Le règne du consensuel

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Alors que la télévision française est aujourd'hui remplie de débats et d'émissions musicales ou littéraires, il est temps de se pencher sur un phénomène important de notre société : l'aseptisation progressive, et donc la disparition, de la critique.

Image de image2censure Combien de critiques peuvent aujourd’hui prétendre faire l’éloge ou dresser le bûcher d’artistes en ayant cette légitimité ? Beaucoup ? Peu ?

Évidemment il ne s’agit pas de réserver le droit de critique à une « élite »: écrivains pour critiquer les livres, musiciens pour critiquer les albums… Il semble cependant raisonnable d’attendre de celui ou celle critiquant un album de rap ou de métal par exemple, d’avoir une certaine connaissance de ce qui se fait dans ces domaines musicaux. Des références !

Une critique ne se résume pas à  » J’aime/J’aime pas « . Le rôle du critique est de donner son opinion sur un album, un livre, un film… Mais cette critique doit être constructive . Car c’est bien tout l’intérêt d’une critique, non ? Apporter des arguments. Ce qui compte avant tout c’est que cela repose sur des bases solides.

Alors oui, dans la France d’aujourd’hui ça critique, c’est sûr. Mais quoi, qui ? Le Président, le gouvernement, ses lois, Bush, Poutine. Des sujets-cibles, faciles, mais parmi ceux qui critiquent combien maitrisent vraiment les sujets ? Entourés de gens qui sont d’accord avec nous, il nous est facile de balancer de grandes vérités. Cela devient plus ardu lorsqu’il y a quelqu’un pour nous répondre.

De nos jours la véritable critique n’a plus sa place. De là à dire qu’elle n’a plus de place du tout il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Peu de critiques médiatisés osent être sincères à propos de produits d’artistes reconnus . Car dans la société de marché qui est la nôtre la moindre chose créée n’a d’autre but que d’être commercialisée et est donc en ce sens un produit au même titre que le savon ou la Roumaine de 16 ans qui travaille dans un hôtel miteux à la peinture défraichie. J’en prendrai pour exemple les albums d’artistes (re)connus qui se complaisent également, mais cette fois dans le consensuel. Zazie déclarait l’autre soir sur le plateau d’une émission télévisée que consensuel n’était pas un gros mot. C’est faux. Etre consensuel est un gros mot lorsque cela implique que l’on s’en réclame pour faire vendre les quarante pages laborieusement tapées sur son clavier un soir de déprime ou les dix textes posés sur des mélodies doucereuses ou faussement rock et qui font l’apologie du bien, de la paix, des petits oiseaux et du ciel bleu.

Qui ose critiquer vraiment de nos jours ? Certes il existe une résistance. Mais à quel prix ! De plus en plus, ceux qui osent aller à contre-pied de la pensée générale et donner leur avis de façon sincère et honnête se voient traités d’arrivistes et de charognards abusant de leur position. Alors que bon, soyons francs : de celui qui descend en flammes un artiste apprécié d’un très large public ou de celui qui en fera la 7ème merveille du monde, lequel des deux risque le plus de s’attirer les foudres de ce public ? Effectivement, il est possible que le premier accède à une certaine médiatisation, mais n’aurait-il pas alors été plus sûr et plus facile de rentrer sagement dans le rang ? Celui qui cire les pompes consciencieusement ne verra jamais le propriétaire des dites chaussures venir à lui la bave aux lèvres et le poing levé criant à tout va des « Qui êtes-vous pour me parler ainsi ?! ».

Mais il est toujours amusant de voir des « célébrités » demander aux personnes qui n’apprécient pas leur travail qui elles sont. Ainsi, pour les critiquer négativement, il faudrait avoir un CV long comme le bras mais pour chanter leurs louanges n’importe qui ferait l’affaire. La seule forme de critique permise dans les médias de nos jours semble être la promotion ou le silence. Car c’est bien ce dont il s’agit : se taire afin de faire acheter.

Ne croyez pas cependant que ce problème reste propre au domaine artistique, il s’étend à tous les autres : à une époque où dans le pays de Voltaire et d’ Hugo on remet à Vladimir Poutine les insignes de Grand-croix de la Légion d’Honneur, et ce dans le silence absolu de l’ensemble des médias, il est temps de s’inquiéter du sort de la libre pensée et de la pensée tout court. La capacité à penser par soi-même et à discuter ne dépend-elle pas avant tout de la capacité de son prochain à exercer la sienne ?

