La Maison Tellier – L’Art de la fugue

par Caroline S.|
Quatre ans après la sortie de leur miraculeux premier album, les gars de La Maison Tellier sont de retour pour un troisième opus, L’Art de la fugue. Variation sur les mêmes thèmes ?

Les ingrédients essentiels sont toujours là, la voix de prêcheur d’Helmut, sorte d’Harry Powell en sympathique, et les partitions merveilleuses de Léopold (trompette) et d’Alphonse (contrebasse, basse) en tête, la potion nous semble un peu moins magique que par le passé. Si elle peut décontenancer les fans de la première heure et les admirateurs de la mélancolie made in Normandie, on reconnaît bien volontiers que la nouvelle direction empruntée par le groupe ne manque pas de panache, grâce à des choix plus radicaux (magnifiques Five years blues et Mexico City Blues) et un style qui s’affirme (Josh the Preacher, Il n’est point de sot métier part. 2, Laissez venir), mais qui n’évite pas les embûches (l’ignoble et maniéré Please do, le fadasse Babouin).

Curieusement, on a beaucoup glosé sur leur intérêt pour l’Amérique, ses musiques et son folklore, comme si en tant que Français, ils n’avaient pas à s’approprier un pan de culture des États-honnis (pourquoi ne pas carrément leur imposer d’écrire en Cauchois, on se le demande). Pourtant, ce qu’il y a de plus fascinant dans La Maison Tellier, c’est précisément cette capacité à évoquer un monde mythique dans lequel chacun peut y voir ce qui lui chante : folk, country, rock, Bashung, Gainsbourg, Calexico, marginaux, héros sans foi ni loi, histoires d’amour, de mort, western, existentialisme…

En promo à Paris, les intéressés ont bien voulu nous rencontrer. Cartographie d’un univers.

Vous venez de sortir votre troisième album, L’Art de la fugue, deux ans et demi après Le Second souffle. Que s’est-il passé entre temps ?

Image de La Maison Tellier - L'art de la fugue Raoul : On a tourné pendant un an à peu près et puis on a changé de maison de disque (NDLA : 3ème Bureau) et c’est ce qui a pris vachement de temps. On a attendu pendant une année que les choses se fassent et en attendant, on a écrit des chansons, préparé l’enregistrement et voilà !

Ça a été un long processus l’enregistrement ?

Raoul : Non. En soi, ça a pris 10-15 jours, mais on s’était beaucoup préparé en amont : à travailler, aux orchestrations. Du coup, on a été super efficaces en studio, on n’a pas perdu de temps.

Pourquoi ce titre, L’Art de la fugue ? Connaissant votre sens de la formule, on s’attendait à quelque chose du style “Jamais deux sans trois”, “Ménage à trois”…

Raoul : On y avait pensé (rires), il y avait eu tout un délire sur la trinité…

Helmut : Oui, mais on ne voulait pas trop faire les mêmes blagues vu qu’on ne restait pas dans la même direction musicale que les précédents. On voulait aussi marquer le contrepied au niveau du titre du disque.

Et donc en quoi est-il différent des deux premiers ?

Helmut : Bah, comme Raoul le disait, c’est surtout le temps qu’on a passé en préproduction, pour arriver exactement là où on voulait aller. Ça s’entend au niveau du son, c’est plus abouti. Et puis le fait de travailler avec un label qui n’est plus un label indépendant, on avait une direction artistique peut-être un peu plus affirmée et donc dans le choix des titres, ça s’entend. C’est peut-être plus varié que les deux premiers dans les ambiances abordées. Les thèmes sont plus ou moins les mêmes par contre, mais la différence elle se fait là. Et puis on s’est donné les moyens de faire le disque dont on rêvait, ce qui n’avait pas été forcément possible sur le deuxième.

Vos textes, votre musique évoquent beaucoup les États-Unis, mais des États-Unis très fantasmés, une Amérique très folklorique. Qu’est ce que cela incarne pour vous ?

