La Salamandre – J.C Rufin

par Gaëlle|
Après « Rouge Brésil » (Prix Goncourt 2001), Jean-Christophe Rufin nous revient avec ses deux thèmes favoris : le Brésil et la rencontre des civilisations. Mais dans « La Salamandre », il s'essaye à un style différent, dévoilant une part de son talent qu'on ne lui connaissait pas encore.

salamandreLe Brésil que nous fait découvrir Rufin, à travers les yeux de ses personnages, est surprenant, parfois plus présent que les personnages eux-mêmes. Dès les premières lignes, on est frappé par la langueur et la chaleur qu’il se dégage de ce roman. L’atmosphère est épaisse, aux limites du respirable, la lumière est intense, la samba entêtante, et les alcools très forts. Blanc contre noir, riche contre pauvre, homme contre femme… Les mondes s’opposent et imposent un Brésil qui forme ses hommes à son image : chaud, entier, excessif…

Et puis on pourrait croire que Rufin se lance dans la description d’une histoire d’amour. Mais c’est tout le contraire. Dans ce portrait de femme, il décrit parfaitement le sentiment amoureux, la passion et le caractère féminin. Digne d’un Zweig avec 24h de la vie d’une femme

Catherine, française moyenne, la quarantaine et une vie en filigrane, accepte l’invitation de son amie et part un mois en vacances au Brésil. Venant d’apprendre qu’elle n’était finalement pas atteinte d’un mal incurable, elle s’offre ce voyage comme une libération de sa vie terne, décidée à découvrir autre chose que son quotidien et à vivre intensément.

Surprise par le Brésil et ses habitants, elle rencontre dès les premiers jours Gilberto, gigolo et voyou, qui en quelques sourires l’embarque dans ce qu’elle croit être une histoire d’amour. Se sentant exister entre ses mains, à travers son regard, elle chavire complètement en peu de temps. Croyant se libérer, elle se lance à corps perdu dans cette histoire et quitte tout ce qu’elle possède en France pour vivre avec un homme et dans un pays qui ne veulent pas d’elle. La dérive n’est pas loin.

Dans un style vif et précis Rufin décrit parfaitement le cheminement qui pousse inexorablement Catherine vers Gil. Il brosse le portrait vibrant d’une femme plongée dans la folie amoureuse.
Une réussite….

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1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 5 septembre 2005
    arianne carabacel a écrit :

    La salamandre. Une histoire profondémment ennuyeuse, d’une femmer qui a passé sa vie à s’ennuyer, qui découvrant le plaisir charnel avec un gigolo brésilien, lâche tous ses repères pour tomber dans l’avilissement. Violence de l’histoire, certes, mais peu de compassion pour cette femme qui s’abandonne au néant

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