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

23 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 16 mars 2008
    Laurence a écrit :

    Juste merci, parce que j’ai toujours pensé que Consensuel est un gros-mot!

  2. 2
    le Dimanche 16 mars 2008
    kyra a écrit :

    Salut Loïc,

    Je ne pense pas que l’on soit en train d’adopter l’attitude du « tout-consensuel », au contraire. La critique ne s’est jamais mieux portée que maintenant. Que ce soit via la presse écrite où de fines plumes s’escriment jour après jour pour décortiquer les faits, encenser ou enfoncer nos chères têtes politiques, nos stars du showbiz pour leurs faits et gestes etc etc … et faire juste leur boulot, parce qu’ils sont payés pour ça : analyser, critiquer pour être lus et se retrouver au coeur d’une polémique -justifiée ou pas, instrumentalisée ou pas, on s’en fout du moment que ça fait couler de l’encre, saliver les gens, grimper les stats et surtout, que ça fait vendre. Ou les médias tels que la radio, la télévision : tout le monde se permet de critiquer tout le monde dès que les projecteurs sont braqués sur eux, ce qui est bien pratique pour faire parler de soi indirectement, surtout quand on est has been ou qu’on est jury dans une émision de télé-réalité (cf les attaques ridicules, orchestrées par certaines personnalités en mal de reconnaissance entre la starac et la nouvelle star) par exemple. Et les médias tels que les webzines qui pullulent sur la toile, avec les blogs et tous les pseudo-communautarismes émergents comme myspace, facebook etc : c’est quand même un formidable vivier de langues de putes, il me semble, tout le monde y allant de son petit commentaire pour se faire remarquer, ou de sa chronique tirée à 4 épingles pour s’attirer la sympathie ou les foudres de son lectorat hypothétique. Du moment que l’on s’expose, sur la toile ou un écran de télé, il s’agit de choquer, ébranler les certitudes quitte à enfoncer des portes ouvertes, donner son avis sur tout même si on ne nous a rien demandé. Il suffit d’ouvrir sa gueule ou d’agiter ses petits doigts sur un clavier anonyme, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. C’est facile, gratuit, safe. La prise de risques est calculée, tout buzz est bon à prendre, et plus les critiques sont assassines, plus l’humiliation est grande, plus on déballe le crasseux, l’indécent … plus on attire les regards sur soi, on exulte, on bande, on capitalise sur la souffrance de l’autre, on sacrifie l’éthique, la déontologie, le respect et la dignité sur l’autel de la rentabilité (et de la connerie).

    Le consensuel n’est qu’un effet de style qui sonne terriblement faux dans certaines bouches. Une forme d’hypocrisie pour se donner bonne conscience et/ou mieux cacher son jeu. Tout dépend de quoi on parle et de qui on parle. Et surtout quels en sont les enjeux. Il est vrai que certains évènements (en général politiques) sont passés au silence, mais n’est-ce pas encore le fruit d’une manipulation par les médias qui décident pour nous ce qui doit faire la une ou être relégué au rang de faits divers ? Ou un moyen de désamorcer une crise, compte tenu de la conjoncture actuelle ? Franchement, il y a tellement de paramètres qui nous échappent. Et à force de lire ou d’entendre tout et n’importe quoi, on va finir par ne plus savoir qui l’on est. Une génération d’assistés dénués d’esprit critique, buvant tout ce qu’on veut bien leur faire avaler, bien calés au fond de leurs canapés, ou au contraire de cyniques narcissiques, relisant l’actualité et le monde qui les entoure en recrachant chaque phrase, chaque mot après les avoir assimilés de façon singulière et personnelle, pour ne pas parasiter son esprit par les pensées de l’autre ? … J’en sais rien.

    Une chose est sûre : le règne du consensuel n’est pas encore arrivé. Et la résistance, elle, n’a pas fini de gronder, même en silence.

  3. 3
    le Dimanche 16 mars 2008
    Dervish a écrit :

    Consensus : accord entre plusieurs parties, plusieurs personnes.

