Körperwelten – Les décharnés anatomiques

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« Who wants to live forever ? » Il y a plus de vingt ans, Queen faisait résonner cette question existentielle à travers les transistors du monde entier.

Un procédé révolutionnaire pour des expositions hors du commun

gvhA la même époque , Gunther Von Hagens, un obscur assistant de recherche de l’Institut d’Anatomie de l’Université de Heidelberg, en Allemagne, découvrait enfin le domaine pour lequel il allait très vite se passionner et sacrifier une bonne partie de sa vie : la mort éternelle.

Après bien des années de tâtonnements, en 1997 apparaissait à Mannheim la première exposition du docteur, basée sur son procédé révolutionnaire, la plastination *, permettant de garder les corps décharnés (organes, muscles, nerfs) dans un état impeccable, et ce presque indéfiniment. Contre toutes attentes, l’exposition fut un succès retentissant.

Comme souvent, tout ceci naquit d’une idée simple.

Le jeune Gunther, agacé de ne voir les corps et les organes qu’à travers du formol ou des blocs de polymères transparents, les englobant, les retenant dans une gangue solide, se mit en tête d’inverser cette logique, en trouvant le moyen de garder les organes à l’air libre, et de leur injecter le produit durcissant. Ce qui leur permettrait à la fois de rester en place, mais également de garder leur texture initiale. Une sorte de plastification interne !

Le procédé mis plus de vingt ans à se peaufiner mais le résultat est là aujourd’hui, et il est saisissant.

Un come back Bruxellois

kp3C’est ainsi que 7 ans après la première exposition du même nom, et qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre et fait se déplacer un demi-million de belges (dixit la brochure de présentation !), Körperwelten 4 revient à Bruxelles, dans une formule enrichie de 200 nouveaux spécimens d’authentiques êtres humains, que ce soit des corps entièrement plastinés, et placés en situation, des organes séparés du corps, certains en bonne santé, d’autres provenant de personnes malades (les poumons d’un fumeur et d’un non fumeur, édifiant), et même une section très sobre dédiée à l’évolution de l’embryon jusqu’au stade de foetus, et quelques spécimens animaliers, comme cet immense Gorille, sorte d’emphase hypertrophiée de la musculature humaine.

Le lieu de l’exposition, identique à celui de 2001, reste un joli clin d’oeil d’humour noir « à la belge », puisqu’il s’agit des Caves de Cureghem, lieu culturel, aussi connu pour servir d’Abattoirs à la commune d’Anderlecht !

Mais mis à part l’affiche un peu criarde à l’entrée, la présentation générale est soignée, et plutôt feutrée. A l’image de ces grandes bannières sur les murs, reprenant des mots d’illustres scientifiques ou artistes, ayant travaillé sur le corps et la beauté de celui-ci, illustrés par de grands dessins anatomiques dans des tons parme.

Une fois à l’intérieur, force est de constater que la mise en place de l’expo ménage le visiteur. Contrairement à ce qui a été fait en 2001, où l’espace était totalement ouvert, ici, tout est cloisonné en sections suivant les thèmes. On commence par les icônes les plus familières de la mort, à savoir les squelettes (même parfois difformes, suivant les maladies dégénérescentes), l’on découvre ensuite quelques organes de ci, de là, puis les premiers corps plastinés entiers sont présentés, mais derrière des cages de verre (surtout pour protéger les anatomies fragiles ou mises en scène avec des objets, comme cette étrange composition de joueurs de cartes, attablés, allant jusqu’à tricher en se passant un As sous la table, entre leurs orteils décharnés).

Vous l’aurez compris, le docteur Von Hagens ne manque pas d’humour.

Et cette désinvolture dans la mise en scène de ces corps aura sûrement de quoi laisser perplexes certaines personnes, voir d’en scandaliser d’autres.

A l’image de cette personne entièrement mais très proprement « saucissonnée », positionnée à l’horizontale, et dont les tranches de 10cm, bien espacées et suspendues depuis le plafond, laissent voir la composition humaine sur toute sa longueur.