Image de La Maison Tellier - L'art de la fugue Helmut : Oui, c’est ça, une mythologie.

Raoul : C’est ça, on n’est pas Américains, on y est quasiment jamais allés ou alors de manière très ponctuelle. Clairement, on l’imagine plus qu’on ne la connaît.

Helmut : En fait, on a grandi en baignant dans une culture américaine, dans les années 80 c’était un peu le lavage de cerveau donc, forcément ça laisse des traces. Et puis, musicalement c’est riche donc il y a plein de choses à aller piocher.

En quelques années, il y a beaucoup de groupes de musique qui sont retournés vers le folk, pas mal de films qui se sont intéressés aux thèmes fondateurs de l’Amérique…

Helmut : C’est peut-être générationnel.

Raoul : C’est vrai que ce n’était plus très présent depuis un moment. Il y avait sans doute pas mal de gens qui avaient envie d’écouter cette musique et de voir ce genre de films évoquant de grands espaces et tout ça. C’était moins la mode dans les années 80-90 alors que c’était vachement présent dans les années 60-70. Ça a disparu, ça revient, ça redisparaîtra. Helmut : Ouais, c’est ça, ça représente des envies de fugue, d’évasion.

Raoul : On avait envie de faire cette musique-là depuis longtemps. On n’a pas surfé sur la vague, mais il se trouve que plein de gens avaient ces envies-là en même temps donc ça tombe plutôt bien en fait. Et pas bien parce qu’on n’est plus tout seuls, en fait.

Helmut : C’est cyclique. Y a des revivals, faut bien que ça tourne.

Raoul : T’es en train de dire que tout a été inventé ?

Alphonse : Parce que l’intérêt c’est de faire du neuf !

Helmut : Bah un petit peu, l’idée c’est de mettre notre grain de sel dans l’histoire, d’apporter notre sauce à ce truc-là, tout simplement.

Raoul : Moi j’ai vachement écouté ce type de musique quand j’étais plus jeune, du coup quand j’ai commencé à jouer de la guitare, j’avais envie de faire ça et pas autre chose.

Helmut : Ouais, la question ne s’est pas posée.

Raoul : Oui, c’était un moyen d’expression naturel de composer des chansons de ce type là.

Pourtant beaucoup de vos chansons sont en français ?

Raoul : Bah oui, euh, c’est vrai.

Helmut :, Mais justement, autant les influences, musicalement, venaient de là-bas, autant culturellement on a grandi en France, on a un patrimoine de chansons françaises, de littérature, etc, qui n’est pas négligeable. J’ai rarement eu des sensations sur des textes en anglais, d’ailleurs je ne trouve pas très honnêtes les gens qui mettent le songwriting en avant, parce qu’on peut apprécier un chanteur ou une chanson, mais il n’y aura jamais l’aspect direct du français.

Vous disiez que vous êtes très peu allés aux États-Unis, c’est un choix délibéré ?

Raoul : Euh, non, c’est la vie, ça ! Ça coûte cher d’aller là-bas quand même. Perso, j’y suis allé une fois…

Helmut : Moi pas longtemps, deux jours quoi.

Raoul : C’est pas des vacances qu’on peut se payer tous les jours ! Ni même tous les ans !

Helmut : Ouais et à la limite, il n’y a pas forcément l’envie non plus, il y a cet effet d’attraction/répulsion avec les États-Unis, et donc on n’a pas forcément envie de voir l’envers du décor.

Vous appréciez beaucoup les personnages en marge, que ce soit des bandits, des prostituées, des prêcheurs, des addicts en tout genre. Qu’est-ce qui vous intéresse en eux ?

Raoul : C’est plus facile de leur imaginer une histoire intéressante.

Helmut : C’est un moyen, quand on a une vie plutôt réglée et tranquille, de vivre ces trucs-là par procuration juste le temps d’une chanson. Et encore une fois, c’est un sujet de départ plus intéressant parce que y a du souffle dans le truc.

