Killswitch engage

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Killswitch Engage, groupe incontournable de la scène metalcore américaine, était en concert pour une date unique en France le 11 juin. A 17h30 le jour J, l’entrée du bataclan est déjà bondée de métalleux.

Joel Stroetzel, l’un des guitaristes du groupe, est déjà en interview depuis le début de la journée, et c’est dans un bar attenant que nous nous entretenons, petits sodas posés sur la table.

Comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

kse2 Joel Stroetzel : Tu veux dire les chanteurs d’origine ?

Oui, enfin toute la bande en général depuis le début !

Joel : oui, avant on avait un autre chanteur, avec lequel on a pas mal travaillé, trois ans en fait, et finalement, un beau jour il a décidé de quitter le band en pensant que tout ça ce n’était plus pour lui, et s’est installé avec sa femme. C’est là qu’ Howard nous a finalement rejoint, en 2004, il avait entendu parler de nous, et on s’est dit que ce serait intéressant qu’il se joigne à nous.

Votre prochain album sort le 29 juin, vous avez choisi de l’intituler Killswitch Engage ? Pourquoi ce choix alors que votre premier album porte également le même nom ?

Joel : Je crois que le plus gros facteur est que nous avons tenté une différente approche, nous avons tenté un nouveau style, et avons eu un nouveau producteur pour la première fois… C’est finalement comme vivre une nouvelle expérience, aussi la meilleure façon de l’exprimer pour nous, c’était de reprendre ce nom. Au moins, avons-nous le droit de le faire ! ( rires )

Vous pensez actuellement que votre album est fini ?

Joel : Euh, à vrai dire je ne sais pas s’il est déjà mixé. Mais les pistes sont là, nous savons que ce sera à peu près la même chose que ce que nous avons en ce moment. Il est complet, mais il se pourrait qu’un peu plus tard il y ait une autre version avec des titres supplémentaires, peut-être cinq ou six. Et sans doute une version DVD également.

Vous avez décidé de collaborer avec Brendan O’Brien, qui a également travaillé avec Billy Talent, AC/DC, et plus récemment My chemical Romance. Dans quel contexte avez-vous été amené à travailler ensemble ?

Joel : Apparemment il était très intéressé par le son de Killswitch Engage, il nous a contactés et on en a parlé avec lui. Pourquoi ne pas essayer quelque chose d’un peu nouveau, donc on l’a rencontré, le courant est passé, on a vu qu’il savait prendre en compte nos attentes également, donc on s’est dit  » Ouais carrément ! Ça peut le faire, alors faisons-le « . Et on s’est lancé.

Une nouvelle approche, en quelque sorte…

Joel : oui, tout à fait, on a appris à changer notre façon de jouer en studio, on se mettait en salle à jouer ensemble, au lieu de simplement avoir nos casques et jouer dans notre coin. Il avait pas mal de suggestions à nous faire sur nos arrangements, comment composer, et comment atteindre notre but. Il a également beaucoup travaillé avec Howard, sur la façon dont il pouvait apprendre à faire de nouvelles choses avec sa voix. Il a consacré une grande partie au chant.

Généralement quand vous composez un album, est-ce que vous vous dites OK, on se pose et on écrit la musique puis les paroles, ou bien trouvez-vous d’abord la mélodie puis le texte ensuite ?

Joel : Ça dépend, même si la plupart du temps on écrit d’abord la musique, le travail d’ Howard à côté est essentiellement de trouver les textes, de les écrire puis de les arranger. Il nous arrive souvent d’avoir trois textes pour une chanson avant que l’on aboutisse à sa version finale.

Vous êtes connus, vous avez de plus en plus de fans ici, vous avez déjà joué en France. Quel effet cela vous fait d’être là ?

kse1 Joel : Mais c’est merveilleux ( sourires ) . Non, en plus Paris est vraiment une super belle ville, et c’est vraiment dommage que nous n’ayons pas plus de temps pour la visiter.
Mais les concerts ont toujours été fantastiques, on aime bien le public français, les fans sont géniaux, très réactifs, on s’amuse beaucoup !