Vraiment didactique ou. spectacle macabre ?

kp1Soyons honnêtes : il n’y a pas là de provocation gratuite, ni d’obscénité dans la présentation. Certains témoignages de médecins affirment même que la mise en situation réelle de ces corps leur a permis de voir, de la meilleure façon qui soit, le fonctionnement de certaines parties du corps humain, et j’ai moi-même croisé durant mon parcours un couple de jeunes étudiants en médecine qui regrettaient de ne pas pouvoir prendre des clichés, et dont les yeux brillants dans la pénombre en disaient plus sur l’intérêt de l’expo que tous les dépliants à l’entrée.

Après, il est vrai que beaucoup de détracteurs aux expositions du sieur Von Hagens (il y a plusieurs expos qui tournent en même temps, un peu partout dans le monde, sous différentes appellations, dont Le Monde du Corps ou Body Worlds ), affirment (souvent sans l’avoir visitée) que l’intérêt éducatif est pauvre, et que tout ceci n’est qu’un spectacle macabre.

Certes, les explications affichées en parallèle aux pièces exposées sont plutôt laconiques.

« Voici un rein » , « Ceci est un système nerveux », . mais n’est-ce pas rendre justice à la nature que de la laisser s’exprimer d’elle-même ? Surtout que visuellement, il est impossible de ne pas être entièrement absorbé par la beauté de la mécanique humaine ainsi présentée, plus que par son explication scientifique.

Pour ceux qui désirent un vrai accompagnement, il existe des visites guidées, et un appareil audio est disponible à l’entrée.

L’un des points intéressants est la mise en corrélation, dès le début de l’exposition, de l’histoire de la dissection et de la découverte de l’anatomie, avec les avancées scientifiques et des valeurs religieuses et morales, via de petits encarts affichés aux murs.

kp6C’est ainsi que l’on découvre peu à peu comment l’on quitte l’obscurantisme moyenâgeux pour se diriger vers le siècle des Lumières (j’ai même eu l’impression que l’éclairage du lieu suivait cette logique !), en passant par des hommes de génie tels que Vésale (et son précieux traité illustré De Humani Corporis Fabrica ), et même avant lui, Michel-Ange, ou Léonard De Vinci, qui n’eurent pas peur de braver les interdits pour se documenter à même la source. On découvre aussi qu’à l’époque, les dissections étaient de véritables spectacles publiques, puisque données dans des endroits baptisés Theatra Anatomica, gratuits pour les médecins et étudiants, et payants pour les curieux, qui y assistaient depuis de hauts balcons.

On est donc face à un événement qui oscille en permanence entre la Science, le spectacle et l’Art. Sur ce dernier point, du reste, certains plastinats n’ont rien à envier à de véritables oeuvres d’art contemporain, comme ces silhouettes d’oiseaux uniquement dessinées par le réseau sanguin de l’animal, telles des sculptures de corail rouge vif.
Ou, moins subtil, l’homme universel selon De Vinci, reconstitué par un corps positionné en croix dans un cercle.

Mais une fois de plus, rien n’est gratuit, et pour recréer le célèbre croquis de l’homme à quatre bras et quatre jambes, Von Hagens ne va pas rajouter des membres, mais bien ouvrir les flancs de l’homme et les écarter de leur tronc, en étoile. Montrant ainsi l’intérieur des flancs, et évitant une fois de plus une étiquette trop délibérément « arty ».

Rassurons-nous de suite : les plastinats présentés n’ont rien de sanguinolents, on se croirait plutôt en présence de viande séchée, d’une substance un peu lyophilisée mais qui garde sa couleur et sa texture originelle et surtout, qui n’a pas d’odeur (il en est certains pour dire le contraire, mais ils ont certainement dû coller leur nez contre les spécimens pour se dire indisposés) !

