La Ruda

par , , Gilles|
Petite escapade acoustique pour le grand orchestre de la Ruda, qui avec un album de reprises légères et inédites en poche, retrouve l’ambiance intimiste des petites salles dans une configuration débranchée.

Belfort la Poudrière – Octobre 2007

Que l’on ne s’y trompe pas, car même en version unplugged, la Ruda ne perd rien de son mordant ni de sa flamme. Décor minimaliste et ambiance rétro, la Ruda en version acoustique c’est 1h30 de plaisir à se balader dans la discographie du groupe, en redécouvrant des titres que l’on croyait pourtant connaître sur le bout des doigts.

Bien sûr l’énergie ne sera pas à chercher dans un mur d’amplis, mais plutôt du côté des arrangements swing / jazz ainsi que dans des textes qui prennent pour l’occasion une épaisseur et une dimension nouvelle. L’atmosphère est très détendue de tous les côtés, et le groupe paraît retrouver une complicité et une envie de jouer ensemble qui font plaisir à voir. Un art de la joie consommé, que la Ruda distillera de main de maître tout au long de la soirée.

C’est donc un an tout juste après notre [précédente rencontre->260], que nous remettons le couvert avec Pierrot (chant) pour une interview en plein air sur le parking de la Poudrière…

On s’était vu, il y a un an à Bulle en Suisse. C’était le début de la tournée de  » L’homme Canon « . Quel est le bilan de cette année passée à défendre votre héros ?

Pierrot : Bilan routier agréable, kilométrage assez conséquent avec une centaine de dates, ce qui est pas mal. On aura bien défendu notre héros sur 1 an et demi. On aurait voulu le défendre un peu plus. Mais c’est un petit plus compliqué aujourd’hui que par le passé. On avait fait le tour des lieux disposés à nous accueillir. D’où l’idée également de la tournée acoustique : il faut toujours une idée nouvelle pour rebondir, pour proposer des nouvelles choses.

Pour l’ Homme canon on n’a pas été déçu par l’accueil qui a été plutôt positif, mais plutôt par rapport au niveau des ventes qui étaient plus faibles que l’album précédent. On essaye toujours malgré tout de ne pas chuter, d’aller de l’avant et de voir les côtés positifs. C’est un album qui nous a régénérés. C’est un album dont nous sommes très contents. C’est celui qu’on préfère. C’est un album qui a été fait dans la joie, au Canada, où humainement les choses se sont très bien passées. On avait un équilibre de set plutôt bien et les morceaux, on les a bien en pogne, bien en nous. L’acoustique nous permet de continuer à les jouer d’une façon un peu différente.

Comment est née l’idée d’un album acoustique

Pierrot : C’est quelque chose qu’on a été forcé de faire entre guillemets. On n’aurait pas trouvé l’idée tout seul. À force de refuser des propositions, on s’est dit qu’on était sot de ne pas le faire. On s’est finalement essayé à l’exercice pour des forums, des émissions de radio. Et puis finalement, on s’est rendu compte que ça nous recréait une urgence. On découvrait un nouveau continent. Il y avait tout à repenser. Le champ s’ouvrait enfin. Et au bout de 14 ans, ça fait du bien. Ça nous a donc trotté dans la tête et l’on a continué à développer ça pour revenir à la source de ce qu’était l a Ruda, quand on tapait la manche, quand on jouait à l’ancienne dans les bars.

Tout redevenait donc possible avec cette formule, puisqu’on avait plus à traîner toute la logistique propre à la Ruda et qui est assez conséquente sur l’électrique. Dès le mois de juin, on s’est dit que ce serait une bonne idée d’enfoncer un peu le clou là-dessus parce qu’on y prenait beaucoup de plaisir. On a donc fait cet album à la maison assez rapidement en une quinzaine de jours et on a pris les 10 premiers morceaux qu’on avait en pogne. Puis on a organisé dans la foulée une tournée dans des lieux qui s’y prêtent. Des lieux intimistes, parce que l’acoustique, ça marche surtout dans des salles de 300-400 places. On aime bien ce type de salles, et ça nous permet de jouer dans des endroits où l’on ne jouait plus, ou alors qu’on ne connaissait pas. On a par exemple eu l’occasion de jouer dans des théâtres. Tout est neuf et c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux.

Comment s’est passée la ré-instrumentalisation des morceaux ?

