hauts-de-Seine (92).

festival_la_tour_prend_l_air_10eme_edition-g-8460_200904231658_7eEn ce samedi 30 mai, deux scènes ont été dressées au milieu de nulle part – à savoir la ville de Voisins-le-Bretonneux, à trente kilomètres de Paris et à une dizaine de kilomètres de Versailles – pour accueillir pour la dixième année consécutive le festival de La Tour Prend l’Air. Plus qu’un anniversaire, cette édition est surtout une transition : les organisateurs nous ont promis « une année 2010 de folie avec un tout nouveau site et concept ». L’attente est au rendez-vous, surtout que les deux têtes d’affiche de l’année dernière – Ez3kiel le vendredi et High Tone le samedi – avaient laissé de bien bons souvenirs.

Même si la programmation de cette année promet beaucoup, on ne peut contenir une certaine déception une fois sur place. Et pour cause, cette année le festival ne sera que sur un jour pour des raisons pratiques (pas de camping disponible notamment). En outre, la tête d’affiche, Assassin, s’est décommandée au dernier moment suite à un décès. Le temps confirmera nos doutes. Si l’ambiance est festive et conviviale et le lieu plutôt agréable, la performance des artistes et Didier Super – on le met à part parce que c’est une star, plus qu’un artiste – a été mitigée.

Ce qu’on a aimé :

Les Fils de Teuhpu – droits dans leurs bottes

les_fils_de_teupuh_petitLa fanfare parisienne a réussi à chauffer la foule sans avoir à l’inciter outre mesure ; leur musique festive a suffi à faire le boulot. Il faut dire qu’ils ont su trouver un équilibre agréable entre instrumentations et chant. Aussi, ceux qui ne peuvent s’empêcher de bouger frénétiquement sur les choeurs du combo ont trouvé leur compte, de même que ceux qui préfèrent profiter de la beauté et de la variété des instruments – soubassophone, poubelle-basse, trompette, trombone basse, saxophone baryton, banjo, guitare et batterie. Fatalement, les bières se sont déversées par terre plutôt que dans l’oesophage des festivaliers.

Java – musette pour jeunes cools

Venu pour présenter leur nouvel album Maudits Français, le quatuor Java a réalisé une grande performance tant scénique que technique. Mélangeant des titres de leur dernier album ( J’me marre, Folklore ) et des titres plus connus ( Le Métro, Pépètes ), ils ont réussi à faire danser toute la foule – pourtant jeune – sur sa « musette modernisée » aussi bien qu’à la faire chanter sur leur « tube » Sexe, Accordéon et Alcool . Erwan a assuré son statut de frontman avec brio. Aussi, on lui adresse même une mention spéciale; et pour cause, rares sont ceux qui peuvent se vanter de brancher des filles de moins de cinquante ans sur un air d’accordéon.

Ce qu’on a pas aimé :

Didier Super – le lourd prend terre

didier_super_petit Didier Super nous avait habitués à des sets cinglants, mais toujours percutants et bon esprit. Or aujourd’hui, au-delà des coups lancés aux premiers rangs, on assiste à une performance lourde, parfois un peu pathétique, notamment lorsqu’il joue avec son ventre ou fait exploser un préservatif au-dessus du public. On ne comprend pas le second degré ? Peut-être, mais peut-être aussi qu’à trop vouloir en faire, Didier Super est tombé un peu trop bas, ce qui est regrettable, car ses chansons Y en a des biens ou sa nouvelle composition basée sur des comparaisons Gauche/Droite sont toujours aussi drôles. Si on fait les comptes, cela fait très peu de chansons et beaucoup de vannes.

Médine – la révolution n’a pas eu lieu

_igp9012 Médine est quelqu’un de sérieux : une voix-off nous apprend dans une courte introduction qu’il se réclame des valeurs de Malcom X et de Martin Luther King – parallèle assez dérangeant au début, encore plus à la fin du set. Dans la réalité, le rappeur havrais n’a cessé de débiter des clichés sur la vie politique et sociétale française.

Sa performance a été l’occasion pour lui d’hurler à val volo des phrases-chocs ( « Pourquoi tu me parles de ma barbe du fond de ta moustache, petit journaliste en stage. » dans Code barbe ) et parfois prosélytes (« D’un chèque à 6 Chiffres pour mon centre Islamique, Besoin de Dieu, pas d’un Bodyguard, ou encore Besoin de révolte, de réveil communautaire ! » dans Besoin de révolution ) – discours d’autant plus troublant et hors-sujet, que nous sommes clairement dans un contexte de mélange et de mixité tant musicale que confessionnelle. Agressif et sans grand intérêt, le flow et l’attitude de Médine dérangent, mais pas pour les bonnes raisons. Perdu au milieu d’un festival dont la teneur se devrait d’être ouvertement laïque, pas besoin d’être un petit journaliste en stage, même pour de simples spectateurs son prosélytisme se digérait assez mal.

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A propos de l'auteur

Image de : Si d’aventure vous vous promenez dans un parc parisien durant une douce journée d’été, il n’est pas impossible que vous passiez sans le savoir à côté de Léa en train de feuilleter un livre, dissimulée derrière d’immenses lunettes de soleil. Et pour peu que vous vous allongiez à votre tour sur l’herbe verte et que vous engagiez la conversation, elle vous parlera peut-être théâtre ou littérature. Littérature classique, certes, mais pas seulement : oscillant entre Zola, Baudelaire, Sartre ou Kane, ses goûts sont aussi éclectiques que ses avis définitifs. Amoureuse du quotidien et de ces petits détails qui rendent chaque instant unique, Léa est prête à voir de la poésie partout où vous n’en verrez pas. Demandez-lui de repeindre le ciel, pour voir, et elle s’empressera d’égayer et de réchauffer cette noire Sibérie qu’est Paris.

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