    Il serait peut-être intéressant de creuser là où il y a vraiment accord entre les médias qui se prétendent critiques et les promoteurs d’artistes qui achètent de l’espace de pub dans ces médias.

    Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

  4. 4
    Loïc
    le Dimanche 16 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Bonsoir Kyra.

    Effectivement la critique en soi existe, mais elle me paraît en grande partie porter sur des sujets dits « faciles ». Tu évoques les têtes politiques; je trouve que les arguments que l’on entend contre certaines personnes sont les mêmes depuis assez longtemps. Prenons Mr Sarkozy (exemple facile je l’admets): bling-bling, petit, agressif, fait peur. Ok, ça on a assimilé mais moi j’attends autre chose, des analyses de fond. Mais je ne lis que trop peu d’articles dans les journaux à grand tirage qui réellement vont au fond des choses et dépassent le stade du superficiel ou du clivage droite-gauche. Hier dans le train je lisais Le Monde et franchement j’ai eu l’impression de lire un journal de gauche. Ce qu’il est à la base mais qui était devenu un peu plus centré depuis quelques temps à mes yeux. Quelques émissions tv continuent à essayer de garder une ligne éditoriale d’honnêteté totale mais la pression, qu’elle vienne d’un bord comme de l’autre, compromet certainement pas mal de ces tentatives… Arrêt sur images a été arrêté sur France 5, Karl Zéro est parti de Canal+… Tout ce qui a l’air de sortir d’une certaine ligne de conduite des médias est évincé progressivement (je dis pas qu’on est face à un immense complot politico-médiatique non plus). Des facteurs nous échappent évidemment, je n’ai pas la prétention de prétendre tout avoir saisi, loin de là, je ne peux que donner mon avis de citoyen-télespectateur-auditeur-lecteur.

    Mais revenons au domaine artistique. Pour ce qui est des blogs et des webzines la critique n’y est pas morte bien sûr, loin de là (la vraie critique hein, pas « Renaud c’est ring’ », « Sinik j’kiffe à mort », « Nothomb est un génie littéraire »…). Je parle dans cet article des critiques hautement médiatisés et qui ont un gros impact sur les masses, à savoir ceux que l’on voit sur les grandes chaînes et à la radio. Il y a 30 ans les débats littéraires étaient autrement plus passionnés et pertinents je trouve. Aujourd’hui dans la majorité de ses émissions on a l’impression de regarder l’Inspecteur Derrick au Salon du livre… Les gens trouvent ça rébarbatifs et préfèrent zapper sur Fogiel. C’est dommage.

    Oui, la critique sur internet existe. Le problème sur la Toile est que tout un chacun se croit investi d’un devoir suprême d’imposer sa vérité aux autres et de critiquer à tout-va, tout et n’importe quoi, sans se demander un dixième de seconde s’il n’est pas en train de refourguer ce qu’on lui a consciencieusement foutu dans le crâne. Je me fiche de l’avis de Jean-Paul sur le dernier album de X s’il se contente d’écrire qu’il est trop bien et qu’il faut absolument l’acheter parce que c’est un groupe qui révolutionne le monde de la musique.

    Heureusement, la résistance existe et même grandit, mais pas forcément là où je souhaiterais la voir s’exprimer. Ca va peut-être pousser les gens à davantage repousser les idées qu’on essaye de leur imposer via tv pour se tourner en masse vers des sources d’information alternatives telles qu’internet avec ses multiples webzines et blogs d’information… L’avenir nous le dira. Je suis assez pessimiste; trop peut-être. Et j’écris des commentaires beaucoup trop longs pour être lus…

  5. 5
    Loïc
    le Dimanche 16 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Dervish, ce que tu écris là me fait penser au Goncourt et aux liens avec les maisons d’édition. Mais évidemment dire que le Goncourt est truqué, ou que des critiques se voient imposer le silence sur certains artistes est une hérésie aux yeux de pas mal de monde.

  6. 6
    le Dimanche 16 mars 2008
    De passage a écrit :

    La pire des choses qui puisse nous (les 20-30 ans) arriver, c’est de nous placer sous le signe du « c’était mieux avant ».

