L’amour au temps du cholera

par Trots|
Ce film aurait pu s'appeler La Chute (de Mike Newell). Il aurait pu recevoir l'Oscar du plus mauvais maquillage de l'année. Quatrième adaptation d'une oeuvre de Gabriel García Marquez, l'Amour aux temps du choléra n'a rien d'une réussite.

choleraCartagena, Colombie, fin du XIXe siècle. Florentino, jeune homme sans fortune, tombe follement amoureux de la belle Fermina . Le père de celle-ci décide de les séparer en éloignant Fermina de Cartagena. A son retour, celle-ci épouse le docteur Urbino, qui a réussi à contenir l’épidémie de choléra. Florentino, ayant fait le voeu de rester éternellement fidèle à Fermina, devient un homme à femme, en attendant une seconde chance avec sa belle.

Le casting est prestigieux, mais même les meilleurs acteurs ne parviennent pas à tirer leur épingle du jeu. Javier Bardem ( Florentino ), pourtant parfait dans la quasi-totalité de sa filmographie et dirigé par les plus grands réalisateurs ( José Juan Bigas Luna, Pedro Almodóvar, Alejandro Amenabar et prochainement les frères Coen ), peine à convaincre malgré son talent. Giovanna Mezzogiorno ( Juste un baiser, La fenêtre d’en face ), dans le rôle de Fermina, et Benjamin Bratt ( Planète rouge, Traffic ), dans celui du Docteur Urbino, se contentent du minimum acceptable.

Quant au réalisateur Mike Newell, pourtant auteur de plusieurs productions considérées comme des oeuvres cultes, dont Quatre mariages et un enterrement et Donnie Brasco, trébuche ici lourdement. Certes un roman de García Marquez n’est pas chose facile à adapter sur grand écran, mais on ne s’y attelle pas sans être sûr de son coup.

La maladresse la plus flagrante du film réside dans un maquillage grotesque qui ôte toute crédibilité au jeu des acteurs. Newell a choisi de faire jouer l’intégralité de la vie des personnages à un acteur unique (sauf pour Florentino, joué par Unax Ugalde puis Javier Bardem ). Les vieux Fermina et Florentino de la fin du film ne sont plus que d’horribles pantins de latex et fond de teint, qui n’ont rien à envier aux Guignols .

Le tout rehaussé par une version française exécrable, rendant les dialogues parfois ridicules. Et un film long, bien trop long (2h10), qui ne tient pas le spectateur en haleine une seule seconde.

A noter toutefois, deux scènes qui transgressent les règles de la morale cinématographique bien-pensante : celle où Florentino est victime d’un quasi-viol à la sauvette de la part d’une jeune femme inconnue, et une scène de sexe entre deux sexagénaires, choses assez rarement filmées qui méritent donc d’être soulignées.

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Myspace: http://www.myspace.com/litc_film

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