Justice – Stress

par , Antoine|
Difficile d’avoir échappé à la polémique du nouveau clip de Justice. De communiqués de presse en réactions indignées, c’est l’ensemble des médias qui tenaient là LE sujet du début de ce mois de mai.

Plutôt que d’en rajouter une couche, nous avons essayé d’observer la réaction des médias étrangers à travers une revue de presse de quelques articles piochés çà et là.

Spiegel – 12/05/2008

Source : http://www.spiegel.de/kultur/musik/0,1518,552821,00.html

Traduit par Pascal

laheineDes filles agressées sexuellement, un tenancier de bar molesté à coups de matraques, une voiture incendiée. Le groupe d’électro rock français Justice vient de produire un clip d’une extrême violence. Un message marketing des plus douteux : la Haine. La réaction : l’effroi.

Ce fut la sensation musicale de l’année 2007. Justice bénéficiait du statut de groupe culte en France. Mais à cause de cette vidéo, le groupe fait les gros titres des journaux. Le film ne dure que 7 minutes, mais cela donne l’impression d’être une petite et terrible éternité. Les spectateurs les plus sensibles éprouveront des sueurs froides à la vision de ces images glauques sur une musique cinglante. Il est question ici de menaces, de racket, de baston, de vol et de vandalisme. L’intrigue du clip est aussi pauvre en explication que brutale : 8 jeunes vêtus de vestes à capuche noires sillonnent une banlieue parisienne sombre et dégradée. Au cours de leur parcours à travers leur misère quotidienne, entre immeubles et friches industrielles, ils passent à tabac tous les passants qui croisent leur chemin et démolissent à tout va. Ici règne une violence absurde.

C’est cette orgie de peur et de bastons qui est mise en musique par la nouvelle chanson issue de l’arsenal de Justice . Elle s’appelle Stress et illustre parfaitement le sentiment d’impuissance du spectateur. Les instigateurs de cette vidéo auraient tout aussi bien pu appeler ce morceau « Peur » ou « Horror Trip »

[.]

Comme dans le grand classique Orange Mécanique, l’horreur continue et ne s’arrêtera jamais. Sur le parvis du Sacré-Coeur, la bande s’en prendra à des touristes, détruira un appareil photo, arrachera une guitare des mains de son jeune propriétaire et volera le sac à main d’une vieille dame. Ces scènes opèrent dans le même registre sombre et glauque que la Haine du brillant Matthieu Kassovitz . Ces images sont d’un tel réalisme, que le spectateur se voit pris d’un doute. Peut-être ne s’agit-il pas là d’acteurs mais de scènes réelles ? La question se pose. D’autant plus qu’à la fin du film c’est le conducteur d’une voiture qui se fera tabasser. Alors réalité ou vrai bon cinéma ?

[.]

Pas étonnant, que le clip a été sujet à controverse. Pas à cause de sa musique, mais à cause de ses images violentes. Chose particulièrement grave, les matraqueurs sont pour la majorité d’origine maghrébine ou de couleur noire. Leurs victimes sont blanches. Regarder cette vidéo fait froid dans le dos. On pense d’entrée aux émeutes françaises qui ont eu lieu dans les banlieues les années passées. Le journal Le Monde s’étonne de ce qui est passé par la tête des deux membres de JusticeGaspard Augé et Xavier de Rosnay – qui avaient jusqu’à présent une image de gentils garçons. Et Libération de se demander s’il s’agit là d’une provocation ou d’une publicité pour le parti d’extrême droite de Jean-Marie Le Pen . Le fan-club de Justice est également étonné et se montre pour une certaine partie d’entre eux assez énervé. Beaucoup se sentent blessés par une commercialisation si évidente du phénomène des « banlieues qui brûlent ». D’autres voient dans le clip un plan marketing perfide.

Pendant 7 minutes, l’on peut voir la veste des casseurs qui arborent le logo du groupe dans le dos. Une croix en forme de cercueil. Or, il circule justement la rumeur que dans les semaines à venir Justice va lancer sur le marché une gamme de blousons identiques. Le prix de l’une de ces vestes de casseur se situerait à 700 euros. Il semble logique qu’une telle controverse ne pourra qu’aider aux ventes de l’objet.