Fidèle à sa réputation de passionné jusqu’au-boutiste, on apprend dans la doc qu’en 2002, notre plastinien en chef s’est même offert le luxe d’une autopsie publique, dans le vieux théâtre anatomique de Brick Lane, à Londres. Laquelle a rassemblé plus de 500 spectateurs sur place, sans compter la retransmission télévisuelle. La première depuis. 200 ans !

Il est clair que l’on est en présence d’un vulgarisateur passionné, et l’enjeux n’est pas tant la performance technique que le réel soucis d’ouvrir enfin cette branche obscure de la science au plus grand nombre.

Visite, mode d’emploi

kp2Il est bien entendu préférable de pénétrer les lieux avec un esprit objectif en laissant au vestiaire, autant que faire se peut, une sur-émotivité exacerbée ou un mysticisme opaque.

Ici, l’être humain que nous sommes n’est pas face à un miroir, ou une reconstitution virtuelle ou idéalisé, sacralisée de l’homme. nous sommes bel et bien en présence de nos doubles.

À l’ère d’Internet et de la dématérialisation, voilà de quoi prendre une bonne baffe dans la tronche !

Mais une fois passé le choc de cette redécouverte du corps, on se surprend à déambuler dans ces espaces cloisonnés, les yeux écarquillés, mais pas d’horreur. plutôt d’un réel intérêt et d’un émerveillement non feint.

Tout le monde peut, finalement, avec un peu d’humilité, remettre en question ses propres idées reçues. Ainsi, le croyant pourra constater combien le corps dénué d’âme se rapproche du monde animal, la personne agnostique ou athée ne pourra s’empêcher de frémir en voyant l’impossible perfection de cette machine humaine, et les plus sensibles finiront par ne plus projeter en ces dépouilles le spectre d’amis ou de gens proches décédés, pour se laisser guider par la belle leçon d’humanisme.

De l’humanisme ? Eh bien oui, puisqu’au final, il est une chose qui saute aux yeux, et qui fait plaisir à constater : nous sommes tous égaux face à la vie et à la mort.

Mis à part la maladie ou les corpulences, qui déforment les organes, et la différenciation sexuée, .me voilà entouré de personnes décédées mais sans peaux. Donc, sans connotation de race.

Les visages passent, mais mis à part la couleur des yeux, bien malin qui pourrait dire si telle ou telle personne est plutôt noire, plutôt blanche, asiatique, indienne.

Voilà donc le miracle des écorchés.

Mais le dernier point hautement sujet à polémique naît justement de cet anonymat.

Et l’éthique dans tout ça ?

Dès les premières expositions, on assiste à une levée de boucliers de la part de certaines personnes qui se demandèrent très vite si la charte éthique était bel et bien respectée, quant au don du corps à la science de toutes ces personnes plastinées. Ont-elles toutes été consentantes ?

Sur ce plan, même si les organisateurs n’abordent pas le sujet de façon frontale dans la communication au grand public, ce qui peut se comprendre aisément (je vois mal un gros sticker « 100% éthique » collé sur l’affiche de l’expo), le catalogue disponible aborde ce sujet dans un large chapitre plus qu’instructif.

Ainsi l’auteur nous explique en détail la législation en la matière, en Allemagne mais aussi dans d’autres pays, nous rappelant que tout est régi par un cadre juridique très strict, faisant appel aux derniers souhaits de la personne décédée mais également soumis à l’approbation des proches. En point d’orgue sur ce débat encore très sensible, la notion même de « mort », qui est analysée, suivant l’approche clinique mais aussi culturelle, et spirituelle.

On découvre alors qu’il existe bien des nuances entre les différentes réalités de « corps mort », « cadavre », et « défunt ». Toute la distinction est à faire entre un corps dont l’identité est connue et qui peut prétendre à un deuil de la part des personnes qui l’ont connu, et le voeu d’une personne d’offrir son corps comme un objet anonyme (mais digne de respect) à la Science, ou certaines conditions qui créent d’elles-mêmes l’anonymat et donc, l’absence du rite du deuil.

Il faut aussi se rappeler que tout ceci n’est pas légiféré de la même façon que le don d’organes. Ça n’a rien à voir.

