Festival La Meuh Folle, Jour 1 et 2 : Le succès de la maturité | Capra | Alès (27 et 28.03.2009)

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Alès. Une ville qui peut être ne vous dit pas grand-chose, pourtant chaque année plusieurs milliers de personnes se retrouvent pour le Festival de la Meuh Folle, avec une seule optique : faire la fête et s’éclater. Un petit festival local, à des années lumières de grosses pointures comme les Eurocks, Furia, Solidays, mais toujours aussi bon d’années en années.

14710-festival-de-la-meuh-folle-1Dans cette ville du Gard de 40 000 habitants, à tout juste 30 minutes de Nîmes et à 1 heure de Montpellier, le nombre de concerts ou d’animations est quasi nul tout au long de l’année, exception faite des Rocktambules en juin et de la Meuh Folle programmée cette année fin mars. Une fois ces deux évènements terminés, on plie boutique pour 1 an de disette… Alors, autant en profiter.

Organisé par les étudiants de l’École des Mines d’Alès et après s’est être exilé du côté de Saint-Étienne, depuis 4 ans, le festival de La Meuh Folle a retrouvé sa place dans la plaine alésienne, et se fixe comme objectif de ré-attirer la foule dans les salles de concert. 2 500 personnes il y a 2 ans, 3 000 l’an dernier, l’ambition est de maintenir le cap et d’enchanter les festivaliers. Avec plus de 3500 visiteurs en 2009, autant dire que le contrat est rempli, surtout que quelques semaines avant l’ouverture on sentait une certaine fébrilité. La Meuh tournait dans toutes les bouches.

Le résultat est un public varié avec des jeunes, des vieux, des minots, tous réunis ensembles pour deux jours de musique avec un principe simple : 4 groupes par soir de 20 h à 2h30, avec un groupe « tremplin » suivi de 3 plus huppés.

Vendredi 27 Mars

l_305bdf6f412d747084930555442c5cd6C’est donc Deskaya qui ouvre le bal. La foule n’est pas encore bien présente, mais le peu de personnes déjà au taquet semble bien adhérer. Ce groupe provenant du Forez propose un rock alternatif à tendance très variée. Du rock, du ska, du dub, du hip hop. un mélange assez intensif où c’est une femme qui gère la plupart du temps le chant. Voilà le public dans la poche pour la petite heure bouclée.

Le deuxième groupe change de registre : Une Touche d’Optimisme se prépare, avec une marée d’instruments. Contrebasse, clarinette, piano, deux guitares, basse, batterie, percus, violon, violoncelle pour ne citer qu’eux. Des jeunots, ces messieurs de Montpellier, mais une musique légère et entrainante. Les influences sautent aux yeux : les intros semblent déjà avoir été entendues quelque part, intonations et rythmes sont ultras connus. La Rue Kétanou, Les Ogres de Barback, Mano Solo . voilà des ressemblances évidentes. Forcément, le public adore, mais niveau originalité, peut mieux faire. Le nombre de slams et de pogos en épatera plus d’un !

Le troisième groupe, aux alentours de 23h, est Jim Murple Memorial . C’est de loin, celui qui a le plus enflammé la foule, l’a fait bouger, pour ne pas dire vibrer. Les 7 musiciens vont imprégner un ska, soul, rocksteady à la sauce jamaïcaine pendant plus d’1h30. Les morceaux s’enchainent sans temps morts, les gens bougent au rythme de la contrebasse et se laissent envouter par la voix de Nanou, qui chante en anglais. Ce groupe, totalement absent des médias ou des ondes, continue d’affirmer son statut scénique explosif. Pourtant à la base le Jim Murple ne faisait que reprendre des grands incontournables du ska, d’où le nom de « Mémorial »; mais aujourd’hui il se laisse de plus en plus glisser vers sa propre composition de morceaux. Longue vie au Jim ! Les avis sont unanimes.

Mais les attentes, l’excitation, étaient tournées vers la tête d’affiche de la soirée : La Phaze . La salle, surchauffée par les « skateux » s’était copieusement remplie. Ca trépignait d’impatience, à peine le Jim parti que la fosse était déjà pleine. Et lorsque le groupe s’installait et passait du son, c’est toute une masse compacte de monde qui bougeait et dansait sur The Clash, Bob Marley ou encore les Tagada Jones . La tension montait crescendo, La Phaze se préparait à faire un ras de marée sonore. Tous persuadés que le parc des expos allait devenir un véritable cratère ! Le Miracle Tour pouvait se poursuivre, oui, Alès était prêt !

la-phaze-93014Et pourtant quelle déception. Qui n’est pourtant pas à mettre au niveau du groupe, qui n’a rien à se reprocher. La Phaze a fait sa set list habituelle, essentiellement constituée de la plupart des morceaux de Miracle, ainsi que les incontournables des opus précédents comme RAS, Consumatory, Assaut Final, Nouveau Défi, J’écris . Le groupe dégage une patate incroyable, en rythme, tout le temps en train de bouger ! Du punk, du dub, du rock, de la jungle. Que demander de plus ?