Streetmarketing at its best .

Les critiques redoutent que ce clip ne déclenche pas uniquement de nouveaux records de vente mais également de nouvelles émeutes dans les banlieues. La vidéo est mise en scène de façon tellement brutale, que toutes les télés françaises ont refusé de le diffuser. Sur le net, elle jouit par contre d’un immense succès. Le journal Libération indiquait que le clip avait déjà été vu plus d’un million de fois sur YouTube, DailyMotion et Myspace . Le metteur en scène de la vidéo scandale n’est autre que Romain Gavras, le fils du célèbre metteur en scène Constantin Costa-Gravas . »

Laut.de – 13/05/2008

Source: http://www.laut.de/vorlaut/news/2008/05/13/18662/index.htm

Traduit par Pascal

cityLa vidéo de Stress, le nouveau clip du duo français d’electro Justice résonne comme un coup de tonnerre. Ce spot serait une apologie de la violence, les deux musiciens y dresseraient un portrait peu reluisant de ces habitants de banlieues à l’image pourtant déjà si dégradée. Toute cette agitation est t-elle vraiment justifiée ?

Les 6:45 minutes de ce clip montre dans un style documentaire un groupe de jeune, qui au cours de leur balade dans Paris ne laissent qu’une longue traînée de dévastation derrière eux. Ce n’est pas uniquement la violence pure dont ils font preuve à l’encontre des personnes et des objets qui sont sur leur route, qui sont censées déstabiliser le spectateur, mais également le fait que ce gang n’a l’air d’être composé que de jeunes d’origine africaine. Kai Müller du blog Stylespion a été l’un des premiers à l’avoir entre les mains. Cette vidéo fut publiée le 1er mai, une date lors de laquelle de nombreux lieux d’Allemagne sont les témoins d’actes de violences quasiment ritualisés et qui représente une tradition aussi tenace que les costumes folkloriques des fêtes Sudètes. Dans le style, le court-métrage fait penser au Mockumentary C’est arrivé près de chez Vous sorti en 1992 avec un scénario qui emprunterait celui d’ Orange Mécanique, le chef d’oeuvre de Stanley Kubrick .

Des vidéos dont la violence et le propos ont suscité des controverses, cela a toujours existé. La vidéo de Michael Jackson, Black and White, été contestée à cause de la destruction à la barre de fer d’une voiture par le Roi de la Pop à la fin du clip. En 1997 c’est Prodigy dans la vidéo de S mack My Bitch Up et ses scènes violentes qui ont provoqué l’émoi. Kai Muller a commenté la vidéo de Stress par « A mon goût tout cela est un peu trop grossier . » Comme lui, beaucoup considèrent ainsi le clip. Souvent c’est le trouble qui prédomine, à l’instar de Sabrina Kreyssig de Musikblog Moon  » L’intention des Français n’est pas claire pour moi. Je préférais les drôles de T-shirts multicolores de D.A.N.C.E « . Jusqu’à présent Gaspard Augé et Xavier de Rosnay étaient les héros du moment de la scène électro française, plus connus pour être de gentils Party Animals parisiens.

C’est ainsi qu’ Odile de Plas du Monde pose cette question, très à propos:  » Que veux dire Justice ? » Henning Lohse du Spiegel Online soupçonne, après s’être longuement énervé contre cette violence, que derrière cette vidéo se cache un coup marketing. Il est sûr que Stress ramènera le groupe sur le devant de la scène, ce que ses deux initiateurs ne pouvaient ignorer. Chose que cependant on ne peut leur reprocher. Il en va de même des accusations de stigmatisation des habitants de la banlieue parisienne et de racisme : elles ne tiennent pas debout. Tout d’abord Augé et Rosnay n’ont rien de racistes, et les habitants de ces quartiers défavorisés ont depuis longtemps été classés sous l’étiquette de marginaux. Les politiques et la société y contribuent depuis des décennies. Et cela correspond parfaitement à ce que formule ainsi René Walter de Pokultur-Blog : « C’est exactement ce qu’il fallait [..] Le doigt dans la plaie encore béante des émeutes des banlieues parisiennes d’il y a quelques années. [...] Qu’est ce qui va de travers ? »