    Je pense qu’il faut séparer 1)l’état de la critique
    2)des centres d’intérêt sur laquelle elle se porte.
    Ce que vous avez d’ailleurs fort justement fait avec Kyra dans vos commentaires.

    Médias inféodés à Sarkozy, aux recettes publicitaires, à tel ou tel multinationale / oui mais un paquet de chaînes de télé, de radios, de sites web qui portent tous autant de voix différentes et souvent dissonantes. La critique ne se porte pas bien mais mieux, indéniablement, qu’il y a 30 ans.

    Il y a 30 ans les émissions littéraires étaient de haute voltige ? Peut-être, oui, mais moi l’ORTF, la voix de l’Etat, ça me tente pas trop.

    Si tu veux de la substantifique moelle, tu n’as qu’a choisir, c’est pas compliqué.

    Les gens ne lisent pas moins de livres qu’avant. Nous avons la presse et les habitudes de consommation de presse (magazine et quotidienne) parmi les plus variées et assidues du monde. Notre tranformation en con sots mateurs n’est pas encore complète/

    Nous sommes tous les produits d’une éducation, d’un système scolaire, de médias, et quelque part notre jugement n’est jamais « un » mais se définit toujours EN PARTIE par nos expériences, quelles qu’elles soient. Il n’y a rien de nouveau là dedans, et nous ne sommes très certainement pas en train de réinventer le fil à couper le beurre.

    Après, là où la génération précédente s’abreuve en majorité d’un média hyper lourd et figé, nous nous en détournons peu à peu pour les joies d’Internet et de ses infinies possibilités d’information (gloire à Netvibes).

    Malgré l’avalanche de sujets à la con, de « consensuel », d’infotainment (et là dessus je partage ton inquiétude, lire ici :http://www.ecrans.fr/Sans-info-ajoutee,3630.html) il faut se garder de ne voir dans les autres, dans la masse, qu’un sujet subissant les voix extérieures (et celles de TF1 en particulier).

    Au fond, ce qui nous sépare les uns des autres et détermine notre critique et notre regard sur la critique, c’est notre capacité à aller chercher l’information pour la trier et l’interpréter. Là dessus, il n’y a pas mystère, c’est une question d’éducation et d’éducation à l’esprit critique, ainsi que de… qualités neuronales. Le problème n’est pas conjoncturel, n’est pas lié à une quelconque déliquescence des médias, mais est structurel et n’a pas attendu qu’on soit nés pour apparaître. Question que les hommes n’ont jamais été et ne seront jamais égaux (vis à vis de la culture).

    Cependant – et enfin – cela ne se réduit pas tout à fait, j’insiste, à des clivages entre ceux qui savent et « ceux qui ne savent pas ». Le libre arbitre, la personnalité ou le caractère, la culture ne sont pas que des notions abstraites mais existent bel et bien. Le monde et les gens sont infiniment plus compliqués que la « manipulation » vs « la résistance », « TF1 contre « moi », « capitalisme » contre « altermondialisme », « Jennifer de la Star Ac » vs « mon groupe préféré ». Les choses qui nous relient sont gérées par un tissu d’influences plus ou moins subtiles et importantes. C’est grâce au surplus du capitalisme que j’ai pu toucher des bourses et aller en fac. Le catalogue de distribution vidéo de TF1 est dantesque et comprend des titres qu’il ne passeraient jamais à l’antenne. On peut regarder TF1 et lire de la philo, aimer le pognon tout en faisant du bénévolat, lire Closer en étant cadre, etc etc. Perso j’ai un faible pour Elodie Frégé de la Star Ac, mais j’écoute de la trance goa. Et ce n’est pas parcequ’on a vanté Magali Vae à longueur de prime time que son album s’est vendu…

    Le monde fait peur, le comprendre est un éternel jeu du chat et de la souris, mais par pitié, gardons nous du « c’était mieux avant ». Fuck Pernault.

  7. 7
    le Dimanche 16 mars 2008
    De passage a écrit :

    Ce post fait suite à la news publiée sur Disco à la suite du Salon du livre, et à mon propre post ci dessus.

