Katerine VS le gros Cube – Le Pax

par Eklir Airam|
Le Pax ou l'histoire d'une union libre musicale entre les textes de Philippe Katerine et les arrangements d'Alban Darche, directeur de l'ensemble orchestral Le Gros Cube.

Si vous saviez où Philippe Katerine va la nuit et ce qu’il y fait.

cubeSur les arrangements jazz-électro de Le gros Cube dirigé par Alban Darche, il y plonge doucereusement dans les yeux couleur des mers du sud d’une femme qui n’est plus dans ses bras. Il se perd volontiers dans les souvenirs de son corps, de ses seins, de ses cheveux. Plage n° 1 sur ces êtres qui ont pris le large et dont on ne distingue plus la voix de celle des sirènes des bateaux sur la ligne d’horizon.

Puis vient le temps d’une ballade autour des Jardins Anglais sur des envolées de cuivres ampoulés, entrecoupées de passages harmoniques désarticulés. Du tout instrumental dont le second degré suggère cependant la bienveillante présence de Katerine . Dans une continuité synthétique désuète, le crooner des salles de bal vides, râle son texte morbide et ses fausses notes sur un slow porté par une guitare molle et des claviers envoutants. Jusqu’à la dégénérescence du saxophone que seuls les amoureux transis du jazz ne confondront pas avec les bandes sons des productions érotiques italiennes, qui firent les grandes heures des secondes parties de soirées des dimanches de la sixième chaîne.

Après une courte page d’instrumentalité, nous retrouverons Philippe Katerine à Copenhague pour nous conter quelque histoire d’amour impossible avec ces paroles futiles et néanmoins précieuses dont il a le secret. Pendant ce temps là, Le Gros Cube bidouillera ses mélodies improbables aux sonorités dignes des vieilles émissions de télévision française, juxtaposées sur un passage rock soudain, dépressif et inattendu. Le jazz métal existerait donc bel et bien.

Mais voilà que Katerine a déjà rendez-vous au Jardin Botanique, là où la lumière du dimanche et les parfums des fleurs lui font oublier que sa promise est morte et qu’elle ne le rejoindra plus. Grand final: scénettes jazzistiques montées sans cohérence affichée mais sur ressort, dans un souci de terminer ce disque en beauté.

Pas tout à fait sérieusement mais carrément pas stupide, tantôt glauque, tantôt comique, Le Pax parvient même, à force d’écoutes et malgré son propos résolument second degré, à en devenir étonnamment émouvant.

En savoir +

Alban Darche: http://www.myspace.com/albandarche

Le Gros Cube: http://www.myspace.com/legroscube

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