Car au-delà de cette effrayante violence, la vidéo peut également être interprété comme une critique de la politique de Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat français. Celui-ci ne s’est jusqu’à présent que très peu occupé de l’amélioration des conditions de vie et des perspectives des jeunes de ces banlieues, qui ont manifesté leur grogne de façon très violente, il y a deux ans et demi de cela. Ainsi, Stress n’est pas uniquement une vidéo extrême, elle est en même temps un rappel aux politiques d’en haut, pour ne pas leur faire complètement oublier le  » problème  » des banlieues.

Soundbuero.de – 06/05/2008

Source: http://www.soundbuero.de/videos/591/justice-stress

Traduit par Pascal

[...]

molotovÀ présent se posent deux questions inévitables. À qui veulent s’adresser le metteur en scène et le groupe ? Et par-dessus tout, une telle chose est t-elle vraiment nécessaire pour un clip musical ? À la dernière question, j’aimerais clairement répondre Oui.

Ce sont des scènes qui ne sont pas belles à voir, mais peut être cela ouvrira t-il les yeux de l’un ou l’autre des politiciens (ou à quiconque Justice par le biais de la vidéo veut s’adresser) Pourquoi un groupe ou un musicien n’aurait t-il pas son mot à dire sur des thèmes politiques ou économiques ? Certains sous-estiment peut-être l’influence que les musiciens peuvent avoir. Justice et Romain Gavras ont fait une vidéo qui choque, qui donne matière à réflexion et qui fait parler d’elle. Donnez nous en d’autres de la sorte s’il vous plait !

Spex.de – 16/05/2008

Source: http://www.spex.de/961/video.html

Traduit par Pascal

Où veux-tu nous emmener, Romain ? Le metteur en scène des clips de Simian Mobile Disco, The Last Shadow Puppets ou de DJ Mehdi se trouve actuellement en terrain miné avec son nouveau clip pour le titre Stress de Justice . Ni lui, ni les membres de Justice n’ont grandi dans cette banlieue parisienne qui rassemble les origines les plus diverses, et qui est souvent réduite à des clichés de ghetto. Pourtant c’est là que Gavras a tourné son dernier clip.

[...]

Les mouvements de caméra sont rapides mais contrôlés, l’image est nette et précise, le montage et la musique sont à l’unisson. Le sujet est délicat : Gavras se sert t-il de stéréotypes, voir d’un certain racisme ? Il est courant de lire ici et là des histoires d’émeutes ou d’affrontements entre gangs dans les banlieues parisiennes. De la même façon, il est également possible de considérer les choses autrement. Gavras choisit ici la voie la plus démonstrative, d’un point de vue cinématographique absolument remarquable, mais qui pose à nouveau la question du destinataire de ces images ; les politiciens qui veulent faire changer les banlieues ? Ou ceux qui ne veulent voir dans les habitants des quartiers que des étrangers à expulser ?

The In Between – 03/05/2008

Source: http://the-inbetween.com

Traduit par Antoine

bird
[...]

C’est violent, sec, improbable à la diffusion de ce coté de l’Atlantique, et sans grande surprise, déjà tendancieux. Presque une version condensée de La Haine . D’un point de vue superficiel, la violence est gratuite. Ces lascars rodent et frappent passants, touristes, vieilles dames et policiers sans but. C’est sans doute pour cela que tant de gens sont gênés par ce clip. Après avoir subi cette épreuve stressante, le spectateur ne voit aucun dénouement espéré. Non seulement cela manque de catharsis, mais le spectateur lui aussi devient lui-même victime de ce saccage. Le clip fonctionne grâce à la tension constante entre les actions des personnages qui apparaissent à l’écran et le spectateur. Cela apparaît rapidement, principalement lorsqu’une main surgit et repousse violement la camera.