Un vrai débat sociologique

kp4Sur ce plan, il est très intéressant de voir également tout le débat un peu hypocrite, mais compréhensible, sur l’inhumation obligatoire qu’exigent des instances n’ayant aucun lien avec la communauté scientifique, tels que le Clergé ou même les avocats (!). Alors que la majorité des corps détenus par la plupart des plus anciens musées anatomiques d’Italie, par exemple, n’ont jamais fait l’objet d’une telle demande ni même de tant de soin quant à la provenance des corps.

Malgré ces réponses rassurantes et logiques face à ces craintes, tantôt fondées, tantôt un peu zélées, une exposition similaire, mais indépendante de celles du docteur allemand, vient pourtant d’être refusée sur Paris.
Espérons que ce ne soit pas là le grand retour de l’obscurantisme. En effet, l’un des instituts de plastinations fondés par Von Hagens, est situé en Chine, et les plastinats servant à cette autre expo sont d’origine chinoise. La tentation est grande de faire un rapide amalgame entre la fragilité des droits de l’homme dans ce pays, les faits de torture avérés, et l’honnêteté des scientifiques qui y travaillent. On trouve du reste, dans l’énorme catalogue, un paragraphe relatant l’historique de l’approvisionnement en corps, qui, de nos jours, n’a plus rien à voir avec les « chutes » de guillotine !

Parmi les chapitres clôturant le même ouvrage, un étude approfondie, quasi sociologique met en regard l’évolution de la satisfaction des visiteurs, des critiques générales et du rejet des médias.

Très étonnamment, (si les chiffres sont justes évidemment ;) on constate que, surtout dans les pays très occidentalisés, tous ces points se rejoignent à un niveau qui ne cesse de croître : ainsi donc, la curiosité, tout comme la critique sont aussi fortes que la satisfaction du visiteur, ce qui donne le schéma d’un événement réussi, puisque répondant à une forte demande, et encadré par une prise de conscience constante des attentes et réactions du visiteur.

Pour conclure

kp8Petit bémol, d’ordre pratique : le prix de la visite, plutôt élevé.

Entre 11 euros pour enfant en prix de groupe, et 19 euros pour l’adulte sans réduction en fin de semaine. Mais gratuit pour les enfants de moins de 6 ans accompagnés (on salue la pointe d’humour, sisi) !

Dommage également que, contrairement aux autopsies publiques de l’époque, l’expo ne soit pas gratuite pour les étudiants en médecine, mes deux jeunes amis en ayant été pour leurs frais.

Pour clore, je ne peux donc que vous engager à la visiter pour vous forger votre propre opinion et découvrir, indépendamment de toute polémique, une merveilleuse occasion de se voir de l’intérieur.

Et puisqu’il est toujours bon d’aller jusqu’au bout de ses idées, les expositions Körperwelten proposent même aux visiteurs de léguer leur corps à la plastination, à travers un programme de don officiel.

Avouez quand-même que ce n’est pas tous les jours qu’on a la possibilité de découvrir une expo en se disant qu’on finira peut-être par y prendre la poussière (!).

Crédits photos: M’O'C

*Le procédé de Plastination :

Les quatre étapes :

– Les corps ou parties de corps sont immergés dans du formol, pour que ce dernier se fixe sur les tissus cutanés.

– Durant un minimum de 15 jours, les corps sont placés dans des bains d’acétone à environ -25°C. Ainsi, les corps sont complètement déshydratés.

– Les liquides organiques (comme l’eau et le sang) et les graisses, qui ont été éliminés dans le bain d’acétone sont remplacés par du silicone, après que les corps aient été immergés dans ce produit.

– Les corps sont durcis une fois pour toute, après fixation du silicone, par un gaz durcisseur.

Le temps total de préparation est d’environ 500 heures, voire 1 500 heures pour un corps entier.