Raoul : Ça revient encore une fois à ce qu’on écoutait. Dans les disques de Bob Dylan, y a toujours une chanson qui met en scène un personnage qui a une faille, ou un destin particulier ou…

Helmut : Qui n’est pas d’un bloc.

Raoul : Davantage que dans les histoires de la vie de tous les jours. Il ne raconte pas sa vie Bob Dylan quand il écrit ses chansons. Encore une fois, quand on a commencé à écrire des textes, on s’est tournés vers des choses qu’on avait déjà entendues. C’est vrai qu’on écoute pas beaucoup de chanson française traditionnelle où les textes parlent de la vie courante. Du coup, quand on écrit en français on ne cherche pas à singer ça parce qu’on a ni la culture pour ni un attrait naturel.

,Mais c’est rigolo, parce que justement chez Maupassant (NDLA : leur nom, La Maison Tellier, est tiré d’une nouvelle de Maupassant), il s’agit essentiellement de gens assez simples à qui il arrive des choses finalement banales.

Image de La Maison Tellier - Guy de Maupassant Raoul : Bah ouais, mais c’est très bien écrit. Et il faut du talent pour raconter des histoires simples et que ce soit intéressant. Moi personnellement je ne l’ai pas, donc je ne vais pas chercher à explorer cette voie parce que je pense que ce serait ridicule.

Helmut : En trois minutes, c’est dur d’exposer ce qu’il y a d’invisible dans la vie quotidienne par exemple. Les personnages de losers magnifiques, c’est tout un aspect de la littérature qui, moi, m’intéresse le plus. Les histoires de winners ça peut être chiant. Une biographie de Napoléon…

Raoul : Il n’a pas tellement gagné Napoléon

Helmut : Oui en plus… Mais bon, d’un point de vue littéraire ou romanesque, des personnages comme ça c’est quand on les voit s’écrouler que ça devient intéressant. Tout ce qui se passe normalement, ça ne présente que peu d’intérêt. Faire la liste des choses qu’on a envie de faire dans la journée, ce n’est pas passionnant. À mon sens.

C’est vrai que c’est très propre à la littérature américaine de mettre en scène des anti-héros…

Helmut : Ouais, genre John Fante, Bukowski, Salinger, c’est ça.

Raoul : Dans Maupassant aussi, comme tu le disais tout à l’heure, il ne s’agit pas de héros, c’est juste des gens normaux à qui souvent il arrive une crasse et en général, ça se termine pas très bien.

C’est peut-être une question d’époque ou de géographie parce que c’est vrai qu’on imagine mal un personnage de Maupassant partir sur la route ou brûler le dur…

Helmut : Ah pour le coup, oui… On sent qu’ils voudraient, mais c’est juste pas possible, il y a le poids du destin. C’est comme dans les chansons de Springsteen, c’est pareil. (rires)

Dans tous vos textes depuis le premier album, il y a des renvois d’une chanson à l’autre, des personnages récurrents, est-ce que vous partagez cette impression de construire une œuvre littéraire ?

Helmut : Bah, c’est juste rigolo de penser aux gens qui nous suivent depuis le début et de glisser des clins d’oeil dans nos albums. Du coup, ça ne demande pas trop d’efforts à écrire parce que les personnages sont déjà là.

Avec L’Art de la fugue, on apprend enfin le nom du prêcheur de Cul de Sac…

Raoul : Tu vois, on avait pas fait gaffe à ça, je me suis rendu compte l’autre jour que Josh pourrait être le prêcheur de Cul de Sac. Mais ce n’était pas du tout délibéré.

Helmut : Oui, des fois on fait exprès et d’autres pas du tout. Du coup, parler d’ “œuvre littéraire”, c’est pas très intéressant parce que ce qu’on fait, c’est quand même plein de clichés éculés, c’est aussi ça qui est amusant, montrer que d’une manière, on n’est pas dupes de ce qu’on fait. Effectivement, on va piller dans cet aspect culturel typiquement américain, western, etc, mais pas uniquement au premier degré, sinon ça n’a aucun intérêt. Le fait de faire des échos entre des chansons peut participer à ça.

