Kebous — Noces blanches

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Si on s’intéresse d’abord à la jaquette intérieure de l’album Noces blanches, on peut s’interroger. Des photos pour le moins énigmatiques accompagnent les paroles de cet opus, des photos où l’on trouve les musiciens de Kebous et lui-même, liés, enterrés, pendus, pieds et poings liés.

On écoute. Lecture.
Le premier morceau de l’album donne le ton. Les premières notes graves au violoncelle dégringolent. “Je te dis que l’enfer, c’est moi et pas les autres”. Un premier morceau, Amour et Célophane entre cordes et saturations électriques, nous plonge dans une première désillusion amoureuse.

Image de Kebous - Noces blanches Après deux albums solos, Laulo Kebous, alias Laurent Bousquet, surtout connu comme chanteur du groupe Les Hurlements d’Léo, s’éloigne de son image de “chanteur de rock festif” pour dévoiler un pan de lui différent, une nouvelle facette mêlée de noirceur et de gravité, en plongeant dans un voyage au fond de lui-même. Ici, il prête ses mots et pensées à des tonalités totalement rock électrique ou plutôt folk dans un album tout en contraste.

Faisant suite à l’intro plus légère à la guitare de Se faire prendre ailleurs, la douce voix de Bertille Fraisse, sa violoniste, entame le morceau avec plus d’espoir, un appel à la liberté, “échapper à la pluie, c’est le moment de vivre”. Oui parce qu’il y a de la foi dans cet album, Kebous c’est aussi un chanteur qui erre aux côtés de ses compagnons pour attraper le vrai et le vivre. C’est aussi ce qui en fait un album frais, également de par son orchestration riche, de par l’espoir qu’on perçoit derrière ces mots, et de par la force de Kebous qu’on lui connait.

Derrière des textes noirs et dramatiques (Panique ou Le Terminal et sa magnifique intro au piano), où il nous fait part de l’abandon des illusions, de sa colère, c’est un homme qui se met à nu avec une sincérité et une fragilité parfois perturbantes. Kebous, loin de son image auprès des HDL, semble toucher le fond pour comprendre la surface.
Des réflexions noyées dans le sombre qui ne frapperaient pas si fort sans ces arrangements, ces nuances, et cette richesse instrumentale, tant avec les cordes (guitare, basse, violon, violoncelle) qu’avec la batterie. Accompagné de ses musiciens talentueux, Kebous a fait de cet album est une belle réussite, l’histoire d’un voyage quasi initiaque, l’évolution d’un homme sincère, une œuvre poignante bien qu’énigmatique.

À noter qu’après les dix titres de cet album, un bonus de trois remix et le clip vidéo de Qui suis-je ? (où l’on retrouve d’ailleurs Romain Humeau de Eiffel, entre autres) clôturent l’opus.

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A propos de l'auteur

Image de : Photographe lilloise de 25 ans tombée soudainement dans la fosse des photographes de concerts, passe dorénavant la majorité de ses soirées à allier la passion de la photographie à la (re)découverte des groupes en concert dans son grand nord. Des sonorités post-rock, post-métal ou plus rock dans les oreilles, elle s'adonne avec plaisir au roller et à la basse.

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