Kaly Live Dub – Fragments

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Kaly Live Dub fait parti de ces talentueux groupes de dub qui marquent la scène française aux côté d’High Tone et Zenzile pour ne parler que d’eux… Cependant ils sont loin d’être les seuls représentants de l’Hexagone, loin sans faut. Pourtant, à l’heure où les uns choisissent des tendances plus électro et d’autres plus rock, Kaly Live Dub a choisi de faire volte face en nous proposant un étonnant Fragments, sorti au printemps dernier. Focus sur un groupe qui décidemment se démarque toujours autant…

kalyTrois ans après le très réussi Répercussions, Kaly remet enfin le couvert en 2008 en nous concoctant le tant attendu Fragments. À la manière d’ Ez3kiel et de son monstrueux Battlefield, KLD nous fait passer par tous les stades sur cette galette. Un dub sombre, parsemé de diverses influences, en passant par le jazz et le drum’n'bass, voilà la recette miracle du groupe, très éloignée du virage électro/dub amorcé par High Tone . Sombre, tortueux, bouléguant, voilà ce qui pourrait résumer Fragments .

Onze titres pour une durée totale de 62 minutes, bel effort à l’heure où tant d’autres groupes ne savent même plus qu’un CD peut contenir jusqu’à 80 minutes de son. Une entame qui scotche l’auditeur. Les trois premiers titres sont d’une violence explosive : Cluster, Broken Atom et The Crumb en mettent plein la vue à coups de basses et de samples bien aiguisés. Le premier titre est un bon vieux dub, avec une basse lourde qui se promène sous un amas sonore électronique. Broken Atom se montre du même gabarit, en plus violent. Quant à The Crumb, il vient en remettre une couche avec ses cordes assez distinctes qui rappellent étrangement Headline d’ High Tone (encore eux).

Véritable brassage musical, nous voilà happé dans un autre monde. Coups de buttoir, batterie en ébullition, une voix sortie de nulle part, à tendances rock, électro voir même hip-hop. Dur de s’en remettre.

Magnetic Dust, change complètement de rythme. Une intro douce avant que les guitares ne viennent déchirer le décor pop mis en place. Tout s’embrase et s’accélère pour laisser une nouvelle fois le feu s’éteindre après 6 minutes d’une rare intensité. Deuxième claque.

On continue dans la légèreté avec le titre éponyme de la galette et ses carillons qui le parsèment. Une voix japonaise pour faire la transition avec Silent Moment, et c’est reparti pour une lente montée en puissance au fil des secondes. Basse et claviers fracassent le rythme, comme si la rage contenue sur les deux morceaux précédents avait enfin trouvé son exutoire.

C’est un dub très remuant qui fera son retour sur Cross Rulling . Impossible de rester statique bien longtemps. Juste le temps de reprendre ses esprits pour la troisième claque de l’album avec Sample’s Squall, un morceau très jazzy, mais qui s’avère être une belle réussite.

See No Sense fait repasser la barre à l’extrême. Avec ses sonorités orientalisantes, il se montre surtout très remuant grâce à son martèlement hardcore. Telle une explosion d’obus, qui nous éclate à la face. Les blessures sont profondes, le genou est à terre et malgré tout Kaly Live Dub décide nous infliger une dernière claque avec un Comma typiquement dub pour conclure sur plus de 9 minutes de combat au son de Ravmone.exe, l’ultime titre de l’album.

Ils nous en auront mis plein la vue. Aucun doute là-dessus. Trois ans après Répercussion, Fragements s’affiche comme l’album indispensable à tous les fans du genre, ou comme le prétexte idéal pour se mettre enfin au dub.

Alors album de la consécration ou de la maturité ? Un peu des deux.

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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