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En savoir +

Expo Körperwelten

Lieu: Caves De Cureghem
Adresse: 24, rue Ropsy Chaudron, 1070 Bruxelles, Belgique
Metro Delacroix

Tarif: De 13 à 19 euros

Téléphone: 0033 70 25 20 20
Public: Tous publics (avec réserves pour personnes sensibles)

Internet: http://www.koerperwelten.be

Ouvert tous les jours sauf le dimanche.
Ouverture: 10h00 à 19h30 (dernière admission à 18h00)

du 29 août 2008 au 14 janvier 2009

*Références biblio:

Le Monde du Corps ( Exposition anatomique de Corps Humains Véritables ) 320 p. ( Editions Arts & Sciences )
Pushing the Limits ( Encounters with Body Worlds Creator Gunther von Hagens ) 293 p. ( Editions Arts & Sciences )

A propos de l'auteur

Image de : Sorti d'une école de Communication Visuelle de Bruxelles il y a 15 ans, directeur artistique belge basé à Paris depuis 10 ans, c'est un touche-à-tout dans le domaine des arts graphiques et du multimédia. Tour-à-tour photographe, graphiste, vidéaste, ou illustrateur, c'est aussi un IA ( Internet-Addict ), qui apprécie particulièrement le "cinéma-qui-possède-sa-petite-musique-intérieure", les "musiques-qui-te-donnent-des-images-dans-la-tête" et les événements culturels un peu décalés. De là à devenir chroniqueur pour Discordance... il n'y a qu'un pas, qu'il a franchi avec plaisir. Site web : http://www.mockery.fr

15 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 25 septembre 2008
    Pascal a écrit :

    Un beau sujet à de multiples débats.

    Je me suis retrouvé dans certaines de tes réflexions en particulier sur l’abolition totale de notions de races ou d’apparence physique ainsi que sur la fascination provoquée par la complexité et la « beauté » de la mécanique humaine. Néanmoins ayant eu l’occasion de visiter l’une de ces expositions en 2001, je suis de mon côté un peu plus réservé sur la travail de von Hagens. Le procédé de plastination donne vraiment l’impression d’être en face de simple mannequins et renforce le processus de désacralisation. Un peu comme si ce n’étaient que ces jouets destinés à apprendre l’anatomie aux enfants. A l’époque, l’expo était dans un open space et les allées étaient très bruyantes entre commentaires pas toujours intelligents des visiteurs et les quelques enfants turbulents qui couraient dans les allées. Plus une ambiance de kermesse que de mausolée. D’après les photos, cela a l’air d’avoir changé.

    Certes les mises en scènes sont réussies, mais à trop confondre les genres (l’anatomie et le grand spectacle), cela donne un sentiment de profond malaise, qui ne se dissipe pas en lisant en détails le CV du Dr Hagens. Il se dit même qu’il aurait comme but de vendre certaines de ses oeuvres à des collectionneurs, ce qui pose quand même de sérieuses questions d’éthiques. Ce qui me rappelle par certains aspects les questions soulevées par l’exposition et la vente d’éléments ou de reliques d’origine humaine (momies, réductions de tête, etc…)

    Alors d’accord, en théorie toutes les personnes plastinées ont été consentantes et figurer dans l’exposition faisait parti de leurs dernières volontés, mais je serais curieux de savoir quel est le degré de transparence fourni par Hagens à ce niveau là. Est t-il possible de relier chacun des oeuvres de façon clair et indiscutable à une personne défunte ? Qu’advient-il des « oeuvres » une fois l’exposition finie ? Sont-elles entreposées ? Détruites ? Revendues ? Hagens a t-il une « obligation » de conservation ? Combien de temps dure vraiment l’éternité promise par Hagens ?

  2. 2
    le Vendredi 26 septembre 2008
    M'O'C a écrit :

    Well… c’est vrai que tout ça semble un débat à tiroirs: plus on soulève un bout du voile, et plus des questions se posent.

    Je ne peux pas prendre la défense de Von Hagens sur tous les plans non plus, je suis d’accord avec toi sur le fait qu’on ne peut pas toujours tout voir de façon objective, et que parfois, ces « corps » sont placés un peu dans toutes les positions suivant des scénographies discutables ou qui peuvent nous interpeller. On est pas au Musée Grévin, et pourtant, parfois, ça y ressemble. c’est vrai.

