La Route du Rock #20

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20ème édition, édition prestige de la Route du Rock, l'un des meilleurs festivals de musiques indépendantes en France qui se devait de fêter cet anniversaire comme il se doit. Chose faite avec une programmation allant tutoyer les limites du délectable dont l'affiche comprenait, entres autres, des têtes d'affiches telles que Flaming Lips ou Massive Attack.

Retour à trois voix sur le festival où chacun y va de ses coups de cœur, sans coupes au montage.

Pacush Blues

Vendredi 13 août


Le premier soir se déroule sous un soleil bienveillant, et après une prestation légèrement fadasse de Yann Tiersen, ce sont les Black Angels qui prennent place sur la grande scène du Fort. Psychédélisme lénifiant mais sentencieux, les texans ne se feront pas prier pour envoyer toute l’audience droit dans les bas-fonds de leur tourbe hypnotisante. Guitares vigoureusement fuzzées, riffs vengeurs et rythmes d’outre-tombes s’entrecroisent derrière cette voix toujours aussi prenante et lancinante d’Alex Mass. La mixture prend très facilement et la transe n’est pas loin, bourdonnante et grisante, trip convoquant hallucinations et autres voyages sous substances chimiques. En digne cousin du Velvet et des 13th Floor Elevator, le quintet américain aura parfaitement réussi son coup, chapeau bas.

Suivent les Liars, auteurs d’un récent Sisterworld, plutôt pas mal même si légèrement déroutant au premier abord, les gaziers sont donc attendus au tournant. Cinq sur scène, le doute ne planera pas longtemps dans l’assistance, ces types maîtrisent leur affaire et le prouvent avec une aisance presque insolente. On retrouve avec plaisir ce grand échalas d’Angus, toujours au point en ce qui concerne grimaces insupportables, gymnastique souple et voix élastique, mais le gros du boulot est toujours fourni par le reste du groupe, balançant une bouillie post-punk triturée jusqu’à la moëlle foutrement efficace. Les morceaux les plus directs du petit dernier y passent tous, quasiment taillés pour le live, ambiance punk mutante avec ce son de guitare ferrailleux, crade et férocement jouissif. Le gros du set sera composé de ces titres, plus quelques chansons du sans-titre (Plaster Casts of Everything et Sailing to Byzantium) et quelques oldies, avec A Visit From Drum bien réussi compensant la berceuse The Other Side of Mt. Heart Attack, légèrement chiante en live et cassant un peu trop le rythme. Pas grave, le concert des new-yorkais aura été excellent, aucun regret.

La nuit est déja tombée depuis longtemps sur le site, l’affluence commence à se faire sentir, l’alcool également, et c’est dans cette situation que Caribou fera son entrée. Trio, chaque membre regroupé au milieu de la scène, électro fortement teintée de psychédélisme acide, transe, danse désarticulée. La fatigue et les nombreuses bières ingurgitées aidant, les souvenirs se sont légèrement envolés avec, mais vu le sourire niais et bidon qu’il affichait en rentrant au camping, votre serviteur pourra au moins vous affirmer que le set des canadiens était tout de même de bonne qualité.

Samedi 14 août

FOALS, cinq lettres, soit le nom du groupe qui aura bluffé tout le monde ce soir-là au Fort, bien loin devant les pouilleux de Massive Attack. Eux aussi étaient attendus au tournant, on avait toutes les raisons de penser que les oxfordiens allaient se vautrer avec conviction et profondeur, un pronostic qui se révèle fort heureusement totalement faux à mesure que le set des britons avance. Le premier doute concernait l’équilibre entre les morceaux bouge-ton-corps du premier album et ceux plus complexes et subtils du deuxième, Total Life Forever, sorti il y a quelques mois. Doute qui s’efface dès l’entrée du quintet, le tout reste bien compact, réhaussé pour la scène et balancé à fond, doté d’un groove du feu de dieu grâce à ce batteur produisant roulements meurtriers et contretemps vengeurs. Chaque nouveau titre joué provoque frissons et hochements de têtes épileptiques, mention spéciale à Spanish Sahara qui, si l’on pouvait craindre une montée qui met trois plombes à s’installer, se révèle être en live une petite bombe profondément intense et prenante. Le groupe déroule d’une façon assez hallucinante, c’est la quasi-démonstration, chacun danse jusqu’à la mort, les pieds dans la boue sur une véritable version 2.0 d’un This Heat qui aurait versé sa mixture post-punk/expé dans un grand bol pop sans pour autant perdre de sa pertinence. Meilleur concert du festival.

