Kruger : la gloire, au moins

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Après Redemption Through Looseness en 2007, Le combo post-métal Kruger revient avec un quatrième disque, For Death, Glory, and the End of the World. Celui de la gloire? On l'espère.

Image de kruger Mettons tout de suite les choses au clair : il y a un monde entre la musique et l’esprit de Kruger. Aussi, ne cherchez pas de significations là il n’y en a pas : la dénomination « Kruger » ne signifie rien – un concours a même été lancé pour aider ses membres à répondre à l’éternelle question « pourquoi ce foutu nom ? » – les titres des disques et des chansons sont souvent des blagues et le chanteur porte une moustache parce qu’il trouve ça beau et confortable (j’imagine). « C’est assez amusant de constater le nombre de gens qui prennent nos facéties au sérieux, en imaginant un concept philosophique derrière chacune de nos boutades, alors qu’on fait (il me semble !) des efforts démesurés pour montrer qu’on se vautre dans le 2ème ou 3ème degré » s’est étonné le chanteur Reno, dans une interview publiée sur le site Core and co.

Pour autant, depuis 2007 et Redemption Through Looseness, Kruger est passé dans la cour des grands. Sa page Myspace, la signature chez Listenable Records, son prosélytisme forcené – Kruger est présent sur Myspace, Facebook, Deezer, Last fm, Twitter – les sponsors, les tourneurs sont là pour le montrer. Le temps où le groupe signait ses disques via son propre label, Rrrecords, est bien révolu.

Musicalement, c’est une autre paire de manche. Kruger évolue dans un style sombre aux confins du post-métal et du métal mathématique. Plus précisément, For Death, Glory and the End of the World noie des rythmiques décousues dans un flow chaotique de saturations et de mélodies. Le son est parfaitement maîtrisé, mais volontairement poisseux et là dessus, un chanteur à la voix atypique s’affaire en laissant sans cesse traîner ses hurlements. En somme, For Death… n’est pas bien différent de son prédécesseur, si ce n’est peut-être un usage moins systématique des rythmiques bulldozers. A noter toutefois un featuring avec le chanteur de Gojira sur le titre Muscle.

La maturité, le style, l’énergie sont là. Ne reste plus aux membres de Kruger qu’à tailler la route pour convaincre, et espérer décrocher la gloire qu’ils méritent.

Kruger, For death, glory and the end of the world (Listenable Records), 22 février 2010

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A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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