À ce propos, est-ce que vous pensez que vous allez jouer des chansons de votre nouvel album ce soir ?

Joel : On pense en jouer une ou deux, et lorsque le CD sortira, là on commencera à le jouer pour la promotion de l’album.

Le son que vous avez est vraiment propre à vous, quel type de matériel utilisez-vous généralement ?

Joel : On utilise pas mal de choses, pas mal de matos, selon qu’on est en live ou en studio, mais sur notre nouvel album, nous avons utilisé les têtes d’amplis Diezel VH4, les amplis Mesa boogie . Pour les parties clean, nous utilisons le Fender vibrolux, mais aussi pas mal nos Marshalls . Et en guitare, généralement on utilise la Caparison Japan stuff, je les adore.

Ah oui on m’a parlé d’elles, vous les aimez vraiment ?

Joel : Oh oui, elles sont démentes. Mais en fait, elles sont un peu lourdes. C’est aussi la raison pour laquelle mon partenaire a changé pour Parker, parce qu’il avait des problèmes de dos. Il avait besoin de quelque chose de plus léger pour éviter d’avoir à se casser la colonne en plein concert, vu qu’il a eu des ennuis avec. Nous utilisons d’habitude les T&T, qui sont un modèle assez lourd.

Cela se voit énormément que vous aimez votre public. Je me demandais quel était le concert que vous garderez toujours dans votre mémoire…

Joel : C’est dur de choisir. Mais en fait, je pense que ce serait le tout premier concert en festival que nous ayons fait, parce que je me souviens que c’était vraiment énorme pour nous. Nous n’avions jamais joué devant autant de monde, et c’était en Angleterre, car en général cela ne se faisait pas trop aux États-Unis, et on est arrivé sur scène. Nous avons vu une marre de monde et on s’est dit « Waaah, c’est énorme ». On avait eu l’habitude de jouer dans des plus ou moins grandes salles, mais là voir autant de monde, ça nous a fait un choc, Howard était trop flippé :  » Hey les gars je vais pas là  » rires .

Justement, il y a pas mal de groupes qui se sont fait connaitre en festival. C’est toujours le cas, et de plus en plus de groupes de screamo voient le jour. Comment faites-vous pour toujours être au top avec cette compétition ?

Joel : Je ne sais pas. En fait, c’est sans doute qu’on était beaucoup moins nombreux à l’époque, personne n’était vraiment dans ce style de musique, et aujourd’hui il y a beaucoup plus de groupes, beaucoup plus de concurrence, c’est la vie, mais je pense que l’avantage c’est qu’on fait toujours beaucoup de tournées. Et le plus important est de rester honnête. On est chanceux d’être là où nous en sommes. On adore ce qu’on fait, et ça, c’est très important. En plus, nous avons un peu d’expérience maintenant, ça aide.

D’ailleurs, ce soir vous allez jouer avec Dir En Grey, comment les avez-vous connus ?

Joel : Nous n’avions jamais joué avec eux, mais on nous a fait savoir qu’il y avait une possibilité de faire une date avec eux et que ce serait une bonne opportunité, donc on s’est dit « Cool, faisons le ! » . Et on l’a fait.

Question personnelle maintenant, quand vous n’êtes pas Killswitch Engage, qu’est ce que vous faites ?

Joel : Hmm c’est difficile à dire en fait. Je passe pas mal de temps sur ma guitare, j’essaye de nouveaux trucs. Je la modifie, rajoute des effets. J’ai une femme aussi, secrètement . Ouais c’est à peu près tout ! Je suis un mec normal finalement ! ( rires )

Oui, et peut-être aussi qu’entre deux tournées vous avez l’occasion de rendre visite à vos proches et amis. Comment les choses se passent au niveau du timing ?

kse3 Joel : Généralement, lorsque nous rentrons, c’est toujours dingue, on reste à la maison pendant une ou deux semaines, on essaie d’aller voir nos potes, arranger des plans, et après on part en tournée, là on a peu de temps, on vient toujours avant pour voir comment est l’endroit dans lequel on va jouer et on a aussi beaucoup de temps de transport. C’est assez dingue !