Tu l’auras compris lecteur, l’auteur de cet article ne fait pas forcément partie des plus fervents fans du duo de Bristol, nous passerons donc sur ce concert malgré sa qualité de tête d’affiche, et les messages d’une portée poétique absolument inquantifiable diffusés sur l’écran au fond de la scène (messages tels que «Sarkozy aime les beignets» et autres fulgurances de ce style). Bref, la lune brille maintenant depuis quelques heures sur le Fort, la fosse s’est transformée en marécage instable et dangereux depuis que la pluie s’est installée ce matin sur le site, pluie qui s’est heureusement arrêtée pile poil pour le début des concerts, les Dieux Météo France sont avec nous. Ce sont dans ces conditions que les Two Door Cinema Club prennent place, quatuor irlandais ayant récemment signé un album sur Kitsuné. Soyons clairs : ce groupe ne vaut (presque) rien, n’a pas inventé l’eau chaude, ne révolutionnera pas la musique, mais soyons également réalistes, est parfaitement à sa place dans ce contexte-ci, c’est à dire passé minuit, avec deux grammes dans le sang. Personne n’aura donc honte de secouer du postérieur sur Something Good Can Work et de lever les bras en criant comme un veau sur Undercover Martin. Les riffs rentrent directement dans le cerveau, pas besoin de trop y réfléchir, le batteur tente de concurrencer une boîte à rythme en terme de constance discoïde, les morceaux filent, un peu fadasses et loin d’être folichons, mais le bonheur de danser dans la gadoue en tentant de faire des croches-pattes sournois à son voisin compensera. Sympathique.

Dimanche 15 août

Image de thenational Une pluie plus disparate mais toujours présente pour cette dernière journée, ce qui permettra aux festivaliers de respirer quelque peu avant de reprendre les hostilités pour un trio de groupes allant chatouiller le dantesque ce soir-là: The National, Flaming Lips et The Rapture. Après des prestations brouillonnes et molles du genou d’Archie Bronson Outfit et de Serena Maneesh, ce sont les new-yorkais de The National qui s’installent sur la grande scène. Ce groupe m’a toujours impressionné dans le sens où ces types ont toujours tracé leur petit bonhomme de chemin, faisant de leur musique ce qu’ils voulaient, bien loin de quelconques modes passagères. Pas besoin de piailler dans le vide, ce soir, la sentence sera de toute façon claire, précise et sans discussions possible : ce groupe est effectivement touché par la grâce. Cette musique est belle, il n’y a de toute façon rien d’autre à dire, à expliquer, tenter de la décrire resterait vain, mais le constat est là, chaque frisson ressenti le prouve, chaque petite larme versée aussi, et on ne peut de toute façon rien objecter face à des titres comme Secret Meeting ou England, d’une élégance et d’une beauté simplement hallucinantes et incroyablement prenantes. La voix de Matt Berninger est toujours aussi classe, profonde, chaude, rauque, rejoignant celle d’un Leonard Cohen, se posant doucement sur l’indie-rock touchant, puissant et intense de ses collègues et le concert semblera durer une seconde, emportant chaque membre du public dans sa petite bulle, loin, très loin de la mare de boue dans laquelle il patauge ce soir. Ces types sont grands, ils méritent amplement leur reconnaissance, gloire à The National.

Mais place aux grandes stars de la soirée, The Flaming Lips, têtes d’affiche affirmées de cette 20ème édition de la Route du Rock. Ces gars ont toujours traîné une réputation de concerts grand spectacle où tout le monde festoyait à coups de ballons géants, de déguisements improbables et autres canons à cotillons ; le trio était donc attendu. Et le trio contentera avec une évidence simple toute l’assemblée, chaque membre sort à tour de rôle de l’écran géant disposé au fond de la scène pour prendre place, Wayne Coyne n’attend pas une seconde avant de s’enfermer dans sa bulle géante et de marcher sur la foule, les canons gerbent leur lots de cotillons et de ballons géants, des dizaines de types en combinaison orange dansent telle une escouade d’écureuils volants sous LSD, on voit bien que la carte du fun est jouée à fond par les Lips. Tellement que tout cela paraît limite cache-misère par moments, le son est bien brouillon, on peine à tout entendre distinctement et les morceaux du groupe n’ont rien d’absolument transcendants non plus, même si bien psychés et de bonne facture, mais rien que le fait de voir Cone nous demander de faire tour à tour le babouin, le lion, l’ours, le chat et le chien est d’un tel pied qu’on passera sur ces petits détails. Bon concert cependant, un bon moment bien fun passé en leur compagnie.

