La Caravane Passe | La Maroquinerie | 08.11.2012

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Si vous avez choisi de lire cet article, il y a de grandes chances que vous vous accordiez sur au moins une réalité : la chanson française est très loin de se limiter à celle qu’on entend à la radio.

Dans la vaste étendue de ceux qui font de la musique, mais qui vivent de live, voici un groupe dont le nomadisme et le métissage des genres sont les mots d’ordre. Nos 5 musiciens-chanteurs-vadrouilleurs sont en effet de retour avec un nouvel album, dont le titre parle de lui-même Gipsy for one day. Pour le présenter, ils étaient à la Maroquinerie voilà quelques jours, récit d’un concert moustachu…

Dès leur arrivée sur scène le groupe donne le ton : les cuivres vrombissent, la guitare côtoie le banjo, la double pédale roule en continu et c’est toute la Maroquinerie qui se met à trembler sous les jumps effrénés de la foule. Un public de vrai fan qui n’aura pas oublié les accessoires si chers à nos gipsys des temps modernes : une chapka et une jolie moustache.

Une intro balkane à souhait qu’ils enchaînent avec Gypsy for one day, titre phare de leur nouvel album. Le concert sera d’ailleurs essentiellement dédié à la promo de leur nouvelle galette avec des morceaux ballade comme Rame dans le métro et Rom à Babylone aux paroles à la cruelle beauté et d’autre avec ce style rock festif qu’on leur connait si bien tel que T’as la touche Manouche ou encore Strip tease Burlesque  et I wanna be your Slave qui seront accompagnés d’une exquise danseuse orientale au jeu de hanche aussi précis que sexy.

Des nouveaux morceaux donc, mais sans oublier les bons vieux tubes qui ont fait la réputation de la Caravane comme les incontournables Salade Tomate OignonZinzin Moretto ou encore La Moustache. Rachid Taha, « le père spirituel » du groupe comme le présente Toma, ne manquera d’ailleurs pas à l’appel pour le morceau Perdu ta langue, moins sexy que la danseuse certes, mais tout aussi exquis dans son genre. On aura même le droit à une courte leçon de chant arabe, visiblement complètement improvisé vu comme les membres du groupe écarquillent des yeux comme des soucoupes face à ce grand-père qui arrive à faire chanter un yaourt arabe à toute la Maroquinerie en quelques minutes.

Que les fans ne s’inquiètent pas, nos 5 compères ne sont pas en reste pour ce qui est de faire danser le public, que ce soit bras dessus bras dessous dans une ronde festive et gitane ou en mode à 2 sur le titre Faut du slow, où de purs inconnus se retrouvent à danser en couple version la Boum.

Mais un concert de la Caravane Passe ne serait pas le même si la fanfare et le public ne se mélangeaient pas à un moment ou à un autre. Le rappel nous offre alors une arrivée de cuivres en tout genre, émigrés des Touffes Krétiennes et des Ogres, qui s’élancent dans le public pour un ultime Bulibasha.

Un concert à la hauteur de la réputation du groupe et qui révèle de plus un nouvel album toujours aussi engagé. Preuve que les chiens ont beau aboyer, la Caravane n’a pas fini de passer.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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