Pierrot : On avait avant tout dans l’idée d’être ensemble. Ça nous a donc forcés à trouver des solutions, pour donner une vie à ces morceaux. On a essayé des traitements plus swing, sans se répéter dans la façon d’arranger les choses. On a tenté de créer des univers, de taquiner un peu le jazz, en termes d’influences. On n’a bien sûr pas la dextérité pour le faire vraiment bien, mais suffisamment pour pouvoir s’ouvrir sur cette couleur. On a pris pas mal de choses de l’ Homme canon, mais aussi des deux premiers albums qui sont des piliers pour le groupe. Il y a bien sûr des titres qui se prêtaient plus facilement à l’exercice. Par exemple pour  » Le prix du silence « , on n’a pas cherché midi à 14 heures. Pour d’autres, il a fallu plus réfléchir. On a exploré beaucoup de possibilités. On a aussi jeté beaucoup de brouillons; de morceaux inachevés, pour au final pouvoir arriver à un truc qui nous ressemble.

Pourquoi avoir sorti cet album chez Irfan et pas chez Wagram ?

ruda2 Pierrot : Nous avions une volonté de faire ça chez Irfan car nous n’avions pas envie d’avoir tout ce gros business au cul. On en sortait. C’est une parenthèse, un bol d’air frais. Irfan c’est des gens que l’on connaît bien. On connaît leur savoir-faire. C’est aussi un album qui va dans l’esprit qu’ils proposent. On savait que ça se ferait facilement, sans stress. En même temps Wagram n’était pas très preneur de ce type d’album dont la vocation n’est pas d’être disque d’or… Eux leur business c’est de vendre du disque, ça n’a donc pas été une déchirure pour eux de ne pas le faire. Ils en avaient le pouvoir, mais ils nous ont laissé les mains libres sur ce projet-là. Avec Irfan, le courant s’est bien passé. Nos deux premiers albums étaient déjà chez eux. Ils le sont d’ailleurs toujours. Cela nous a surtout permis de travailler très vite, très simplement et dans un esprit qui est le nôtre.

Les 2 titres inédits présents sur l’album ont-ils été composés spécialement pour l’occasion ?

Pierrot : Exactement. Ces 2 titres ont été composés spécifiquement pour ça. On a ressenti un élan vif d’envie et d’inspiration pendant ces 15 jours de studio. On s’est dit que ça donnerait à l’album un petit peu plus de poids. Ils ont donc été faits dans l’excitation d’avoir quelque chose de neuf.

Est-ce que l’idée de faire un album un peu plus reggae dans la veine de l’ Opposite des Burning Heads ou du Sandinista des Clashs, vous est-elle passée par la tête ?

Pierrot : Je crois qu’on ne saurait pas faire. Je crois que c’est quasiment impossible de faire du bon reggae en français à moins d’utiliser une voix parlée. C’est très compliqué en tout cas. À mon avis, il faudrait surtout passer par l’anglais, chose que je ne sais pas du tout faire et qui ne m’intéresse pas. J’ai fait 2 chansons en anglais et j’y ai déjà mis tout mon vocabulaire dedans, c’est-à-dire celui qui correspond au niveau de la 5ème B ( rires ).

Mais pour en revenir à Burning Heads et aux Opposite, c’est, en ce qui me concerne, deux des grosses références en la matière. On aimerait bien pouvoir faire des choses comme ça. Mais c’est un autre monde en termes de musique. Surtout l’ Opposite numéro 1, c’est l’un des meilleurs albums français sortis ces 10 dernières années. Et c’est écoeurant que ça ne perce pas plus haut, car c’est incroyablement bon.

Tout cet univers swing, acoustique, est-ce quelque chose de nouveau pour toi ?

Pierrot : J’en ai toujours beaucoup écouté. Plus même que du rock. Du rock, j’en écoute surtout en soirées ou quand j’ai envie de m’exciter un petit peu. J’ai une grosse tendance à écouter le texte. Bon là en ce moment, j’ai les Deads 60s qui passent en boucle, mais je suis ouvert à tous les genres. Ça m’intéresse de savoir comment chacun boutique sa petite histoire. Et puis l’acoustique, c’est un monde que l’on connaît quand même. On a toujours eu des morceaux un peu plus calmes, qui se prêtent bien à ce genre de traitement et qu’on n’avait pas l’occasion de jouer en électrique parce qu’ils tranchaient un peu. Là ils trouvent leur place un peu plus facilement.

Tu as dû faire un gros travail sur le chant, l’adapter par rapport à la version électrique ?

Pierrot : Je dirais que le travail est encore plus à faire maintenant. C’est beaucoup de plaisir pour moi que de chanter en acoustique. Je n’ai besoin que de chanter. Et donc forcément, par rapport aux instruments, au reste du groupe et, à la chanson, c’est totalement différent. C’est beaucoup plus aisé, mais paradoxalement, on est plus à nu et l’on supporte moins l’erreur. Il est plus difficile de se cacher derrière une énergie. Par contre, je ne suis plus dans la lutte de la recherche de la tonalité, d’avoir quelque chose qui perce ce mur du son, d’ambiancer une scène, de bouger, de sauter . Tout ça c’est des choses qui compliquent quand même sérieusement la tâche du chanteur. Sur ce type de musique, la voix prend plus de place, elle est abordée de façon différente, on peut plus poser ses graves. Ça m’a amené à travailler ma voix pour qu’elle ait plus d’endurance, plus de coffre, plus de rondeurs.