    Mais à chaque objection, on retrouve un pendant éducatif non négligeable (rien que pour l’étude de la colonne vertébrale, du système nerveux, de toute la partie dorsale, le plastinat assis, penché sur sa table d’échec (non présenté dans cette expo), a, semble-t-il, présenté directement un intérêt indéniable pour certains spécialistes).

    Pour ce qui est de l’ambiance générale, n’ayant pas vu les autres expos, je n’ai pas pu comparer, mais en effet: petite musique très douce, lumières tamisées, paravents pour bien isoler les différentes sections de l’expo, calme des visiteurs (j’y suis passé pendant un moment très calme, j’avoue)… tout est plutôt fait pour l’introspection.

    Quant à ces rumeurs de vente à des particuliers, je n’en sais rien, mais c’est clairement expliqué dans la ‘bible’ de l’expo : les corps ne sont vendus qu’à des établissement de médecine, des instituts universitaires, ou autres associations médicales… et uniquement au « prix coûtant », c’est à dire juste pour couvrir les frais de plastination et transport et installation.
    Donc, logiquement, aucun bénef.
    (c’est ce qui est dit).

    Après, pour ce qui est de la conservation… aucune idée. Juridiquement, après la « période d’utilisation », un organe ou un corps cédé à la science doit être inhumé.
    Le soucis, c’est que justement, cette technique prolongerait presque « indéfiniment » la notion de « période d’utilisation scientifique ou didactique ».

    Un peu comme toi, je me pose ces questions.
    Et peut-être qu’il serait bon que la loi se mette au diapason des nouvelles avancées scientifiques sur ce point aussi, que tout soit clair.

  3. 3
    le Vendredi 26 septembre 2008
    peintrefiguratif a écrit :

    Bonjour M’O'C comme tu es venu donner ton idée sur mon blog, je fais de même, mais même si je comprends tes explications, je reste sur mon idée première, pour les raisons que j’ai expliquées, je dois dire que ton article est super bien écrit, vue par tes yeux rien de macabre, tu dis qu’il y a de plus en plus de monde qui dit être satisfait de cette visite, mais cela ne m’étonne pas, car il y a de plus en plus de monde qui à besoin de se faire peur pour vivre.

  4. 4
    le Samedi 27 septembre 2008
    M'O'C a écrit :

    Merci, Peintre… :)
    Par contre, je pense qu’il ne s’agit pas de se faire peur ou non, il s’agit plus d’oser ou non se frotter à nos limites, pour essayer d’avoir une connaissance plus appronfondie de ce qui nous entoure… ou de ce qui nous compose.

    Je comprends tout à fait que l’on ai pas tous cette optique dans la vie, suivant les limites que l’on se donne chacun ou que notre éducation ou nos croyances nous donnent, mais ce n’est pas nécessairement l’attrait du spectacle ou des sensations fortes qui nous poussent à « voir plus loin ».

  5. 5
    le Lundi 29 septembre 2008
    Kim le chou de BXL a écrit :

    J’ai vu l’expo il y a une dizaine d’années (?) quand elle est venue pour la 1ère fois à Bruxelles… fascinant!

    Et réellement intéressant, particulièrement pour les étudiants et professionels dans le médical, le para-médical et l’Art…

  6. 6
    le Mardi 30 septembre 2008
    iso a écrit :

    Salut M’o'c,
    un petit retour au XVIIè siècle, grande époque des Vanités en Hollande… ? mais dans cette expo moderne on joue plutôt à l’inverse : gardons le corps à tout prix, puique l’âme ne vaut plus rien….
    à méditer.

