Karpatt ou le remède anti-hibernation

par Mama|
Karpatt revient et pour l'occasion nous vous offrons le doublé live report / chronique.

Karpatt – Les 3 Baudets | 7 décembre 2011

Un concert de Karpatt début décembre, c’est comme Noël avant l’heure et la chaleur en plus. Le groupe était du 6 au 10 décembre en résidence aux 3 Baudets (18e) pour tester sur scène leur nouvelle galette Sur le quai sortie le 5 décembre.

Après avoir affronté la gare St Lazare en heure de pointe, le métro et son doux parfum, on respire un bon coup et on entre aux 3 Baudets histoire de s’évader le temps d’une soirée. Ce soir c’est jour de fête, une sorte de kermesse pour les grands. Dans le hall, Guyom et les Jambons volants nous accueillent avec leur accordéon, flûte, guitare, on se réchauffe et on décompresse avant de rentrer dans la salle.

En guise de mise en bouche c’est, homme-orchestre Rockabilly venu du grand froid Canadien qui ouvre le bal. Les mélodies sont simples et entrainantes, on retiendra la chanson Bi-Ki-Ni, Les femmes et les enfants d’abord en duo avec Tony Truant et la très belle reprise de Gainsbourg Un violon, un jambon. Notre cousin québécois est très bavard et complice avec son public, l’apostrophant en milieu de chanson, draguant gentiment une fille de temps en temps. C’est une belle découverte. Amis québécois, on vous rend Isabelle Boulay et on garde Sunny !

Après une courte pause, Karpatt prend possession de la salle dans un décor très simple des « moules à tartes lumineux » comme dira plus tard Fred, ornent le fond de scène. Le groupe surprend le public en entamant le concert avec une chanson tirée de leur nouvel album L’étiquette. L’ambiance se réchauffe, le public est réceptif.

À la kermesse des 3 Baudets on se confie sur nos amoureuses de CM1 et on «part en amour » avec Chamade, on chante du Aladin et on joue aux méchants pour Fakirs. Le groupe nous raconte des histoires merveilleuses de tigre et de vol de pigeon. On en oublierait presque qu’il s’agit d’une salle de concert avec des places assises. Le public se déplace sur les côtés où il peut danser, chanter. Les anciens titres s’enchainent, mention spéciale pour La Mouche et son jazz manouche, qui fera monter la température d’une dizaine de degrés et qui fera se lever jusqu’au plus récalcitrant.

Il ne faut pas oublier que Karpatt c’est aussi de l’émotion, des chansons plus lentes où la guitare se calme et où la contrebasse devient plus lourde. Un jeu (malgré sa mini guitare brésilienne), Palais Royal et Léon, nous permettront donc de reprendre notre souffle et de verser une larme.

Le groupe se sent bien et nous aussi, on en veut plus. L’ambiance aidant, le concert devenant presque une réunion de vieux copains, le groupe obligé de revoir les décibels à la baisse entame un set acoustique en bord de scène. Ils y testent encore quelques nouvelles chansons, mais prennent surtout plaisir à exaucer les souhaits de leur cher public. L’intimité de la salle permet cette proximité tellement rare dans la plupart des concerts. Le groupe partira sur Des idées, grand classique sorti de leur album Dans d’beaux draps. À la sortie du concert, on a le sourire et on se dit que le froid et les sex shops du quartier ne peuvent rien entacher à notre bonne humeur.

Karpatt, créateurs de bonheur, sera de retour le 10 mars à l’Alhambra

Karpatt – Sur le quai

Image de Karpatt - Sur le quai Trois ans après leur dernier album studio, Karpatt nous revient cet hiver avec Sur le quai, sorte de concentré de vitamines pour nous faire patienter jusqu’à l’été et si en ce moment vous êtes comme moi, cloué au lit avec la grippe, le dernier Karpatt vous aidera plus que tous les dolipranes du monde.

Le groupe ouvre avec L’étiquette dont le petit banjo/guitare accompagné de son refrain arrive à faire oublier la grisaille extérieure pour nous transporter dans l’univers du groupe. Les textes sont lourds de sens mais sans prise de tête. Et la suite de l’album nous confirme que oui le soleil et la bonne humeur en hiver sont possibles grâce au trio efficace du groupe, résultat : j’en oublie mon traitement de 14h. Mention spéciale anti dépression pour : On a, Ingliche song et Tout va bien hymnes poussant à profiter de chaque instant.

La force de Karpatt est d’alterner de petites comptines légères, drôles et entrainantes, avec des chansons plus profondes au double sens touchant, qui révèle tout le talent de ce groupe. Dans cet album, c’est le sujet de l’immigration qui est abordé avec les yeux d’un enfant (Un jeu) et qui nous surprend avec son innocence qui contraste avec la dureté du texte.

Ma prescription pour vous cet hiver, une bonne dose de Karpatt contre le nez qui coule et les idées noires et si les symptômes persistent, allez les voir en live pour des consultations survoltées.

Crédits photo : Zia Bell

Sunny DuvalSunny DuvalSunny DuvalSunny DuvalKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpattKarpatt - Sur le quai

Partager !

En savoir +

3 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Lundi 12 décembre 2011
    Claudine a écrit :

    Bravo pour cette superbe critique et de m’avoir fait vivre à distance ce moment. De toute façon un concert de Karpatt c’est toujours comme ci on se retrouvait entre copains.

  2. 2
    le Jeudi 22 décembre 2011
    Filou a écrit :

    Salut Zia et Mama.

    Je suis Filou, je m’occupe des sites des KARPATT.

    On a relayé l’article avec les photos, c’est mortel, tout est super vraiment merci.

    Question : est-ce qu’on peut mettre quelques photos de Zia Bell dans l’album souvenir Facebook des 3 Baudets ? (en laissant apparaître son nom évidemment). Je remettrai l’adresse de Discordance dans chaque commentaire de photo.

    A tout de suite. Bises

  3. 3
    Mama
    le Jeudi 22 décembre 2011
    Mama a écrit :

    Merci! Karpatt c’est que du bonheur!
    Pour les photos la photographe m’a donné son accord!
    A plus tard peut être.

Réagissez à cet article