Aux États-Unis, vous avez l’opportunité de jouer en live à la télé, ce qui n’est pas trop le cas pour des groupes de screamo en France. On aurait bien besoin de ça pourtant. Vous ne pourriez pas venir un peu plus souvent, là ?

Joel : Oui, on adorerait ! ( rires ) Pour tout dire, il y a Jimmy Kimmel, ce genre de shows, qui nous permettent de venir et de jouer devant nos fans à la télévision, mais en dehors de ça il n’y a pas beaucoup d’opportunités de le faire. Mais on s’éclate toujours avec lui !

Oui, j’ai pu le constater ! On vous qualifie souvent de groupe metalcore, qu’en pensez-vous ?

Joel : Ouais, c’est marrant, parce qu’il y a beaucoup de choses qu’on catégorise sous ce terme metalcore aujourd’hui. Et je pense qu’au fil du temps, notre musique peut se rapprocher du modèle européen. Il n’y a plus autant de ce côté hardcore qu’il y en avait auparavant, donc je ne sais plus très bien à quelle catégorie on appartient. Il y a cette partie hardcore, mais y a aussi un mélange de rock, de métal et on en fait notre mixture. Un peu chaud de donner un nom ( rires ).

Et donc en général, toi, tu écoutes quoi ?

Joel : Ces derniers temps, j’adore ce que fait Amon Amarth, c’est du heavy, grosses guitares, vraiment vraiment très bon. J’écoute pas mal de musiques un peu plus calmes aussi, de l’acoustique. En gros ( silence ) . Tu dois penser que je suis un mec un peu bizarre qui écoute de la musique qui n’a rien à voir avec mon genre ! ( rires )

Cela veut dire qu’en même temps que tout ce que tu écoutes tu dois t’en servir et ça stimule ta créativité .

Joel : Oui exactement, je trouve une source d’inspiration dans tout ce que je peux écouter.

Et en étant petit, quel groupe te faisait rêver ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de commencer la guitare ?

Joel : Quand j’étais gosse, je me souviens que j’écoutais ce que mes parents écoutaient, des trucs des années 80, et je sais que j’en avais un peu marre. Mes parents m’ont acheté un petit clavier, et je n’arrêtais pas de faire du bruit avec et ça les ennuyait pas mal. Ils m’ont dit :  » Pour que tu gardes ce truc, on a intérêt à te faire prendre des cours !  » ( rires ) Donc, j’ai commencé par prendre des leçons de piano, pendant trois-quatre ans, puis j’ai commencé à m’intéresser à des groupes comme Metallica, Guns N’ Roses, puis au bout d’un moment j’ai fait : « Maman je peux jouer à la guitare maintenant ?  » ( rires ). J’ai finalement réussi à les convaincre ! J’ai dû commencer à jouer vers l’âge de 12 ans, on m’a acheté une guitare électrique, et j’ai eu mes premiers émois avec !

Et pour finir l’interview, une petite séance de photo improvisée, que Joel accepte sans problème. Une chose est sure, les membres de Killswitch Engage n’ont pas du tout l’air d’avoir la grosse tête.

Crédits photo : Philippe Abdou

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Site officiel : http://www.killswitchengage.com/
Myspace : http://www.myspace.com/killswitchengage

A lire sur Discordance : [Killswitch Engage + Dir en Grey.->1146]

A propos de l'auteur

Image de : Photographe et chroniqueur, parfois ! www.philippeabdou.fr

1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 6 juillet 2009
    Alf a écrit :

    Merci pour ton article, je me suis appuyé dessus pour faire la critique du nouvel album et je t’ai cité : http://bordel-ambiant.org/2009/07/06/nouvel-album-eponyme-de-killswitch-engage/

    Continuez comme ça, vos articles sont bons :-)

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