  7. 7
    le Mardi 7 octobre 2008
    Alain Lescart a écrit :

    Oui. J’ai vu cette expo ou une equivalente ici aus USA, l’annee derniere. Bien interessante! Tu a su en faire un veritable roman a tiroir! Le sujet n’est sensible que chez ceux qui considerent le corps comme « sacré », placant, par ce faire, le sacré dans une dimension qui l’exclu aussitot! Le sens donné à la vie transcende un simple corps et est une dimension de l’esprit qui explore un espace infini alors! Tout ce que l’homme tend a faire est une evasion du corps humain … C’est le mouvement qui fait la vie et non le figé. L’exposition ne peut donc pas parler de la vie mais de l’organe qui prete vie!

  8. 8
    le Vendredi 10 octobre 2008
    Dahlia a écrit :

    Ah dans ce style, nous avons une exposition de Maud Fässler en ce moment à Toulouse. Très particulière puisqu’il s’agit de photos de médecin-légiste pratiquant des autopsies. Photos en couleur assez saisissantes, mais loin d’être dégueulasses ou même gore, très instructives en fait. Pourtant elle est interdite aux mineurs… Je me suis vraiment demandé pourquoi. Comme si c’était difficile de faire des visites pédagogiques à des jeunes, bordel…

    Le site de Maud Fässler pour les curieux:
    http://www.maudfassler.com/

  9. 9
    le Dimanche 5 avril 2009
    Dahlia a écrit :

    http://www.rue89.com/2009/04/04/our-body-lexposition-de-cadavres-portee-devant-la-justice

    Bon ben je sens que je vais devoir me grouiller de la voir à Paris avant qu’elle soit interdite… (ok ce n’est pas la même expo que pour cet article mais les thèmes sont assez similaires)

  10. 10
    le Mercredi 22 avril 2009
    Dahlia a écrit :

    Suite et fin du feuilleton… Je trouve cette interdiction assez exagérée m’enfin…

    http://www.rue89.com/2009/04/21/lexposition-de-cadavres-our-body-interdite-par-la-justice-0

  11. 11
    le Mercredi 22 avril 2009
    Horror Picture Show a écrit :

    Cette expo devrait être interdite au moins de 16 ans.

  12. 12
    le Vendredi 22 mai 2009
    kyra a écrit :

    Cette expo est effectivement très intéressante à différents niveaux. Le seul problème est éthique et concerne l’origine des cadavres, ainsi que leur devenir. C’est un détail non négligeable…

  13. 13
    le Vendredi 11 septembre 2009
    greg a écrit :

    je trouve ke c vraiment bien de pouvoir voir ce genre de choses et je trouve aussi domage ke certaines personnes n’aime pas.si je pouvais voir ca en vrai je suis sur d’apprendre des chose sur moi meme

  14. 14
    le Jeudi 4 février 2010
    George-alain-jean-claude a écrit :

    L’inventeur george spigus a dit un jour d’été:
    (si tu donne un elastique et un spigus a un homme, il l’utiliseras bien un jour si tu lui apprend a faire des spigus, il l’utiliseras toujours et si tu apprend a un homme a faire un elastique, il le donneras a un homme qui a son tour essayera…..etc.) IL Y A TOJOURS QU’EQU
    CHOSE A APPRENDRE!!!

  15. 15
    le Jeudi 21 mai 2009
    Klénes Julien a écrit :

    Salutations à tous!!!
    Personnellement, ayant vu les deux expos paruent à BXL, j’ai préféré celle d’il y a 6-7 ans pour sa multitude de maccabés, j’ai aussi trouvé les specimens de 2002 plus interessant, et surtout ils étaient beaucoup plus nombreux.
    Je trouve qu’il faudrait un musé expo permanent sur la plastination à BXl. Je suis étudiant en bande dessinée et pour les cours de croquis anatomiques c’est interessant de dessiné l’ecorché ou le sous cutané pour apprendre l’anatomie en profondeur. D’ailleur étant cinéphyle, je ferais remarquer que dans le film Allemand « Anatomy » se trouvent quelques spécimens de Korperwelten 2002, dont le joueur d’échecs, sur ce je vous laisse et retourne au purgatoire.^^ Au plaisir

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