La 4ème Vague de la Japan Expo déferle à Marseille

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Pour la 4ème vague de la Japon Expo Sud, Marseille n'a fait que confirmer les tendances parisiennes soulignées depuis plusieurs années : la culture nippone explose en hexagone et le public, à mi chemin entre le fanatisme et la curiosité, se laisse vite embarquer dans cet Autre Monde.

Étalée cette année sur trois jours, du 2 au 4 mars, la Japan Expo Sud a parfaitement réussi son implantation dans la cité phocéenne, et ce depuis 2009 : 25 000 personnes pour la première édition, 29 000 pour la seconde, plus de 35 000 l’année dernière alors que les estimations de cette 4ème vague dépassent le seuil des 40 000 visiteurs. Comme leurs homologues parisiens, l’affluence des participants est ainsi révélatrice d’un nouveau phénomène de mode. Une mode culturelle soit, mais qui pousse surtout à affirmer sans crainte que le XXIème siècle rime bien avec choc des cultures.

Dans un parc Chanot infiltré par une flopée d’Anonymous, le spectacle a une nouvelle fois été au rendez-vous. Baigné dans cette ambiance à la fois particulière et sucrée, le public, lui, n’a guère hésité à enfiler ses plus beaux costumes. Là où le simple mortel va se demander ce qu’il peut bien ficher ici, les nombreux amateurs de mangas ou de jeux vidéos dévoileront sans gène leur face cachée. Véritable défilé d’héroïnes de mangas ou de jeux vidéos, les « personnages » ont envahis les allées édulcorées dans une journée de samedi de folie. De Mario à Sonic pour les incontournables à l’unité complète tout droit sortie d’un Call Of Duty, il y en avait pour tous les goûts. Du côté des mangas, c’est toute la clique à One Piece qui tient la barre. De la combinaison latex à la minijupe, les traditionnels « free hugs » (en passant par quelques « free eggs ») ont bien sûr été de sortie.

Au-delà de ces scènes étranges et indispensables qui se répètent finalement tous les ans, les curieux (ou fans !) ont surtout pu se délecter de la présence sur le salon d’un grand nom pour la génération des 80′s, un certain Nobuhiro Okaseko. Vous n’avez pas fait le rapprochement ? Presque un symbole pour la cité phocéenne, c’est le célèbre chara-designer de Captain Tsubasa (de la série Olive et Tom non de nom !) qui était au rayon des invités d’honneur. Les séances dédicaces ayant été littéralement assiégées, les déçus ont pu aller se contenter chez un autre invité atypique : dans un autre registre, l’humour de Marcus a d’autant plus été apprécié. Comment ça vous ne voyez pas qui est Marcus ? Marcus, animateur emblématique sur la chaine Game One, présente notamment l’émission Rétro Game One, consacrée  à l’histoire du jeu vidéo et à ses hits mythiques. Fidèle à lui-même et très décontracté, Marcus s’est prêté au jeu du public tout en dédicaçant son ouvrage, « Nos jeux vidéos des années 70-90″, en compagnie du stand des No Life. D’ailleurs, battle assez comique entre les deux hommes, le Joueur du Grenier a présenté les jeux les plus agaçants sur lesquels tout bon gamer a du s’arracher les cheveux au cours de ses longues parties d’angoisse. Par dépit ou dégoût, à chacun son désarroi. Toujours vêtu de sa traditionnelle chemise hawaïenne, on peut dire que le Joueur du Grenier et Marcus formaient bien la paire !

Quand les cheveux roses des uns deviennent trop embarrassants, les autres se concentrent dans le vaste espace consacré aux jeux vidéos. De la figurine à la collection complète, les attractions s’orientent plus autour du rétro que dans les grosses machines actuelles next gen. Les tournois sur Wii ou DS ont attiré les fidèles gamers, mais les batailles sur les consoles rétro ont été d’une intensité démoniaque. Quel bain de jouvence lorsque deux gamers s’acharnent sans pitié pour se départager sur un certain…Street Fighter sur la Super Nintendo ! Les Pong ou encore les jeux sur Atari ont su, encore, attirer les foules. Indémodable Mario, increvable Star Wars, il y avait aussi un choc des générations au Parc Chanot.

Image de L'incontournable Yoshi

Vous devez aussi vous demander si les penchants geeks, plus ou moins enfouis en chacun de nous, ont finalement volé en éclats lors du salon ? Oui, sans aucun doute. La centaine d’exposants offrait un éventail de choix assez déconcertant : du manga neuf ou d’occasion, en passant par des figurines en résine, les stands ont rendu leurs prix élastiques. Du simple gadget à la gamme complète de produits dérivés, les héroïnes japonaises littéraires, télévisuelles ou vidéo ludiques n’auront plus aucun secret. Vous avez toujours rêvé d’avoir des pantoufles Yoshi ? Alors votre rêve a du devenir réalité ! Non, plus sérieusement, les collectionneurs ont dû s’en donner à cœur joie.

D’ailleurs, entre les nombreux allers-retours dans les allées, la Japan Expo a ainsi cherché à créer l’ouverture : en inscription libre, des animateurs encadraient de nombreuses sessions autour de divers arts martiaux, jeux de société ou cours de cuisine. Apprendre à faire un manga ou tout simplement être dessiné comme si votre vie était un manga, les activités n’ont pas manqué. De la création à l’imagination, la Japan Expo est aussi le salon du plaisir. La découverte toujours en ligne de mire, les déplacements étaient faits en sorte que l’ensemble du site soit ratissé au peigne fin : un crochet indispensable par le jardin (très) zen du salon finissait par donner sur plusieurs ambiances : la salle vidéo a permis aux visiteurs de suivre des épisodes de Hate To Lose, Galactik Football, Naruto Shippuden, Noob, Black Rock Shooter (pour ne citer qu’eux) projetés sur les écrans. De l’autre côté, un karaoké géant faisait vibrer la foule. Et dans l’autre bâtiment, c’était du rock à souhait : la pop sucrée de HITT, mais surtout le fléau Aki Akane qui a littéralement mystifié le public en compagnie de Dj Livetune, visiblement très en verve au Japon. Aki Akane, jeune chanteuse et dessinatrice au style hurlant, s’est payé le luxe de faire une session de dessin live en plein set de Dj Livetune ! En perpétuel mouvement et renouvellement, la Japan Expo a, une nouvelle fois, su charmer son public. Incontestable.

Trois jours hauts en couleurs, où tout ne peut évidemment être cité. Pourtant une mention spéciale peut être accordée aux cosplay show déjantés ou à la bande délurée de Noob, qui, chacun à leur tour, ont réveillé la part geek qui sommeille en nous. Loin des clichés, la Japan Expo Sud, même si l’échelle est plus restreinte que sa grande sœur parisienne, est encore un grand succès. Le dépaysement, lui, est total.

Pour ceux qui auraient raté la Japan Expo Sud cette année, une session de rattrapage a lieu à Paris du 6 au 8 juillet 2012 pour la 13e édition. Plus qu’un rattrapage, du fait de son standing quatre fois supérieur à celui de Marseille, la liste des invités promet d’être prestigieuse. En tous cas, cette année, la barre des 200 000 personnes devrait être franchie. La machine est en route.

Crédits photos : Cédric Oberlin et Olivier Campredon

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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