L’Enfant des cimetières – Sire Cédric

par Arno Mothra|
Figure emblématique de la scène gothique française, Sire Cédric, également leader vocal du groupe death metal Angelizer, se démarque du microcosme littéraire en proposant depuis 2005 des livres audacieux, principalement tournés vers la fantasmagorie, plutôt difficiles à classer.

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Commence alors pour David et son impétueuse collègue, Aurore, une enquête haletante où vont s’enchaîner meurtres et suicides pour le moins étranges. En bons journalistes d’investigation, tous deux se lancent, avec l’aide du commandant de police Vauvert, sur les traces de Nathaniel, un enfant démoniaque, déjà soupçonné d’être à l’origine du double homicide de ses parents. Mais qui est ce Nathaniel, d’où vient-il et surtout que cherche-t-il ? David, qui n’a plus rien à perdre, est prêt à tout pour venger son amour quitte à se perdre dans les méandres de la folie. »

Après Dreamworld en 2007 – recueil de nouvelles fantastiques au summum d’une plume affûtée, plus ancrée dans la thématique du rêve – Sire Cédric livre avec L’Enfant des cimetières un condensé extrême de tous ses thèmes de prédilection. Armé de moires insaisissables, mais également d’un humour attachant (quoique distillé au compte-goutte), l’écrivain pousse ses obsessions cauchemardesques au paroxysme, installant une tension sèche à chaque chapitre et alternant entre naïveté enfantine et violence exacerbée.

En mélangeant les genres (fantastique, thriller, épouvante, polar, fantasy), Sire Cédric déploie une force d’écriture chargée d’imagination et libérée de tous les tabous, sans la moindre concession. Beaucoup plus influencé par la culture américaine que par la niaiserie typiquement française, l’auteur de Déchirures dépeint à travers une légende urbaine, celle de « l’enfant des cimetières », les peurs les plus troubles de l’homme, divisées selon les différentes étapes du rêve (terreurs nocturnes, paralysie du sommeil). Dans l’encre de Sire Cédric, tout devient palpable : les sensations, les parfums, les sentiments, les goûts, les perceptions, les températures, apportant à l’écriture une richesse rare et passionnante. À tel point qu’il en devient difficile de refermer l’ouvrage avant la dernière ligne, malgré les 430 pages.

L’Enfant des cimetières se perçoit tel un grand film de cinéma, dont l’auteur livre un scénario brillant et complexe à ses lecteurs, leur laissant le loisir de se transformer le cortex en pellicule et bande sonore en émoi. Si l’abondance d’une imagerie gore entretenue dans quelques scènes rebutera un certain lectorat, on ne pourrait qu’encourager ce même lectorat à découvrir un style quelque peu à la traîne dans notre pays, maquillé pour l’occasion d’un coloriage riche en fantasmagories. Un suspense entretenu avec brio jusqu’à la fin du roman, parfaitement adéquat pour accompagner et noyer vos nuits blanches .

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L’Enfant des cimetières, Sire Cédric, Editions Le Pré aux Clercs, 2009, 430 pages

Site officiel : http://www.sirecedric.com

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