L’Envolée Sauvage

par Antoine|
A peine sortie de l’enveloppe blanche dans laquelle elle a voyagé jusqu’à nous, l’Envolée Sauvage surprend déjà. La couverture est sobre, le dessin est net, le coup de crayon semble expressif et dynamique, l’ensemble est prometteur…

envoleeLes yeux parcourent la bande dessinée, les doigts en apprécient la forme, la texture, puis vient le moment d’ouvrir le volume. Apposé sur une page de garde en kraft, un tampon « service de presse » attire l’oeil. Au même moment se dégage doucement une agréable odeur de livre neuf. Le charme opère. Il s’agit maintenant de se plonger dans l’histoire de ce second tome de l’Envolée Sauvage, d’en tourner les pages, et qui sait, peut-être de même de dévorer la bédé.

Hiver 1941. Simon est jeune. Mais c’est la guerre, et ce petit bonhomme passionné par les oiseaux, est juif. Traqué, il se cache dans la montagne, aidé par de braves villageois. Mais, même perdu dans la neige des hautes altitudes, la traque continue, la milice le chasse.

Un homme aide Simon. Il est résistant. Mais la résistance elle aussi est poursuivie, elle manque de moyens de communications, et ne parvient plus à faire parvenir les informations nécessaires à l’organisation des sabotages. Commence alors une collaboration d’un nouveau genre, entre des résistants et l’enfant qui parle aux oiseaux. Une coopération à base d’entraide, de confiance et de pigeons voyageurs, qui n’empêchera cependant pas la milice de retrouver Simon, et de le déporter, comme tant d’autres.

L’Envolée Sauvage, c’est l’histoire de Simon, juif, ami des oiseaux, enfermé dans un camp de concentration, dans des conditions tristement célèbres. Mais la vie du garçon va changer le jour où il apprendra que le commandant du camp a des autours, des rapaces aux serres acérés qui font régner la terreur sur le camp. Il décide alors de remettre sa vie dans les mains du commandant contre les bons soins qu’il pourra apporter à ses oiseaux. C’est à cet instant que commencera la véritable Envolée Sauvage .

L’Envolée Sauvage de Galandon & Monin, c’est une oeuvre dessinée avec soin, de façon moderne, et qui raconte une histoire passée, toujours si présente. Le trait de crayon est précis, mais donne une sensation de flou, donnant aux personnages leur caractère, et à l’histoire son identité.

Verticales, horizontales, carrées, rectangulaires, petites ou grandes, les planches racontent une histoire triste mais réellement empreinte d’espoir. Sombres, ou volontairement ternes, les couleurs renforcent l’aspect grave et insupportable du contexte dans lequel se passe l’aventure. L’ensemble donne un mélange de courage, de tendresse et de solidarité sur un fond d’atrocité et d’horreur humaine.

L’Envolée Sauvage, c’est une histoire émouvante, prenante, qui trouvera sa place dans les bibliothèques des plus jeunes et des moins jeunes, de ceux qui ont connu la guerre, de ceux ce qui n’étaient pas encore là pour la vivre, et de ceux qui ne la vivront jamais que dans les manuels d’histoire.

Plaisir de fiction bédéphile ou devoir de mémoire ? Aucune réponse à cette question. Mais dans les deux cas, l’Envolée Sauvage est une référence à ne surtout pas manquer.

Parole de lecteur.

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Preview: http://www.bamboo.fr/preview_envoleesauvaget2.php3

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