    D’après un sondage, « les « petits lecteurs » (ceux qui ont lu entre un et cinq livres au cours des douze derniers mois) sont de plus en plus nombreux: ils sont passés de 24% de la population en 1981) à 35% aujourd’hui. Parallèlement, la proportion de Français « grands lecteurs » (ceux qui déclarent avoir lu plus de vingt livres) diminue régulièrement depuis 1981: ils étaient 14% en 1981 et ne sont plus que 9% pour le moment, indique le sondage ».

    OOOOOoooops.

  8. 8
    Loïc
    le Dimanche 16 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Ah mais cher Mr (ou Melle) De Passage (auriez-vous des ancêtres dans la noblesse?) je n’ai rien contre TF1! J’irai même plus loin: les liens entre cette chaîne et le Président moi je dis peut-être. 6% de journalistes qui se disent de droite, est-ce que ça compense? :) Mais en fait la vérité c’est que ce débat me gave. Tant que dans Les Experts ou dans Las Vegas on ne verra pas Mr Sarkozy jouer à la roulette ça ne me posera aucun problème. TF1 est la chaîne hertzienne que je regarde le plus (égalité avec M6, si quelqu’un veut faire un sondage sur mes habitudes télévisuelles). Ca m’empêche pas de m’informer relativement correctement je pense, donc ça va.

    Je dois en revanche te contredire sur un point, Mr/Melle Jenesuisque: les Français semblent cependant bel et bien moins lire, si j’en crois ce sondage: http://www.discordance.fr/+Culture-Les-francais-lisent-moins+.html#439 (lien provenant d’une news fraichement postée sur Discordance). Cela dit avoir une large diversité de magazines n’indique pas grand chose. Je signale que dans la presse et les magazines on a quand même Paris Match, Closer, Gala, Guts, Oops, etc. Evidemment que le public n’est pas fait d’abrutis, ils savent exercer leur esprit critique, je serais qui pour dire le contraire? Mais… Suffisamment? Sur les bons sujets? Voilà ce qu’il faut se demander.

    Mais encore une fois je parlais des critiques apparaissant dans les médias, pas vraiment de la capacité des jeunes à exercer leur esprit critique…

    En attendant, je trouve bel et bien que sur certains points c’était « mieux avant ». A une époque où les instit’ se prenaient pas des brosses dans la gueule et où les jeunes se levaient quand un prof arrivait par exemple. Je ne pense pas que le « mieux avant » soit un gros mot. Pour moi une société doit savoir avancer tout en sachant préserver les qualités du passé.

    Les gens laissant des commentaires pourraient-ils signer? Ca me fait bizarre de répondre à des inconnus. Merci.

  9. 9
    Loïc
    le Dimanche 16 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Ah tu m’as devancé je vois ;) Ce sondage est inquiétant non?

    Bonne soirée en tout cas!

    L.

  10. 10
    le Mercredi 26 mars 2008
    Pascal a écrit :

    Suis assez d’accord avec Kyra sur le fait que la critique n’a jamais été aussi facile et omniprésente. Une véritable cacophonie qui a explosé sur le net où chaque identité virtuelle se croit obligé d’étaler toute la platitude de son argumentaire pour avoir l’impression d’exister….

    J’ai l’impression que ce que tu décris Loic, ne s’applique qu’aux médias traditionnels. D’ailleurs pas mal de médias webs ne font que reproduire des schémas traditionnels….

    La principale qualité à avoir ne sera plus d’avoir un esprit critique mais plutôt d’avoir un esprit de synthèse capable de trier et de traiter cette information omniprésente et sans fin.

    Soderqvist et Bard ont bien décrit le phénomène en faisant la distinction entre nétocrate et consumtariat (Cf http://en.wikipedia.org/wiki/Netocracy)

  11. 11
    Loïc
    le Mercredi 26 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Je suis d’accord Pascal, la critique se fait de plus en plus présente sur internet. Je parlais effectivement dans cet article des critiques que l’on peut voir à la télévision ou entendre à la radio.

    Sur internet c’est un autre problème, car s’il y a bel et bien de la critique ce n’est plus le même concept : on n’est plus dans la critique argumentée de la personne qui connaît ses dossiers, on se retrouve confronté au simple avis d’une personne, avis dont généralement on se fiche royalement d’ailleurs. Tout un chacun se croit obligé de donner son opinion sur tel ou tel sujet, qu’il soit apte à le faire ou non.