Il ne s’agit alors plus d’une vision imaginaire à la troisième personne mais de celle du cameraman lui-même, on vit maintenant les choses à la première personne. Les personnages, eux, réalisent d’une certaine manière l’existence de ce lien avec le spectateur. Plus le clip progresse, plus ils prennent conscience de la présence de la caméra. Ils l’utilisent du début à la fin, comme si leur carnage n’était que spectacle. Rapidement, les autorités arrivent et tentent de neutraliser les personnages et la caméra. On voit un policier s’avancer, paume de main en avant, face à la caméra. Puis l’écran devient noir. Puis on est sauvés, les lascars lâchent la caméra et se tournent contre le policier, se défoulent sur lui. Tout le monde court. On se rend compte de la présence de l’équipe de tournage, le preneur de son, son micro à la main, court avec les fuyards. Le cameraman – spectateur – passe d’un observateur neutre à un complice de cette violence. Sans surprise, ils en deviennent aussi victime. Il est difficile de ressentir de la sympathie pour eux. On s’approche alors bien plus de C’est arrivé près de chez Vous que de La Haine .

Alors la violence de ce clip est-elle gratuite ? Oui. Mais le clip ne doit pas être vu comme une célébration, ni comme une glorification de cette violence. Ceux qui verraient ce clip comme tel ne le regarderaient en fait qu’à un niveau superficiel, ils ne verraient qu’une bande de hooligans se défoulant sur des gens innocents, rien de plus.

Il y a d’avantage que juste ça.

Guardian Online

Source: http://music.guardian.co.uk/pickardofthepops/page/0,,2278373,00.html

Traduit par Antoine

[...]

La tension est à son maximum, lente, rampante, horrible ; une boule de haine qui roule à travail Paris et que l’on ne peut arrêter. Plus rien à détruire sur cette terre en friche. Plus rien à filmer de leurs destructions. Après avoir mis le feu au preneur de son, le gang avance lentement vers la camera. Ils crachent sur l’objectif, frappent le cameraman sur à la tête avec une bouteille, puis le frappent au sol. C’est tout. Fin.

Est-ce intéressant ? Oui.

Est-ce différent ? Oui.

Est-ce bien fait ? Oui.

Aime t-on ?
C’est un autre problème.

Stress(é) ? Oui.

Oui je suis stressé, merci d’avoir posé la question. Je suis un énorme magma de stress. Je suis aussi vexé. Qu’il y a-t-il à aimer ? C’est un flux persistant d’adolescence urbaine -, – je suis désolé, il n’y a pas d’autre mot, saloperie. Etais-je supposé l’apprécier ? »

Popmatters – 04/05/2008

Source: http://www.popmatters.com/pm/blogs/post/58161/mindless-violence-or-something-deeper

Traduit par Antoine.

taggin
[...]

Il est douteux qu’un clip si bien monté que celui ci n’ait été fait que pour offrir une triste version de Jackass . En fait, compte tenu du fait que Justice soit originaire de France, cette vidéo pourrait probablement être vu comme l’expression de l’outrage que la jeunesse française a ressenti lors de leurs tumultueuses émeutes il y a quelques années. Celles qui avaient alors outragé et choqué une nation : des politiciens nommant les émeutiers « racailles », et la jeunesse de France répondant en détruisant pour des millions de millions de dollars de biens. Le clip Stress pourrait être vu comme une mise en bouteille de la rage de cette jeunesse et du ressenti de la société, brassé dans le sang. Sans moyen simple de faire ressortir cette énergie. Du coup les gamins du clip jouent du vandalisme, du crime, montrant leur autorité par tous les moyens possibles, renversant leur soudaine visibilité capturée avant de s’en prendre finalement à ceux qui enregistrent leurs exploits. Cela implique t-il qu’une rage si peu orientée, si peu contrôlée, s’effondrera d’elle-même menant à l’autodestruction des protagonistes plutôt qu’à celle du monde extérieur ?

Difficile à dire, et ce clip ne fournit aucune réponse facile. Ce clip polarise, mais il montre uniquement que l’art quelque soit son genre – même la techno big-beat – peut être l’initiateur de discussions sérieuses et ciblées.

