Keishah – Interview

par |
Un premier album en poche et une tournée dans toute la France qui vient de débuter, 2005 sera à n'en point douter une année décisive pour Keishah. Pour mieux nous en parler, Niko (guitare - machines) a gentillement accepté de répondre à quelques unes de nos questions.

keishah-2 Parlez nous un peu de ce premier album ?

Niko: C’est un album qu’on a fait sans se poser de questions, les compos sont venues d’elles-même sans qu’on essaye de calculer où elles allaient nous mener. On a fait notre truc dans notre coin avec une sincérité qu’on espère palpable à l’écoute du disque parce que c’est tout ce qui nous importe: faire ce qui nous plaît. Au delà de ça, y a aussi le fait d’avoir bossé avec Serge Begnis ( Tripod, Eths …) qui a su nous écouter, nous conseiller pour avoir le meilleur rendu possible.

Comment s’est passé l’enregistrement ?

N: On a donc enregistré chez Serge au studio Up-Date et ça s’est fait assez assez rapidement en fait; on a consacré environ une semaine pour les prises instru, une dizaine de jours pour les chants et enfin une semaine de mix. Ça peut paraître court mais il faut dire qu’on a beaucoup bossé les morceaux au local et ça nous a pas mal aidé au moment d’enregistrer.

Êtes vous satisfaits du résultat ?

N: Évidemment y a toujours un moment où tu te dis: « ça je l’aurais plutôt fait comme ça » ou « y manquerait pas pas un peu de gratte là ? » mais tous les groupes disent ça. Au final, on est quand même satisfait et fier du résultat.

Un clip en prévision ?

N: C’est pas encore à l’ordre du jour, on n’a pas envie de faire un truc à l’arrache qui ne va ressembler à rien au final, donc pas pour l’instant.

Sur la pochette du CD on peut voir un poisson agonisant sur le sol à côté de son bocal brisé. Quelle en est la signification ?

N: Alors à chaque fois qu’on parle de cette pochette, on dirait que les gens on envie de nous faire dire que le poisson représente la scène néo-métal agonisante. En fait c’était plus plus une vision esthétique au départ qu’un quelconque message. Après, c’est vrai qu’avec le recul, chacun peut y voir ce qu’il veut. Même entre nous, aujourd’hui, on n’y voit pas tous un seul et unique sens.

Le line up du groupe a pas mal bougé depuis sa création. Avez vous enfin trouvé l’osmose ?

N: C’est vrai qu’on a eu des périodes de doutes mais l’arrivée de Shob (basse) dans le groupe nous a encore plus soudé qu’auparavant. Là, on a le sentiment d’avoir les bonnes personnes au bon endroit. Ça a même décuplé notre énergie sur scène,qu’il y ait 500 ou 5 personnes, on essaie d’envoyer tout ce qu’on peut.

Comment êtes vous arrivés chez Versus ?

N: C’est grâce a Mika, notre manager. On est arrivé avec cet album dans une période où c’était vraiment la merde (ça l’est toujours) pour trouver un label prêt à signer des groupes. Il a donc décidé de monter son propre label, nous a trouvé un distributeur (Night&Day) et nous voilà !

Dans votre bio on peut lire que vous avez quitté vos jobs respectifs pour vous consacrer entièrement à Keishah. Est ce encore possible en France de vivre de sa musique lorsque l’on ne passe pas en boucle sur les radios ou à la télé ?

N: Il faut avouer que c’est pas évident, on n’en n’est pas encore là. Pour l’instant notre but ce serait d’être intermittent mais il faut voir ce que ce statut va devenir par la suite. C’est tellement le bordel…. à croire que parce que tu es artiste, tu dois en chier deux fois plus pour en vivre.

Comment se passe la tournée ? Quel est l’accueil du public ?

N: Même si c’est un début de tournée un peu timide on a fait quelques bonnes dates. En général, y a toujours des gens qui viennent nous voir après les concerts pour nous dire qu’ils ont aimé et il y en a même quelques uns qui chantent les paroles. Tout ça nous touche beaucoup.

Avez vous du mal à trouver des dates ?

N: On n’a pas à se plaindre, Mika fait bien son boulot. Après, faut pas oublier que c’est un début de tournée, que c’est notre premier album; mais ça reste très honorable.

Qui sont les parasites de la chanson ?

N: En fait les parasites, ce sont toutes les personnes qui t’empêchent d’avancer, d’être heureux. Tous les gens susceptibles de perdre leur temps à te cracher dessus sans raison.

Vous revendiquez haut et fort votre appartenance à la scène neo Metal. Quels sont les clichés et les idées reçues sur ce style qui vous énervent le plus ?

N: Ce qui nous énerve c’est que c’est devenu presque honteux de faire du néo, la plupart des groupes aujourd’hui se disent « rock » alors que c’est quasiment la même musique. Y compris dans les chroniques qu’on a pu voir ; avant de commencer les mecs se justifient du genre « alors moi j’écoute plus de néo mais je dois reconnaître que c’est pas mal », ça nous fait bien marrer. C’est surtout pour ça qu’on dit qu’on fait du néo, aucune étiquette ne nous gène de toute façon, on écoute de tout. Néo, rock, métal ou n’importe quoi d’autre, on s’en branle.

On est en train d’assister à une vraie montée en puissance de la scène métal sudiste avec des groupes comme Eths, Psykup, Sidilarsen, Babylon Pression ou encore Tripod, le plus souvent réunis en collectifs (Coriace, Antistatic…), arrivez vous à vous identifier à cette scène ?

N: Ça nous fait vraiment plaisir que les gens regardent enfin ailleurs qu’à Paris. C’est vrai que ces groupes que tu cites sont redoutables, d’un autre côté,nous, on représente que dalle, on ne se sent pas plus groupe du sud ou groupe français.

Pensez vous déjà au deuxième album ?

N: Effectivement on y pense, on a déjà quelques morceaux sur le feu. On va tenter peut-être plus de choses, qui sait…

Comment voyez vous l’évolution du groupe dans les années à venir ?

N: Avec cet album, on fonde des bases solides qui nous permettent d’intégrer ce qu’on veut à notre musique. Maintenant dire ce qui va se passer…on ne sait pas, tout peut arriver.

Avec qui rêveriez vous de partager l’affiche ?

N: Notre rêve ce serait de jouer avec Hed p.e., c’est un des groupes sur lequel on est tous d’accord.

Quelles sont vos autres activités, en dehors de la musique ?

N: Pas grand chose, certains font des petits jobs pour pouvoir bouffer,côté musique on a quelques projets parallèles, mais on est vraiment focalisé sur le groupe.

Le mot de la fin ?

N: Soyez ouverts d’esprit et éclatez vous sur du bon son, que ce soit du métal, du hardcore, du rap, de la tech, du jazz, du blues, du death, de l’électro ou même du néo de merde. À bon entendeur…

Un grand merci à Niko ainsi qu’à Ju de Versus. Retrouvez Keishah en concert à travers toute la France et courez vous procurer leur excellent premier album. Plus d’infos sur : http://keishah.free.fr

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Fondateur de Discordance.

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article