  12. 12
    le Jeudi 27 mars 2008
    De passage a écrit :

    Salut Loïc,

    Une coupure intempestive de ma ligne Internet m’a contraint de te laisser dans le vent pendant un moment, mais sache que le coeur y était.

    Je suis un homme, n’ai pas de lien avec la noblesse, suis grosso modo d’accord avec ta chronique et ton commentaire n°8 (fais attention, l’abus de TF1 nuit gravement à la santé :) , et j’en profite pour vous féliciter sur la nouvelle maquette plus claire.

    En revanche, pardonne moi de continuer à signer De passage, mais décidément, je kiffe, même si j’entends devenir lecteur permanent. A la rigueur, appelle moi DP, comme Damien Patrick ou Dalida Poutre (et pas Dossier de Presse, hein…).

    ^^

  13. 13
    le Vendredi 28 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Il n’y a pas de mal quant à ton « absence » ^^

    La remarque sur la noblesse était une boutade comme tu l’auras compris, qu’on ne m’accuse pas de pratiquer une quelconque discrimination selon l’origine sociale de nos lecteurs :)

    J’ai vu qu’effectivement tu aimes signer De Passage, soit, c’est ton droit, mais je comprends également que certains auteurs d’articles, moi le premier, préfèrent discuter avec quelqu’un dont ils connaissent le prénom si possible. Cela « humanise » le débat en quelque sorte, même si au final nous resterons des anonymes les uns envers les autres.

    Et je suis bien d’accord avec toi l’abus de TF1 peut être nuisible pour la santé :) Tout comme l’abus de télévision tout court à vrai dire. J’en profite pour signaler qu’un excellent bouquin existe, écrit par Chloé Delaume, sur la télévision et ses effets : « J’habite dans la télévision ».^^

    Loïc

  14. 14
    Trots
    le Vendredi 28 mars 2008
    trots a écrit :

    Mouaais, mais il me semble quand même que la critique ne se résume pas à l’esprit critique… C’est bien beau les amis de bien s’informer, de consulter des medias alternatifs (internet ou autres) et de penser tout plein de choses méchantes sur l’actualité, la technocratie politique, la télé et les groupes pourris, mais c’est trop facile de faire tout ça devant son ordi, « calé au fond de son canapé ». Et ça me saoule un peu des répliques lyriques (kyriques?) à souhait comme « la résistance, elle, n’a pas fini de gronder, même en silence », parce que, Mme Kyra et les autres, quand est-ce que vous vous bougez le c..???

  15. 15
    le Vendredi 28 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Je vais répondre pour moi : je me bouge le cul quand ça a des chances de servir et quand je suis certain d’avoir compris les tenants et les aboutissants.

    Je ne vois pas comment nous pourrions changer quoique ce soit à ce que cet article tente de décrire… Si je me présente au siège de TF1, de France Télévisions ou d’Europe 1 je doute d’être entendu (et c’est bien normal). Pour ma part ce qui me saoule c’est plutôt les gens qui prétendent qu’on peut changer les choses si on s’y met tous ensemble etc etc., et ce pour une raison très simple : c’est faux. Le système est ce qu’il est, préparez-vous je vais reprendre un grand cliché : l’argent dirige le monde. On ne va rien changer, on aurait beau faire toutes les manif’ possibles et imaginables que ça ne servirait toujours à rien. Mais si quelqu’un a une idée pour remédier à ce que j’ai essayé de dépeindre, je suis toute ouïe.

    Mais l’action ne commence-t-elle pas de toute façon par l’information? [Je précise au passage que je ne pense rien de mal de la technocratie.] Mais si se bouger le cul c’est aller se faire emprisonner vainement en Chine, pour prendre un exemple d’actualité, je préfère rester « calé au fond de [mon] canapé » comme tu dis Trots et attendre d’avoir un minimum d’influence pour bouger; c’est dans les « hautes sphères » que ça se passe et ce sont ceux qui y sont qui peuvent agir.