Dans vos albums, il y a toujours le livret avec les paroles, ça montre bien que vous prêtez de l’importance à vos textes, non ?

Raoul : Encore une fois, c’est sans doute générationnel. On fait partie de ces gens qui achètent des disques et qui aiment, quand ils déplient le livret, avoir autre chose qu’une photo et l’endroit où ça a été enregistré.

Helmut : Et les textes, on se fait chier à les écrire alors…

Raoul : Ouais, après c’est peut-être pas une bonne raison, mais un artiste français qui sort son disque en France et qui met pas ses textes dans ses disques, pffft… à ce moment-là pourquoi il chante en français ?

Helmut : Et puis, ça peut être une raison supplémentaire d’acheter le disque. T’as un petit truc en plus. Ça nous est arrivé plusieurs fois d’avoir des gens qui nous demandent où trouver les paroles de telle chanson et voilà, on leur dit “bah si t’avais acheté le disque…” (rires).

Pour revenir à la littérature, quelles sont vos références à chacun ?

Raoul : On a des goûts différents je crois.

Alphonse : Je lis pas mal, surtout de la littérature américaine, française et russe, globalement. Qui m’ont marqué… Dos Passos (La Trilogie U.S.A.),Dostoïevski, Camus, plein de choses. Pour moi la littérature c’est vital. C’est autant de la nourriture qu’un bon steak frites.

Helmut : Moi c’est pareil, enfin littérature russe je ne m’y connais pas, mais Dos Passos

Raoul : On en a parlé cet après-midi de Dostoïevski.

Helmut : enfin dernièrement je lis quand même moins ou, du coup, des formats plus courts, genre les nouvelles de Jack London qui sont assez incroyables et puis chez Fitzgerald aussi y a des trucs bien. Du coup, c’est cool parce que ce format peut donner des idées de chansons par exemple. Souvent, avec une nouvelle on reste un peu sur sa faim, parce que le format veut ça, mais pour une chanson c’est raccord. Il y a la même différence entre une chanson et une symphonie qu’entre une nouvelle et un roman. Un roman, moi, clairement, je n’aurais pas le courage. Donc c’est un moyen à peu de frais d’écrire.

Je ne connais pas les nouvelles de Fitzgerald mais en ce qui concerne les nouvelles de London, c’est vrai qu’il y a un côté très momentané, très “tranche de vie”, qu’on retrouve dans vos chansons.

Helmut : Ouais, ouais, ouais. Encore une fois, des histoires de losers magnifiques, et des gens qui sont dans la fuite. Et puis on sent qu’il a passé pas mal de temps à vagabonder de ville en ville. Et puis il y a aussi des nouvelles d’anticipation vachement bien vues, dont une qui s’appelle La Peste rouge.

Ah oui. Il y a un très beau roman dans ce style, Le Talon de fer. C’est un peu daté, le côté marxiste tout ça, mais chouette.

Helmut : Bah ouais, c’est ça, c’est un peu daté. Pareil, Martin Eden, ce n’est pas trop réussi.

Raoul : y a aussi le livre de Upton Sinclair, Oil! (NDLA : roman dont est tiré le film de Paul Thomas Anderson, There will be blood). C’est un énorme pavé sur les luttes syndicales dans les années 20.

En tout cas, vous restez surtout dans la première moitié du 20e siècle.

Helmut : Bah en même temps, la littérature américaine..

Raoul : Pas forcément, moi j’aime bien Ellroy. Brautigan aussi.

Helmut :, Mais c’est aussi ça qui est cool avec la littérature américaine, c’est qu’elle a démarré tard et du coup c’est rassurant d’avoir une vision à peu près globale sur ce qui s’est fait en se disant qu’on peut connaître pas mal de trucs dedans.

