La Sevillana – Théâtre des Deux Rêves

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A mi-chemin entre la légende d’Elizabeth Bathory et le conte de la Belle et la Bête, entre poésie et esprit macabre, La Sevillana nous emporte dans un univers romantique et inquiétant, mais aux airs de déjà-vu.

thumbnail-sevillana_copieCe conte est l’histoire de Mathieu, jeune historien, qui découvre par hasard une étrange villa, la Sevillana, aux détours d’une rue. Selon les documents officiels, cette demeure a brûlé cinquante ans auparavant et n’a jamais été reconstruite. Pourtant, elle abrite encore aujourd’hui une étrange et hypnotisante femme, Marie, et son valet Henri. Sautant de secrets en mystères, Mathieu tente de découvrir ce que cache sa belle, au charme de laquelle il succombe. Mais le secret que cache Marie est lourd : elle conserve beauté et charme éternel grâce au sang de jeunes vierges que lui sacrifie Henri, qui n’est autre que son mari d’antan.

On ne peut s’empêcher alors d’avoir un sentiment de déjà-vu un peu agaçant lors de la représentation ; sur la romance d’abord, un peu mièvre et banale, puis sur le secret de Marie, que l’on devine facilement dès les premiers dialogues. Le rapprochement avec la Comtesse Bathory est évident : Marie est comtesse elle aussi, utilise les mêmes produits de beauté et l’accent (forcé ?) de la comédienne rappelle celui de Anthony Hopkins dans le Dracula de Coppola .

Dans La Sevillana, Erika Bockem mêle habilement danse, vidéo et théâtre. Si le mélange théâtre-vidéo est réellement bien réalisé, grâce à des projections suggestives, délicates et très esthétiques, les parties dansées sont tout de même plus laborieuses et ralentissent le reste de la pièce, rompant un peu le charme.

Toutefois, dans ce théâtre du 19ème arrondissement parisien, on garde ce petit plaisir propre aux petites salles : un contact direct avec des comédiens, francs, dynamiques et touchants. On ressort troublé de la performance envoûtante d’ Arianna Veronesi en cruelle comtesse à la beauté dévorante. Et même si les moyens ne sont pas énormes, on note quand même de nombreux efforts : les tenues de Marie, variant au rythme des saisons ou les quelques objets de mobiliers rappelant les vieilles demeures gothiques du 18ème siècle.

Ainsi, si ce texte entre transposition moderne de la légende de Bathory et romance ne surprend pas par son originalité, sa mise en scène et ses comédiens sont poignants et justifient un détour dans le Nord-Est parisien.

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Un spectacle pluridisciplinaire d’ Erika Bockem (Compagnie Kyredila)

Avec Jean-Paul Bernard, Gauthier Rigoulot, Arianna Veronesi

les 18, 19, 20, 25, 26, 27 août à 21h30
au Théâtre des Deux Rêves (Paris 19ème) http://www.theatredesdeuxreves.com/

A propos de l'auteur

Image de : Si d’aventure vous vous promenez dans un parc parisien durant une douce journée d’été, il n’est pas impossible que vous passiez sans le savoir à côté de Léa en train de feuilleter un livre, dissimulée derrière d’immenses lunettes de soleil. Et pour peu que vous vous allongiez à votre tour sur l’herbe verte et que vous engagiez la conversation, elle vous parlera peut-être théâtre ou littérature. Littérature classique, certes, mais pas seulement : oscillant entre Zola, Baudelaire, Sartre ou Kane, ses goûts sont aussi éclectiques que ses avis définitifs. Amoureuse du quotidien et de ces petits détails qui rendent chaque instant unique, Léa est prête à voir de la poésie partout où vous n’en verrez pas. Demandez-lui de repeindre le ciel, pour voir, et elle s’empressera d’égayer et de réchauffer cette noire Sibérie qu’est Paris.

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