Petits derniers de la programmation, The Rapture auront la lourde tâche de clôre ce festival. Le quatuor vient de sortir de studio, prêt à balancer son dernier album droit dans les dents de chaque festivalier présent ce soir, mais, à la surprise générale, les new-yorkais ce fendront de quatre morceaux de Pieces of the People We Love pour débuter leur set. Excellente surprise, ces morceaux butent, tout simplement, niveau machine de guerre type Panzer, danser n’est plus accessoire, c’est devenu un quasi-devoir tant le groove se fait rude et tendu. Ils enchaînent avec leurs singles habituels, Echoes et House of the Jealous Lovers avec une rigueur, une classe et une détermination à l’épreuve des balles ; le tout est férocement dansant, extatique, profondément jouissif. Le quatuor finira sur un morceau bien plus electro que ce qu’ils ont l’habitude de faire, batteur et bassiste finiront seuls aux machines face à six milles personnes ayant eu leur lot de transpiration, de boue, de bière et de bonne humeur pour les quelques mois à venir. Bravo, merci et joyeux anniversaire à la Route du Rock, édition réussie.

Julia – Pieces Of The People We Love

Vendredi, le temps semble être de notre côté. Le soleil se couche sur les remparts de Saint-Malo et on rejoint le Fort de Saint-Père où se déroulera le chassé-croisé musical de ce weekend du 15 août. Alors qu’il est confié aux résidents Magnetic Friends de chauffer le Fort afin de préparer l’entrée en scène du premier groupe de la soirée, les californiennes Dum Dum Girls, nous rejoignons l’espace presse où un Owen Pallett fatigué mais souriant revient sur la conception et l’enregistrement d’Heartland, son dernier album en date avant un EP prévu fin septembre. Sur cet opus enregistré avec l’aide d’un orchestre, Owen Pallett ex-Final Fantasy s’est fait tour à tour compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et producteur. On le retrouve en solo (avec un coup de main de Thomas Gill à la batterie) et les superbes mélodies d’Heartland ne souffrent pas de la retranscription scénique, bien qu’un festival n’en soit pas le cadre parfait. Le set démarre avec le doux E Is For Estranged, parfait pour s’échauffer la voix avant des morceaux comme Lewis Takes Off His Shirt et The Great Elsewhere, véritables épopées d’héroïque fantaisie. Owen Pallett joue également quelques uns des meilleurs titres de ses deux premiers albums comme Many Lives -> 49 mp et le clin d’oeil aux amis d’Arcade Fire, This Is The Dream Of Win & Regine. La version est d’ailleurs meilleure que sur l’album. A base de boucles de violons et de notes de synthé, Owen nous gratifie en rappel de sa propre version d’Odessa, volant la vedette à Caribou qui clôturera la soirée. Un très joli moment en apesanteur.

La création originale pour le festival de Yann Tiersen, accompagné pour l’occasion de gens très fréquentables (Dust Lane Inc. avec Matt Eliott, Josh T. Pearson et Laetitia Shériff en choristes pour ne citer qu’eux), de cuivres et de cordes, peine à rendre le show captivant. On aimerait pourtant se laisser porter par ce déluge musical, mais le meilleur moment du set sera finalement le déchirant Sur Le Fil, morceau en solo extrait de l’album Le Phare.

En deuxième partie de soirée, les Black Angels nous servent du bon son progressif et psychédélique, très à l’aise dans leur style, Liars un imbroglio sonore qu’on aura du mal à démêler et Caribou un set plutôt chouette dans une configuration scénique créant un réel cocon. Les quatre musiciens se font face au centre de la scène autour de Daniel Snaith pour jouer de nombreux morceaux de l’album Swim, mais aussi quelques incontournables tels Melody Day, issu d’Andorra. Dommage que ça mette autant de temps à décoller, on ne prendra notre pied que sur l’ultime titre, Sun.

