La Route du Rock #23 : notre sélection

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L'affiche de cette nouvelle édition de la Route du Rock du 14 au 17 août 2013 vous laisse dubitatif ? Vous ne savez pas par quel bout découvrir la (superbe) programmation du festival indie malouin ? Les aiguilleurs de Discordance sont là pour vous aider.

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Petits changements de lieux pour cette vingt-troisième édition de notre marotte malouine : La Route du Rock délaisse le Palais du Grand-Large pour les concerts de l’après-midi (mais conserve la Plage Bon Secours) et l’Escalier pour les after. En revanche, elle investit la salle La Nouvelle Vague (dont l’association Rock Tympans, organisatrice du festival, a récemment récupéré la gestion) dès le mercredi soir avec une jolie affiche : Austra, Clinic et Julia Holter.

Du côté du Fort de Saint-Père, l’expérimentation d’une deuxième scène se concrétise : la Scène des Remparts sera montée à l’entrée du site.

Et pour la programmation, les programmateurs ont tapé très juste. Ne cherchez pas de « tête d’affiche », comme l’entendent d’autres festivals, ici il faut jeter une oreille à tout pour découvrir une scène indépendante internationale de qualité. Américains, Canadiens, Anglais, Français, Danois, Suédois, Australiens, ces groupes recréent une mappemonde d’influences de plus en plus mêlées. Pour tenter d’y voir plus clair, le conférencier Christophe Brault proposera d’ailleurs une conférence dédiée à l’histoire du rock garage.

Orval Carlos Sibelius

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> Jeudi 15 août – Plage Bon Secours

Il passe tôt, dès 16 heures sur la Plage. Il serait pourtant très dommage de le manquer : Alex Monneau alias Orval Carlos Sibelius est un astronaute de la pop. Écouter son dernier album Super Forma sorti en mai dernier, c’est comme embarquer pour un voyage dans l’espace. Nommant ses morceaux comme des chapitres du journal de bord d’un voyage en fusée, Orval Carlos Sibelius superpose les instruments et les époques. En ressortent des moments de pure félicité psychédélique (Spinning Round), d’autres plus épiques (Asteroïds, Super Data), et des explosions de supernovas (Good Remake).
Photo : Philippe Lebruman

Nick Cave and the Bad Seeds

Nick Cave and The Bad Seeds

> Jeudi 15 août – Scène du Fort

La question n’est pas de savoir à quel point cela fait plaisir de revoir le groupe après deux LP de Grinderman. La question n’est pas non plus de comparer le côté déchaîné des précédents albums, à celui plus calme du dernier Push the Sky Away (merveilleux, soit dit en passant avec un puissant Jubilee Street en live). La question n’est pas de se demander si la chanson culte The Mercy Seat sera jouée, c’est une abonnée de leurs setlists valant à elle seule le déplacement. La question est : seriez-vous assez fous pour manquer un des chanteurs les plus charismatiques qui soient, accompagné du violon sauvage de son fidèle acolyte Warren Ellis? In Nick Cave We Trust.
Photo : Cat Stevens

Fuck Buttons

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> Jeudi 15 août – Scène du Fort

Dans Breaking Bad, Walter White fait de la méthamphétamine, la plus pure sur le marché, et son génie impressionne tout le monde. Eh bien, Fuck Buttons sont les Walter White de l’électro (bien qu’électro soit ici bien trop réducteur, mais l’idée est là) et le résultat de leur chimie est addictive, peut-être même hallucinogène. Il y a eu ce premier album, Street Horrrsing, qui était comme une promesse incroyable. Le duo de Bristol avait commencé fort. Puis ce fut le miracle Tarot Sport. Les festivaliers qui sauront être au rendez-vous connaîtront un surf solaire qu’ils ne seront pas près d’oublier. Quant au dernier album Slow Focus ? Eh bien, disons que Fuck Buttons sont des magiciens : ils peuvent faire apparaître aux oreilles une beauté auditive aussi graphique qu’irréelle. Ils font disparaître ce sentiment que l’on appelle « déception », quand bien même l’attente est grande. Allez, festivaliers et Olympiens, ne manquez pas ça.
Photo : Alex De Mora

Moon Duo

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> Jeudi 15 août- Scène des Remparts

Seulement deux albums à leur actif, Mazes et Circles, et déjà incontournables. Sur la scène de San Francisco, le Moon Duo nourrit son psychédélisme de retraites spirituelles, de références au philosophe Ralph Waldo Emerson (l’un de ses essais s’intitule aussi Circles) et de clins d’oeils ironiques aux gourous des temps modernes (Sleepwalker). Hypnotique, organique, leur musique ne demande qu’à transformer le public de la Route du Rock en hordes magnétisées par leur boucles de guitares. Si les astres s’alignent ce soir là, qui sait ce qui pourra se passer…
Photo : Page Bertelsen

Godspeed You! Black Emperor

Godspeed You Black Emperor

> Vendredi 16 août – Scène du Fort

Il avait fallu 10 ans d’attente pour que le public puisse savourer Allelujah! Don’t Bend! Ascend!, cinquième album du groupe de Montréal sorti en 2012. “Some are born to sweet delight, Some are born to endless night.” En se les appropriant, ces vers de William Blake seraient parfaits pour définir l’expérience live qu’offre Godspeed, ce groupe d’architectes sonores. Bien que le carcan d’un festival ne soit pas forcément optimal, on pourra compter sur un « sweet delight » godspeedien. Jusqu’à en souhaiter que la nuit ne se termine jamais, pour mieux rester captifs de ces montées en puissance comme dans l’incroyable Moya. Et même lorsque la dernière note aura été livrée, la musique du groupe résonnera encore dans l’esprit de bien des festivaliers, peut-être même sans fin. L’annonce d’un souvenir mémorable. Alors, soulevez vos poings maigres comme des antennes vers le ciel de Saint-Malo !
Photo : DR

Parquet Courts

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> Samedi 17 août – Scène des Remparts

Si l’on s’en tient à ce concert pour la radio de Seattle KEXP, filmé durant le festival SXSW, Parquet Courts risque d’infliger une sacrée décharge aux festivaliers. Un magasin de vélos transformé en rade new-yorkais survolté, vous y croyez ? Deux guitares, une basse, une batterie et une énergie qui n’aura pas besoin de plus d’une demie-heure pour exploser.

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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