Idolator

Source: http://idolator.com/386533/justice-wants-to-dance-all-over-your-face

Traduit par Antoine

Le duo français justice pourrait être la parfaite représentation de notre époque actuelle, une époque pleine d’autoréférence suffisante, de fêtes uniquement peuplées de personnes se demandant où la prochaine aura lieu, et de cultes de la personnalité creux. Cette vidéo semble représenter leur meilleur modus operandi, vraiment – esthétiquement impressionnant, mais bourrés de déclarations qui ne vont pas chercher plus loin que ce qui pourrait être exprimé sur un simple teeshirt

[.]

Vous savez ce que cela m’évoque ? Smack my bitch up . Sauf pour la fin métroïdale, qui au moins avait rendu l’aspect tendancieux du clip un peu plus intelligent.

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10 commentaires

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  1. 1
    le Samedi 24 mai 2008
    Un mec Stressé a écrit :

    L’article est très très bon.

    Honnêtement le concept de base me paraissait carrément foireux, mais au final je suis agréablement surpris. Vraiment.

    On voit que les articles ici, surtout ceux allemand sont mille fois plus intéressant et vraie que ce que toute la presse française a pus écrire sur le clip (Libé, Marianne avec ses analyse populo a vomir).

    J’ai beaucoup aimé la citation d’un blog « Je préférais les drôles de T-shirts multicolores de D.A.N.C.E », qui en dit long.

    Il ya aussi un truc qui a été dit plus haut et très peu ailleurs, c’est le rôle de la musique dans le clip. Parce que le son colle parfaitement aux images, une musique entêtante violente et pour le coup carrément stressante. On dirait que la musique a été composé pour le film.

    Et pour finir sur les accusations de racisme, elle me fond bien rire. Les média qui ont démonté le clip ferait mieux de s’intéresser a la politique français et au tonnes de merde qu’elle a devant sa porte plutôt que de taper sur un réalisateur completement talentueux.

  2. 2
    le Samedi 24 mai 2008
    c4n4r a écrit :

    Moi j’ai trouvé ce clip nul à chier.

    c’est très bien filmé et bien mis en scène ça c’est clair rien à redire.

    mais l’intérêt… filmer des wesh wesh foutre le bordel, c’est nul ça na aucun intérêt, avec un peu de chance ça donnera des idées à une bande de débiles qui décideront de faire la même chose…

    je pensais pas que justice ferai un clip comme ça.

    et moi aussi je préférait les t shirts de D.A.N.C.E, j’aimais bien le travail graphique.

  3. 3
    le Samedi 24 mai 2008
    Dimitri a écrit :

    Il y a surtout de la provoc, on veut montrait ce qui va pas… Ca révèle le gros problème des médias français qui ont tailladé le groupe, mais ça montre surtout qu’ils ne voient pas plus loin que leur nez.
    On a fait un pataquès pour pas grand chose…
    Je crois à l’idée de message fort derrière, pas de pseudo racisme ou d’un appel à la révolte.

  4. 4
    le Lundi 26 mai 2008
    kyra a écrit :

    On vit dans une société telle qu’on la voit dans ce clip. Faudrait peut-être s’enlever la merde qu’on a dans les yeux, ou les doigts qu’on nous fourre en intra-rectal pour nous tenir les couilles de l’intérieur.

    Accepter de voir la réalité en face quitte à se brûler la rétine, c’est tout, au lieu d’y chercher une volonté politique quelconque, parce que ça fait genre, c’est dans l’air du temps, tout est forcément politique, lié au cul ou au fric. Alors la stigmatisation gratuite, la discrimination, l’appel à la révolte, à la guerre, à la karchérisation ou au boycott, ça me fait doucement rigoler.

    Des mots crus, des images violentes. Un son qui dérange. So what ?

  5. 5
    le Lundi 26 mai 2008
    Arno Mothra a écrit :

    Moi je trouve ça très triste.

    Il y a polémique, DONC il faut absolument en parler. On donne trop d’importance à ce qui n’en a pas.

    A quand Cindy Sander? :)
    Voilà, juste mon avis personnel. Qui n’a pas changé depuis les échanges de mails.