Raoul : Ouais c’est clair que la littérature française… J’ai lu pas mal de classiques, mais ça fait un moment que je n’ai pas pioché dedans… Le dernier que j’ai lu, ça doit être La Maison Tellier il y a quelques années (rires).

Et en matière de cinéma, vos préférences vont vers où ?

Raoul : Moi, je suis vachement bon public, ça dépend de mon envie du moment. Ce matin, on a établi notre top 3, c’était super dur. On avait mis Le Bon, la Brute et le Truand, Orange mécanique et un Coen, Fargo ou The Big Lebowski. J’aurais bien rajouté du Woody Allen.

Helmut : Et Barry Lyndon.

Raoul : Oui. On aime tous bien les grands classiques. Et dernièrement, on s’est découvert une passion commune pour les séries Z, à cause des voyages en camion. (rires)

Helmut : Pas par choix en ce qui me concerne.

Raoul : On découvre des films de zombies, de ninjas…

Helmut : Et ça peut être assez addictif, sans doute parce que c’est associé à d’autres trucs. On en regarde rarement à en-dehors des tournées !
(s’ensuit une conversation entre les membres truffée de private jokes et donc inintelligible pour tout outsider)

Bon, de toute évidence vous avez une culture plutôt diversifiée et solide. Imaginons un ado d’aujourd’hui, quels conseils lui donneriez-vous pour se faire sa propre culture ?

Image de La Maison Tellier Raoul : Ohlala, c’est chaud parce que nous, notre expérience d’ados est complètement différente de celle des ados de maintenant qui passe sans doute plus par Internet…

Helmut : Moi, ça me fait flipper.

Raoul : Ouais, c’est flippant toutes ces informations d’un coup.

Helmut : Le tri, c’est super dur à faire. Même moi ça me fait ça : en théorie je pourrais écouter tous ces albums dont j’ai entendu parler, mais au bout d’un moment c’est juste trop et ça produit l’effet inverse.

Raoul : Déjà dans nos collections de disques, c’est parfois bien difficile de choisir ce qu’on va écouter là maintenant… Je ne sais pas, moi, c’était vraiment le fruit du hasard.

Helmut : Du coup, je pense aux parents. Tu demandes à tes parents de t’en parler et ça te fait une première vision. Après tu te rends compte que t’étais pas forcément d’accord sur certains points… Même s’il faut manger du Jean-Jacques Goldman pour écouter du Neil Young, ça peut le faire.

Pour ceux d’entre vous qui sont papas, vous avez envie d’éduquer vos enfants à la musique ou les laisser faire leur petit bonhomme de chemin en toute autonomie ?

Alphonse : Je sais pas, il y a toujours de la musique à la maison.

Raoul : Oui, mais c’est pas délibérément à but éducatif du style “Assieds-toi et écoute. C’est beau.”

Alphonse : Non, mais de toute façon je les enquiquine à travailler la contrebasse.

Raoul : Oui, dans ce cas-là ça va se passer par imprégnation naturelle.

Alphonse : Ou il y aura peut-être répulsion au bout d’un moment, comme j’ai pu avoir à l’égard de la musique qu’écoutaient mes parents. J’ai gardé quelques trucs, mais d’autres… c’est névrotique, je peux plus écouter !

Tous : Oui, moi aussi.

Helmut : C’est marrant de se demander ce que ça donnera. De toute façon, tu luttes pas à armes égales avec les DVD, les dessins animés, les machins comme ça.

Tous : C’est clair

Raoul : De toute façon, je me souviens comment j’ai découvert certains trucs par des biais… J’aimais bien la musique de tel dessin animé et après t’entends de la musique un peu plus authentique dans ce style-là.

Helmut : C’est ça le problème aussi, à un moment t’écoutes de la musique aussi pour tester, pour faire chier tes parents, c’est aussi une manière de gérer l’adolescence.