Samedi, retour dans un Fort aux allures apocalyptiques : la pluie tombée toute la journée a formé des crevasses, des flaques, des lacs, des sables mouvants et on exagère à peine. Heureusement, de nombreux festivaliers ont prévu bottes, cirés ou sacs poubelles pour faire face et profiter d’une soirée prometteuse. On manque le set de Marina Topley Bird, mais l’électro-pop des new-yorkais de The Hundred In The Hands, mâtinée d’accents eighties, nous met dans le bain (de boue) pour Foals. En 2008, les petits poulains du math rock étaient la nouvelle sensation anglaise, sortant un peu le rock du pays de sa morne période creuse. A l’époque, on pouvait douter de l’espérance de vie du groupe, propulsé assez vite par des titres tubesques, le rythme implacable de Cassius en tête. Et pourtant, avec Total Life Forever, nouvel album en lice dans la course à l’album de l’année, Foals a su se renouveler. Spanish Sahara, malgré son ton mélancolique, trouve toute son intensité sur scène et se fait une place dans un set dominé par des morceaux extraits d’Antidotes. Le batteur et le bassiste ne lâchent rien sur la section rythmique, Yannis Philipakis mène ses acolytes avec brio et on assiste à un concert de haute facture.

Massive Attack, l’une des têtes d’affiche de cette 20ème édition et pour qui 3000-4000 personnes se seraient déplacées selon le directeur du festival François Floret, ne nous captive pourtant pas. Silloner le Fort en tentant de ne pas s’enfoncer jusqu’au cou peut ressembler à une expérience mystique sur la voix d’Hope Sandoval, qu’on avait vu avec sa propre formation plus tôt dans l’après-midi confortablement calés au Palais du Grand Large, mais le son du groupe de Bristol sonne un brin dépassé. Les jeunots de Two Door Cinema Club tentent de reprendre la soirée là où les Foals l’ont laissée, mais malgré les mélodies faciles (I Can Talk, Something Good Can Work) ou à cause d’elles, ça reste plutôt superficiel. Même constat pour We Have Band, qui nous gratifie tout de même d’un réel enthousiasme.

Dimanche, Thus:Owls remplace les Ganglians dont le guitariste est en convalescence : les suédois sont avant tout d’excellents musiciens, et on espère que les festivaliers apprécient un concert qu’on avait savouré à Rennes en version plus intimiste, pendant qu’on file à l’interview de The Rapture. Après un set honorable des barbus Archie Bronson Outfit qu’on a connus plus sauvages, les délires sous psychotropes de Serena Maneesh, entre incantations de black métal norvégien et boucles de guitare, se concluent sur la défaite du chanteur par K.O. Finissant le concert allongé sur scène, il grattouillera sa guitare jusqu’à se faire expulser.

On attendait bien sûr beaucoup de classe de la part du set The National, mais attendait-on autant de puissance ? C’est leur troisième passage à la Route du Rock (ils sont venus en 2005 et en 2007), mais avec un album de la qualité d’High Violet, leur prestation est très attendue. Le set commence sur le feutré Runaway, qu’il ne faut pas forcément vivre depuis les premiers rangs où un gros fan anglais couvre la voix de Matt Berninger. Il y a tellement de titres qu’on a envie de voir prendre vie sur scène du chant habité de Matt Berninger qu’on ne saurait lesquels choisir. Heureusement, le groupe le fait très bien pour nous, offrant des versions déchaînées de Squalor Victoria ou du classique Mr November : on en a encore des frissons. Les titres issus d’High Violet ne s’imposent pas autant que ceux de Boxer, mais Afraid Of Everyone et England remplissent le contrat.

Difficile d’imaginer meilleur gâteau d’anniversaire pour souffler les 20 bougies du festival. Dix ans après leur précédent passage au Fort Saint-Père, les Flaming Lips ont mis les bouchées doubles et envoient la totale dès le début du concert : à peine a-t-on eu le temps de rejoindre la scène qu’une pluie de confettis nous submerge, des ballons volent dans le public et Wayne Coyne se fait un crowd diving en toute sécurité, surfant sur le public dans une grosse boule gonflable. Des vers géants ou des ours sur scène, rien de plus normal pour les allumés d’Oklahoma, accompagnés de danseurs improvisés en tenue de chantier orange. Le groupe ne construit son set qu’en interaction avec le public, l’invitant à protester contre la guerre en Irak, les mains levées en signe de paix, ou, dans un registre plus léger, à faire les cris de divers animaux sauvages… Côté musique, c’est carrément décousu, mais on pourra quand même se délecter avec nostalgie de The Wand ou Yoshimi Battles The Pink Robots Part 1.