Etes-vous encore en période de rodage au niveau du show ?

Pierrot : On ajuste toujours, mais dans l’ensemble, le show tourne plutôt pas mal. Ce soir c’est la 15ème date, je pense qu’on aura atteint notre vitesse de croisière très prochainement. Mais déjà là, ça vit !

Après 1h30 de concert, vous n’avez pas envie de lâcher un peu plus les chevaux ?

Pierrot : Honnêtement non. Ça fait partie du challenge et puis l’autre aspect, on le connaît. On est vraiment bien dans cette position et on n’a plus peur de l’assumer. D’ailleurs, j’en suis très heureux, car moi le premier, je pensais effectivement qu’on allait se sentir frustrés. Mais l’énergie est toujours là, on ne s’écoute pas chanter. Ça slam pendant les concerts, il y a des choses qui se créent. La vérité d’un concert n’est pas celle du lendemain, mais avec ces armes-là, on essaye de faire vivre le set. Il n’y a pas de frustrations par rapport à ça. On en sort. On a fait 14 ans de tout à burnes . Et l’on prend tellement de plaisir à faire les choses différemment, donc même si on perçoit que les choses nous échappent parfois un peu, ça crée un mystère qui nous fait du bien.

Est-ce que cela va vous ouvrir de nouveaux horizons pour la suite ?

ruda3 Pierrot : Oui, peut-être. Je l’ignore. Pour l’instant on navigue à vue. Déjà la tournée qui était initialement prévue pour 32 dates jusqu’à fin de l’année va être prolongée. Vu les échos positifs de ce projet, on ne va pas bouder notre plaisir et l’on va prolonger ça jusqu’au printemps.

Il y a beaucoup de personnages d’histoires dans tes textes. N’as-tu jamais pensé à les faire vivre à travers des romans ou des nouvelles ?

Pierrot : C’est un exercice de style complètement différent et je crois que je ne saurais pas le faire. On a toujours un roman qui traîne dans notre tête, mais l’idée c’est déjà d’avoir le courage de le faire. Et je ne suis pas forcément quelqu’un de très courageux sur le travail. Je ne m’en sens pas vraiment capable.

Est-ce qu’il y a un texte dont tu es particulièrement fier ?

Pierrot : Ce n’est pas vraiment un sentiment de fierté. Écrire c’est toujours quelque chose d’assez besogneux, surtout quand ça ne vient pas. Mais c’est un plaisir et si je n’avais pas ça, j’aurais l’impression de tourner à vide. J’aime bien la formule de Blondin qui dit  » Je n’aime pas écrire, mais je suis très heureux d’avoir écrit « . Il y a beaucoup de textes qui me rendent heureux. Oui, il y en a dont je suis plus fier que d’autres, mais je n’ai pas envie d’en dégager un plus qu’un autre.

Il y a des rumeurs d’un CD de remix dont Philly nous avait parlé récemment ?

Pierrot : Oui. Ce ne sont pas des rumeurs, ça se précise. C’est un projet qui va voir le jour. Ça se précise, c’est une question de sous, on n’a pas encore toutes les pistes, mais ça avance bien. Cela devrait voir le jour l’année prochaine. On en a reçu beaucoup. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui nous font l’honneur de collaborer à ce projet. Parce que nous finalement, on ne fout rien là-dedans. Mis à part Fred, à la guitare, qui s’occupe d’aiguiller les choses ; d’envoyer les données (c’est un petit peu son projet à lui), nous on donne les bandes aux gens et après à eux d’en faire ce qu’ils en veulent. Est-ce que cela va faire l’objet d’un CD ? On ne le sait pas encore, mais dans tous les cas ça va sortir.

Radiohead a mis son album en ligne et chacun paie ce qu’il veut pour ce dernier. Prince qui distribue ses albums et Nine Inch Nails qui lâche sa maison de disques. Ça t’inspire quoi tout ça ?

Pierrot : Je crois qu’ils ont les moyens de le faire ! C’est peut-être une solution .

Petite pause pendant laquelle Pierrot part faire sa balance… Et retour au chaud devant une petite mousse…

L’année dernière tu nous avais dit supporter le FC Nantes. Que s’est-t-il passé pour eux depuis ?

ruda4 Pierrot : Plutôt des bonnes choses, ils sont descendus en D2..

C’est une bonne chose ?

