L’Etrange Histoire de Benjamin Button

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Deux ans après son excellentissime Zodiac, David Fincher est de retour pour L'Etrange Histoire de Benjamin Button, adapté d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald. La tendance à expérimenter des effets visuels percutants de l'époque de Seven ou Fight Club a disparu au profit de la sobriété et de la maturité, mais le talent, lui, est toujours au rendez vous.

button-2Datant de 1921, l’histoire relate donc la vie de Benjamin Button ( Brad Pitt ), venu au monde avec l’apparence et les tares d’une personne de 100 ans (organes moribonds, arthrite, etc.). Il est donc « naturellement » abandonné par son père, pris de panique, sur le palier d’une maison et recueilli par la gouvernante noire d’une maison de retraite. Élevé au milieu des pensionnaires, il mène une vie calme de retraité, mais un retraité de 5 ans. Confronté au quotidien à la mort des résidents, Benjamin, rajeuni au fil des jours. Ponctuée de rencontres diverses et variées sa vie calme ne le satisfera plus très longtemps et le conduira à découvrir le monde qui l’entoure dès que ses jambes lui en offrent la capacité.

La narration de la première partie du voyage de Benjamin rappelle un peu Forrest Gump, c’est-à-dire des rencontres et des expériences d’une personne à l’apparence adulte mais avec le regard d’un enfant. Rien d’étonnant à cela, car la réécriture de la nouvelle a été confiée à Eric Roth, scénariste du film susnommé. Mais contrairement au personnage du film de Zemechis, notre héros comprend et apprend vite. Plus son corps rajeunit, plus son esprit, lui, prend de la bouteille et prend vite conscience du paradoxe de sa vie. Paradoxe mis en exergue par le personnage de Daisy ( Cate Blanchett ), petite fille d’une des pensionnaires de sa maison d’adoption et seul véritable lien avec la réalité du monde qui l’entoure.

Au-delà de l’histoire et des thèmes de réflexion qu’elle génère, le film est un petit bijou de mise en scène et de montage. Malgré les 2h30 du film, ni longueur, ni lenteur, le rythme est calé sur le développement du personnage central. En ce sens que plus le temps passe, plus Benjamin rajeunit, et plus le déroulement de son histoire s’accélère. Nos émotions subissent donc le même crescendo que le corps du héros. Le tout étant amplifié par la qualité des maquillages et des effets spéciaux liés à la transformation de Brad Pitt . Les premiers temps, le personnage ressemble plus ou moins à tous les petits vieux que nous connaissons, mais au fur et à mesure, se dessine le visage de Brad Pitt sous les rides. On est déjà impressionné par la subtilité du maquillage, mais dans la dernière partie le phénomène en est bluffant, on retrouve vraiment le visage de Brad Pitt à l’époque de Et au milieu coule une rivière , c’est-à-dire il y a une quinzaine d’années. La qualité de ce travail est également vraie pour les autres personnages, notamment Cate Blanchett glissant doucement de l’adolescence à la quarantaine bien tassée en toute discrétion.

S’ajoutent à ce travail de qualité, des prestations d’acteurs sublimes. Des scènes où la sobriété et la discrétion de la caméra de Fincher permettent au duo Pitt /Blanchet t, d’exprimer tout leur talent pour évoquer cet amour condamné à court terme. Un grand bravo également pour les musiques d’ Alexandre Desplat, sobres et envoûtantes, à qui l’on doit déjà les partitions de L’Ennemi intime ou encore La Boussole d’or . Un petit français qui n’a pas fini de ravir nos oreilles.

Fraichement oscarisé pour ses effets visuels, maquillages et décor, l’Etrange Histoire de Benjamin Button loupe le coche du meilleur film, acteur, réalisateur, mais n’en reste pas moins un film brillant, poétique et qui à travers son personnage nous offre une vision décalée du monde qui nous entoure et de la notion figée du temps qui passe.

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3 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 27 février 2009
    GHALI EMTIL a écrit :

    CE FILM EST EXELLENT ON DEVRAIT COUVRIRE D OR CE LUI QUI LA FAIT. LES EFFETS SPECIAUX ETAIT MAGNIFIQUE :J AIMERAIT VOUS POSEZ UNE QUESTION:COMMENT VOUS AVEZ FAIT POUR RAJEUNIRE bENJAMIN BOTTUM.

  2. 2
    le Dimanche 15 mars 2009
    IronJ a écrit :

    **No comment pour le commentaire précédent… (/me va se pendre)**

    Un très bon film en effet, auquel il manque peut-être un léger côté fantastique tel qu’on le trouve dans « la ligne verte » par exemple et qui aurait apporté encore une autre dimension au film. Une histoire emprunte de fantastique tournée à la limite du cartésianisme, avouez que c’est dommage !

  3. 3
    VIOLHAINE
    le Lundi 16 mars 2009
    VIOLHAINE a écrit :

    Oué, je suis d’accord avec IronJ, j’aurais voulu plus de surnaturel là-dedans… Je trouve que sa « maladie » aurait gagné en étrangeté, là où en fait elle passe un peu comme une lettre à La Poste !
    Et puis contrairement à toi PaD, j’estime que les 2h30 du film ne sont pas justifiées… Pas mal de longueurs auraient pu être évitées, tout comme les énormes changements apportés à la nouvelle originale…
    Ceci dit, j’ai tout de même passé un bon moment. Acteurs, propos et effets visuels sont excellents.

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