Luke Jenner, leader du groupe post-punk-disco-électro-rock (oui, oui tout ça à la fois) The Rapture nous confiait en interview quelques heures avant le show son appréhension à passer après The Flaming Lips. Pourtant, les restes de confettis passent très bien sur le son du groupe, qui évolue d’ailleurs dans un registre plus porté sur la piste de danse que leurs illustres aînés. Dès les premières notes de Don’t Gon Do It on a une envie furieuse de remuer qui ne s’estompe pas sur The Devil, Whoo ! Alright – Yeah…Uh Huh. et encore moins sur House Of Jealous Lovers, introduite par ce fameux son de cloche facilement reconnaissable. La bonne note pour terminer le festival.

Il faudrait aussi vous parler du bar à champagne, des surprises (Josh T. Pearson jouant au milieu des chèvres sur l’une des hauteurs du Fort), des looks improbables, de ce qui fait de la Route du Rock un festival auquel on reviendra avec plaisir pour fêter les vingt ans de sa création en février prochain, à l’édition Hiver. Dans la grande famille du rock, il y a toujours un anniversaire à fêter.

Elea Brown

La Route du Rock, ça partait très mal pour moi cette année.
Très mal à tel point qui s’il n’y avait pas eu cette très jolie prog’, eh ben… eh ben … j’y allais pas !
J’aurais eu raison de pas y aller si on y réfléchit de près : un temps pourri, des averses, de la boue et une piqûre de guêpe que j’aurais pu mourir vu que j’suis allergique…
Se déculotter devant tout l’monde pour enlever un dard et avoir la vie sauve… c’est pas franchement motivant.

Oui, mais si je n’y étais pas allée, j’aurais raté Lonesome French Cowboy aka Federico Pellegrini, l’homme le plus tendre du monde et ce rappel mémorable où il joua : Happy As Can Be, dos à la mer, m’arrachant quelques larmes au passage.

Si je n’y étais pas allée, j’aurais jamais croisé le collectif LABOR/DUR, un collectif d’architectes qui a réalisé tout spécialement pour les 20 ans de la Route du Rock une création qui en a fait parler plus d’un : des sacs de sables éparpillés, disposés, estampillés du logo de la Route du Rock (des K7 pirates) et puis avec sur les côtés les noms de tous les groupes qui sont venus au Fort de Saint-Père.
Et dire que le hasard a voulu qu’ils soient nos voisins de camping et qu’on parlé de leur projet perchés en haut du Fort, assis sur une bouée en forme de pneu fraîchement gonflée tout en regardant le spectacle pyrotechnique des Flaming Lips.

Si je n’y étais pas allée, j’aurais pas passé un excellent 15 août dans la Rotonde du Palais du Grand Large à écouter le son d’Ethel tout en attendant Karaocake qui nous ont fait une très jolie prestation, jolie et maladroite comme une première fois et qui au passage ont fait revenir le soleil.

Si je n’y étais pas allée:
- j’aurais raté We Have Band une fois de plus et surtout cette prestation légèrement décalée du fait que nous on était sales de boue et que eux, ils étaient de blanc vêtus, tellement étincelants, tellement souriants…

- j’aurais pas découvert Liars que je ne connaissais pas, un concert sale, beau et vivant que je ne suis pas prête d’oublier.

- j’aurais pas dansé dans les flaques d’eau (euh devrais-je dire les petites mares d’eau) en écoutant Two Door Cinema Club avec un sourire victorieux, parce que moi, j’ai des bottes en caoutchouc !

Et surtout, j’aurais pas vu The National, j’aurais pas pleuré de bonheur en long, en large et en travers pendant toute la durée du concert qui mérite de rentrer en bonne place au palmarès de mes meilleurs concerts, détrônant presque celui des Foals de la Route du Rock 2008, mais allez, accordons leur un ex-aequo.

C’est décidé, l’année prochaine, j’y vais pas!
A moins que la prog’…

Crédits photo : Guillaume / Pop News, Surveyor, Elea Brown

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Le site du festival : http://www.laroutedurock.com

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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