Pierrot : Oui, paradoxalement. Parce qu’ils avaient vraiment besoin de repartir sur des bases solides. Déjà ça a permis au groupe Dassault qui tenait les rênes de vendre le bébé et donc de repartir avec des gens un peu plus concernés par le club. Et puis ça a aussi permis de remettre les choses à plat, de repartir sur une autre politique plus saine et plus basée sur les fondamentaux. Et puis les choses se passent bien puisqu’ils sont premiers, donc ils devraient remonter en D1, mais cette fois, avec un nouvel élan. Parce que ça fait 4-5 ans que les choses étaient gangrenées, que le climat au sein du club était détestable et qu’ils luttaient pour ne pas descendre. On parlait plus des coulisses que du football, donc là je pense que le sport va reprendre le dessus, ce qui est une bonne chose pour les jaunes et verts.

De ce fait, est-ce que le jeu à la Nantaise pourrait renaître ?

Pierrot : Oui, ça peut renaître par ce type d’événements. Le jeu à la Nantaise vient de l’habitude des joueurs de jouer ensemble. Ce fut possible par le passé, car le FC Nantes, comme le FC Auxerre, est un club très formateur. Les joueurs de D1 ont souvent joué ensemble depuis les minimes ou les cadets, donc ils avaient une culture du jeu, des fondamentaux imprégnés en eux. Aujourd’hui, c’est plus compliqué parce que les jeunes talents ne vont plus forcément au FC Nantes. Beaucoup de clubs ont aujourd’hui leur propre centre de formation. Aujourd’hui on repart sur d’autres bases, plus traditionnelles, avec des joueurs qui sont là pour 2-3 ans. Donc, peut être que de repartir avec moins de moyens, sur des valeurs plus saines pourra développer le jeu à la nantaise. Car il va falloir de toute façon repasser par la confiance aux jeunes et par le sens du collectif. Pour pouvoir jouer à la Nantaise, il faut qu’un entraîneur soit en place pour minimum 10 piges, ce qui a été le cas pendant 50 ans, mais là on en a eu 5 en 6 ans.

Les reformations sont à la mode en ce moment. Que penserais-tu d’une reformation hypothétique des Shériffs ?

Pierrot : Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Et puis quand on est musicien, un des avantages, c’est de ne pas être prisonnier d’un patron, même si parfois on est prisonnier des circonstances. Ensuite, un concert, ça reste un concert. L’idée, c’est de ne pas être déçu : ça ne sera jamais les Shériffs de la grande époque si jamais ils se reforment. Ce qui est valable pour les Shériffs est valable pour d’autres, bien sûr. Il ne faudra surtout pas y aller en espérant retrouver cette ambiance-là. C’est même idiot de ressortir d’une salle et d’être déçu et de se dire  » C’est plus ça « . Évidemment que ce ne sera plus ça. Il faut accepter cette différence et se dire qu’il y a 15 ans de plus sur les planches !

Tu as quoi dans tes poches ?

Pierrot : J’ai un Kleenex parce que je suis un peu enrhumé. Des feuilles, un téléphone, un briquet. J’ai un truc dans ma poche arrière : ben oui, du tabac ! Rien que des choses bien classiques !

Qu’est-ce qui te fait te lever le matin ?

Pierrot : Ma fille, ma fille, ma fille ! Ma fille, c’est un bonheur infini.

Et si elle t’annonce qu’elle veut devenir chanteuse. Tu verrais ça d’un bon oeil ?

Pierrot : Je lui souhaite bien du courage ! De toute façon, elle fera ce qu’elle voudra. Mais je l’encouragerai ! Je ne connais pas cette situation-là, mais j’imagine qu’on peut être un père chiant quand son fils ou sa fille s’engage dans une discipline qu’on prétend connaître. Donc j’imagine que je serai très chiant, avec des conseils un peu pompeux. Mais qu’elle soit heureuse, ce sera déjà bien. Et si elle veut chanter, elle chantera. D’ailleurs, elle chante déjà ( sourires ). Elle chante, elle danse, elle est la joie de vivre incarnée. C’est une magie sans cesse renouvelée un enfant… C’est tout mon bonheur !

J’avais encore quelques questions, mais on peut finir là-dessus. C’est une très bonne conclusion? Merci à Toi !

Pierrot : Merci à vous.

Un grand merci à Cedric et à tout le groupe pour cette soirée…

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Site officiel: http://www.laruda.fr/

Myspace en acoustique: http://myspace.com/larudacoustique

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Image de : Fondateur de Discordance.

1 commentaire

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  1. 1
    Stephane
    le Dimanche 11 novembre 2007
    Emma a écrit :

    Mettez deux hommes et deux bières en présences les uns avec les autres et de quoi parlent-ils ? (les hommes hein, pas les bières) ? De foot !! mais aussi de musique, de poésie, et même des enfants…
    C’est une bien belle interview, je me suis crue assise là-bas avec vous, et en plus j’en ai beaucoup appris ! Merci.

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