La Femme à la Flèche d’Or

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Vous n'êtes pas encore au courant ? La Femme, c'était le petit-groupe-à-suivre de 2010, c'est désormais la sensation de 2011. Et attention, ils se prennent vraiment pour des rock stars.

Ambiance surchauffée donc à la Flèche d’Or, qui affiche complet. Public endiablé et pogos comme on n’en a rarement vus dans cette salle-là. Et pas de doute, s’il y a quatre groupes à l’affiche, c’est bien pour The Woman que tout ces jeunes gens branchés se sont déplacés. Déjà, c’est sûr, ce n’est pas pour Lou Lesage, qu’on a pu voir dans Lol (c’est-à-dire, pour ceux qui ont eu l’idée de se déplacer pour voir le film, hein), et qui est très jolie, c’est sûr, on dirait une pub The Kooples à elle toute seule, et puis elle est bien entourée (c’est la fille de la chanteuse d’Ultra Orange, Gil Lesage), elle sait à peu près chanter, mais elle sent tellement fort le produit branchouille survendu avec l’étiquette « rock » collée sur son jean slim (noir, évidemment, comme l’eye-liner), qu’on préfère aller fumer sa clope dehors.

La Classe en revanche, qui ouvre la soirée, a une vraie capacité à faire se déplacer les foules, mais personne n’est encore trop au courant: c’est leur premier concert. Et ils méritent des félicitations, parce que ça marche du tonnerre sur scène, cette pop jazzy veloutée, menée par une chanteuse toute en noir à la voix envoûtante, Juliette Davis – retenez bien ce nom, il reviendra. La demoiselle est entourée de messieurs élégants qui, entre cuivres et batterie, entre le français et l’anglais, transcendent le rétro : Saint-Germain-des-Prés, c’est fini, chantent-ils, mais Belleville, ajoute-t-on, ne se défend pas trop trop mal.

Donc, on ne peut que vous encourager à aller écouter La Classe, nouveau petit-groupe-à-suivre de 2011. Mais La Femme, qui est passé à l’étape au-dessus, électrise la foule et suscite des pâmoisons comme de vrais Mick Jagger disco. Le groupe revient d’une tournée aux Etats-Unis, côte ouest, côte est, et c’est sûr, il y en a un ou deux dans le tas qui semblent avoir pris la grosse tête. Ça joue les chauffeurs de salle en se faisant mousser, mais après tout, puisque ça marche, regardez, tout le monde danse comme des petits fous, ça fait un bien ! Sur La Planche, en passe de devenir un vrai tube, est accueilli avec des cris de satisfaction (car La Femme aime faire l’amour avec son public) – pas encore d’album, et déjà des fans pour connaître tous leurs titres, c’est fou l’effet d’un buzz.

Le son est moyen, et le groupe, tous alignés sur scène, semble se disperser un peu avec toutes ces voix dont on ne sait jamais laquelle fait quoi. Mais pour le reste, ça bouge, et La Femme, à ce titre, peut bien se dire qu’elle a rempli ses obligations. Et attention, rien à voir avec de la techno décérébrée, ce n’est pas parce que ça se danse qu’il n’y a rien à manger. Ça fait un bail, par exemple, qu’on n’avait pas entendu le français servir de rythme de base à autre chose que de mauvais slam, et là, en tendant l’oreille, on se dit qu’il y a du neuf qui gronde là-dessous, surtout dans ces paroles scandées plus que chantées, qui parlent de sensations, de corps, comme là, ton corps qui danse, tu vois bien que c’est pas tout dans la tête.

La grosse erreur de La Femme, ce serait de se prendre un peu trop au sérieux et de finir en eau de boudin avec tout le monde qui se barre faire des trucs en solo ; parce que c’est dur d’être des pop stars. Pour l’instant, la Flèche d’Or leur va plutôt bien. Ils seront à la Gaîté Lyrique en avril, ne les manquez pas !

Crédits photo : Irwin Barbé

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Image de : Live from Paris

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