Mais malheureusement, les choses ne se passeront pas comme prévu. Un « truc » n’a pas marché. Cette subtile chose que vous avez déjà tous dû sentir pendant un concert. Ce petit truc qui fait que le public et le groupe s’entendent, se retrouvent à l’unisson, fusionnent. Les fans se sont bardés, mais ils étaient en minorité par rapport au restant de la fosse. Une tendance qui s’est quasiment inversée à la fin du set au vu des nombreux départs dans la foule. Ils ont eu beau répéter x fois qu’ils étaient « heureux d’être dans le sud », rien n’y fera.

Les raisons de ce flop inexplicable ? Déception causée par le dernier album ? Trop rock, moins dub ? Manque de peps pour le public ? Heureusement que le noyau dur aura mis le bordel comme il se doit.

Samedi 28 Mars

de-charybde-en-scylla-778024Cette deuxième soirée commence par un nouveau groupe tremplin, cette fois-ci c’est un local, il s’agit de PASS . Beaucoup de monde pour une première partie, mais valait mieux être dedans que dehors. vu ce qu’il tombait. La poisse décidément. PASS c’est du rock, effectué par des gars assez jeunes, mais qui donnent l’impression de se prendre trop au sérieux. C’est leurs débuts, faut leur pardonner, mais la musique proposée ne casse pas des briques.

Après la pluie, c’est le froid qui finit par s’installer. Comme pour symboliser que cette année 2009 n’était vraiment pas comme les autres, la chute des températures était elle aussi vertigineuse. As de Trèfle pouvait venir nous proposer sa toute dernière galette Houlala, il était certain que le public ne resterait pas statique. Le folk rock léger et sautillant des gaillards de Tours ne mit pas longtemps avant de le conquérir. Deux guitares acoustiques, un violon, une basse et une batterie ont accompagné Lolo au chant et ce rock n’roll festif. Il s’est définitivement fait accepter lorsqu’il grilla sa clope sur scène en réponse à l’interdiction formelle de fumer.

La foule, nombreuse et enfin motivée par rapport à la veille, pouvait accueillir comme il se doit le troisième groupe tant attendu : Debout Sur Le Zinc . Ce fut un régal ! Ce mélange rock aux tendances tziganes a littéralement mis sous le charme le public alésien. C’est mélodieux, les paroles sont douces et recherchées, comme si un décor se mettait en place. L’accordéon est dominant, mais ici aussi, nous assistons à une pluie d’instruments. En plus des traditionnels, on retrouve un xylophone, une mandoline, un banjo, un alto, sans compter les guitares, basse, contrebasse, trompette, clarinette, violon et percus ! La polyvalence à son sommet, une entente optimale, et le choix d’une set list judicieuse puisque beaucoup de grands classiques du groupe ont été visités. Agréable surprise lorsqu’un morceau de Pitt’Ocha des Ogres de Barback a été joué; l’apothéose a été complète lorsque le rappel a été La Déclaration. La copie rendue par DBSL a tout simplement été parfaite.

news_trancelucid002_02L’édition 2009 a pu se terminer comme il se doit avec le tout dernier groupe de la soirée : Hilight Tribe . Cette petite bande de Parisiens allumés s’est emparée des rênes pour clôturer à sa façon la Meuh Folle . Véritable fer de lance de la trance ou ethno transe, ils ont, comme Domb l’avait prouvé l’an dernier, mis un bordel intégral. Un panel de plus de 30 instruments venus des quatre coins de la planète, des dominances assez triangulaires avec percus/basse/didgeridoo, le feu a pris partout dans la salle.

Cette édition a été le symbole flagrant de la nouvelle tournure du festival : La Meuh Folle mûrit, et cela se voit par sa programmation. Alès, ville sans IUT ou université, est majoritairement constituée d’une population jeune et lycéenne. Le choix des groupes n’était peut-être pas très judicieux ou attractif en fonction de leurs attentes, mais pourtant les retours positifs se sont comptés à la pelle. Une diversité musicale, une attraction revue à la hausse, et malgré le bémol ressenti sur La Phaze, l’ambiance a été au rendez-vous sur ces deux jours.

Un succès de plus pour les organisateurs du festival.

En savoir +

Site officiel : http://www.meuhfolle.com/

La Phaze : http://www.myspace.com/laphaze
Debout sur le Zinc : http://www.myspace.com/dslz
Jim Murple Memorial : http://www.myspace.com/jimmurple
Une Touche d’Optimisme: http://www.myspace.com/unetouchedoptimisme
Hilight Tribe : http://www.myspace.com/hilighttribemusic
Deskaya : http://www.myspace.com/deskayarockband
PASS : http://www.myspace.com/passlegroupe

A lire sur Discordance : [La Phaze en interview->780] / [Jime Murple @ Limoges->712]

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: Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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