    J’aimerais juste répondre à c4n4r :
    et les clips punks (de révolutions rouges), les clips black métal à la con avec le sang qui jaillit de partout, ça n’influence pas peut-être? Ce raisonnement me semble complètement à côté de la plaque. Une personne qui s’identifie à un clip est une personne arriérée, point. On ne peut pas remettre les malaises de la sociétés sur la culture ou le divertissement. Sinon, tous les fans de Madonna devraient se faire interner pour exhibition, ceux de Cradle of filth pour meurtres noyés dans l’hémoglobine, etc.

    Donc pas d’accord du tout.

    On choisit d’être influencé par ce qu’on le souhaite.

  6. 6
    le Lundi 26 mai 2008
    Dimiri a écrit :

    Il y a surtout le gros coup marketting qui était evisagé. Même s’il est banni sur les chaines de tv, c’est pour qu’il soit 10 fois plus vu sur le net… Plus tu interdis un truc, plus il y a une polémique dessus, plus ça fait de la pub au groupe. Juste à titre personnel, j’en parle ici, j’en parle sur mon blog… Au final, moi qui n’écoute pas leur musique, j’en parle ici et ailleurs (donc indirectement on en fait tous de la pub !). L’objectif marketting est pleinement rempli. Bravo messieurs.
    Etait-ce la bonne façon d’y parvenir, c’est un autre débat… Mais après comme le dit Arno « on choisit d’être influencé parce qu’on le souhaite ».

  7. 7
    le Vendredi 6 juin 2008
    Dahlia a écrit :

    Trouvé cette info ce matin sur le site de Chronic’art:

    « Chris Marker défend Justice sur Poptronics
    Vidéo | Vendredi 6 juin 2008

    Chris Marker, le cinéaste le plus secret de sa génération, publie sur Poptronics, le média des cultures électroniques, un coup de gueule très inhabituel chez lui, qui refuse généralement tout contact avec les médias. Une prise de parole pour dénoncer l’attitude du MRAP à l’encontre de Romain Gavras, qui a réalisé le clip Stress pour le compte du groupe électro Justice. Que vient faire Chris Marker, le réalisateur de Sans soleil ou La Jetée dans cette affaire qui fait polémique depuis la mise en ligne du clip il y a un mois ? Depuis toujours, Chris Marker soutient la démarche de Kourtrajmé, collectif de cinéma qui depuis quinze ans s’est illustré par la réalisation de documentaires et de films forts sur / autour / en provenance de la banlieue. Romain Gavras, le fils du réalisateur engagé Costa Gavras, est l’un des membres de ce collectif. Il a réalisé pour Justice un clip très rentre-dedans, où une bande de jeunes affublée du sigle du groupe électro (une croix blanche au dos de leurs blousons noirs) joue l’escalade de la violence. Mis en ligne début mai, le clip a fait le tour du Net comme une traînée de poudre, déclenchant commentaires hystériques et polémiques jusqu’à l’action du MRAP, le mouvement anti-raciste, qui, vendredi 30 mai, déposait plainte « contre les responsables de cette immonde production ». L’association avait auparavant mis en demeure la maison de disques « d’agir vigoureusement auprès des hébergeurs pour obtenir le retrait immédiat des vidéos en ligne et renoncer par avance à toutes les retombées commerciales » de cette oeuvre, considérant que « l’intention raciste est avérée ». Chris Marker, dont Le Fond de l’air est rouge, son film manifeste sur 1968, vient de ressortir en vidéo, à 85 ans, est sorti de sa réserve. »

  8. 8
    le Vendredi 6 juin 2008
    Dahlia a écrit :

    Et j’oubliais le plus important!
    Le texte de Chris Marker sur Poptronics donc:
    http://www.poptronics.fr/A-propos-du-clip-Stress-par-Chris

  9. 9
    le Lundi 11 août 2008
    Dahlia a écrit :

    La « réponse » de Luc Besson au clip de Justice:

    http://www.rue89.com/2008/08/08/no-justice-la-reponse-de-luc-besson-au-clip-de-justice

    No comment…

  10. 10
    le Mercredi 16 septembre 2009
    Pierre a écrit :

    Il faut écouter à 2mn58, un jeune renoi dit  » viens on va niquer des blancs viens  » ce clip est donc raciste.

    Farid.

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