Raoul : Ouais mais les nôtres ils pourront pas le faire. (rires)

Helmut : Ben justement, si on est trop dans le “c’est trop cool mon poussin, t’écoutes Napalm Death, vas-y mets plus fort”, c’est nul. Du coup, je ne sais pas, faudrait peut-être mettre plus de Claude François à la maison pour qu’ils aient des bons goûts plus tard !

Raoul : Ils n’écouteront pas de musique, ils la nieront en bloc.

Sinon vous, en ce moment vous écoutez quoi ?

Image de La Maison Tellier Raoul : Ouh, c’est dur comme question..

Helmut : En ce moment t’as quoi dans ton lecteur CD ?

Raoul : En fait je copie les CD sur mon ordi et du coup, ça me fait une bibliothèque vraiment énorme !

Helmut : Le dernier truc que t’es allé écouter sur Deezer ?

Raoul : Hier, j’ai écouté Peter, Paul & Mary, mais c’est ma madeleine de Proust, j’écoutais ça quand j’étais tout petit.

Helmut : En ce moment on écoute pas mal Captain Beefheart

Raoul : Oui, Captain Beefheart

Alphonse : Simon & Garfunkel Helmut : Bref, que des vieilleries !

Raoul : Dans les trucs assez nouveaux, Mumford and Sons, Fleet Foxes que j’ai beaucoup écouté, Them Crooked Vultures

Helmut : Je n’ai pas écouté l’album entier, je ne sais pas si je pourrais d’ailleurs.

Raoul :Black Rebel Motorcycle Club, ça marche toujours très bien… J’ai pas mal de Brian Jonestown Massacre en ce qui me concerne, ça tombe souvent dans ma playlist random. C’est pas mal, ça marche assez bien.

Helmut : J’ai bien aimé le dernier Dominique A.

Raoul : Le dernier Benjamin Biolay.

C’est très varié.

Raoul : Oui, on est un peu des zappeurs.

Helmut : Le disque qui tourne sur ta platine pendant des jours et des jours, l’album en intraveineuse, ça fait un moment que ça m’est pas arrivé.

Raoul : En même temps, avec des playlists qui durent jusqu’à l’infini, c’est plus difficile maintenant. Et puis moi, en gros, j’ai déjà acheté tous les disques que je voulais quand j’étais ado, donc maintenant j’ai plutôt tendance à me baser sur ma bibliothèque pour chercher un truc à écouter. Une fois ou deux par an il y a une nouveauté que je trouve vraiment bien, dont j’ai envie de m’acheter le disque. En tout cas, je n’ai plus la boulimie acheteuse que j’ai pu avoir quand j’étais plus jeune parce qu’à l’époque je ne pouvais pas écouter de musique autrement, il n’y avait pas Deezer…

Il paraît que vous avez préparé une reprise des Sex Pistols à la râpe à fromage, est-ce qu’on y aura droit au Café de la Danse, le 6 avril ?

Helmut : (rires) Ah non, ce n’est juste pas possible ! C’était dans le cadre d’un projet vraiment précis, c’était drôle, mais impossible à refaire sur scène. Ça figurera sur une compile distribuée avec une BD qui raconte un crime ayant lieu à Londres, pendant un concert des Sex Pistols. Les chansons sont toutes interprétées par des groupes rouennais qui chacun proposent leur version d’un morceau des Sex Pistols. Y a Elektrokution, Cristal Palace, Tahiti 80 je crois…

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Raoul : Une bonne nuit ! Une tournée géante ! Un quatrième album !

Helmut : Pouvoir continuer à faire de la musique, le plus longtemps possible.

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1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 1 juillet 2011
    Les Boutiquessonores a écrit :

    Retrouvez La Maison Tellier le 19 juillet @ La Plage De Glazart avec Mehdi Zannad et Arlt dans le cadre du Bitter Sweet (Paradise).

    + d’infos sur la date : http://www.lesboutiquessonores.com/agenda/bsp2011-acte-vi/

    + d’infos sur le festival : http://www.lesboutiquessonores.com/BSp2011

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