    Je suis plutôt du genre terre à terre et je pense qu’il faut commencer par toucher les gens dans leur vie de tous les jours, en écrivant des articles susceptibles de les faire réfléchir par exemple. Tout simplement. C’est comme ça que ça avancera. J’essaye de le faire lorsqu’un sujet s’y prête, de créer un échange d’idées et une véritable discussion, je pense que c’est la bonne voie. Ca n’engage bien évidemment que moi.

  16. 16
    Pascal
    le Vendredi 28 mars 2008
    Pascal a écrit :

    @Trots, effectivement tout ça manque parfois de sueur, pour reprendre les mots de quelqu’un d’autre. Le net est un vecteur de communication. Rien de plus. Rien de moins.

    @Loic. Faut t-il être en dehors ou à l’intérieur du système pour le combattre ? Un peu trop réductrice comme question. Les exemples de combat et d’actions réussies existent dans les deux cas…

  17. 17
    le Vendredi 28 mars 2008
    Loïc a écrit :

    A vrai dire je ne crois pas vraiment aux actions destinées à « changer le système », encore plus lorsqu’elles proviennent de l’extérieur. Mais à quoi fais-tu référence lorsque tu parles de combats et d’actions réussies?

  18. 18
    le Vendredi 28 mars 2008
    bruno a écrit :

    moi j’aime le com 10 avec un lien sur une partie en anglais……il est vrai qu’avec cela on va vachement progresser sur le fond!!!un bon exemple venant illustrer le thème du débat??

  19. 19
    le Vendredi 28 mars 2008
    kyra a écrit :

    Trots, continue sur ce ton si tu veux, je m’en moque. Tu ne connais pas ma vie, et je ne t’ai pas attendu pour me bouger le cul. Contrairement à toi, mes propos ne sont pas teintés de méchanceté. Prends en de la graine. Bonsoir.

  20. 20
    le Vendredi 28 mars 2008
    Loïc a écrit :

    @ Bruno : un bon exemple pour illustrer l’absence de réelle critique à la tv? A part Naulleau et Zemmour sur Fr2, quels sont les critiques qui donnent des avis très négatifs sur un bouquin (ou autre) et qui se font régulièrement insulter à cause de ça? Aucun nom ne me vient et je ne pense pas qu’il y en ait des masses. Et s’ils se font insulter par des artistes c’est je crois justement parce que ces derniers sont un peu trop habitués aux compliments.

  21. 21
    Pascal
    le Samedi 29 mars 2008
    Pascal a écrit :

    @Bruno: Pardon. Mais l’article n’existe maheureusement pas en français dans le texte sur fr.wikipedia.

    Voici quelques liens en français sur le sujet:

    http://www.chronicart.com/webmag/article.php?id=1436
    http://standblog.org/blog/post/2008/02/03/A-propos-de-Netocratie

    Et je ne peux que vous conseiller la lecture du dossier très complet dans le numéro papier du Chronicart du mois de février.

  22. 22
    le Samedi 29 mars 2008
    Loïc a écrit :

    Quand Bard et Söderqvist annoncent (http://www.chronicart.com/webmag/article.php?id=1438) que la Netocratie signera la fin du capitalisme et de l’Etat-nation, j’émets quelques réserves. Comme le dit Adam Greenfield avec l’exemple de Google il n’y a pas encore eu de franche rupture avec les sociétés capitalistes et le gouvernement.

    Ils font en outre référence à un article du Times, « The Death of French Culture ». Je n’avais pas eu connaissance de cet article du Times (disponible sur son site web) qui est à mon sens un ramassis de c… Y a qu’à voir le metteur en scène français Arthur Nauzyciel invité par l’American Repertory Theater (Cambridge, Etats-Unis) pour faire jouer son « Jules César ». Je viens de trouver un article du Nouvel Obs’ qui procède à une analyse plutôt pas mal de cet article : http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/11/27/death-french-culture. Mais je m’éloigne du sujet qui nous intéressait, désolé. Je ferme la parenthèse.

  23. 23
    le Mercredi 29 octobre 2008
    Loïc a écrit :

    Un petit commentaire pour signaler l’article de Dahlia (http://www.ohmydahlia.com/blog/wp-trackback.php?p=947) au sujet du Jourde & Naulleau. Dans cet article vous trouverez l’extrait de leur interview ainsi que des liens vers des extraits du livre. Enjoy!

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