Julian Casablancas – Phrazes For The Young

par Nun|
Il y a les oubliés du buzz et il y a ceux que le buzz n'oublie jamais. Tout ça est quantifiable en couverture de NME et autres Inrockuctibles. Depuis 2001, Julian Casablancas n'a jamais vraiment quitté l'oeil du buzz.

julianD’abord avec les Strokes, qui ont à eux tout seul relancer l’industrie de la Converse et on ouvert le passage à une tripotée de groupe en « the » et aujourd’hui avec son premier opus solo.

Le buzz est versatile, il caresse dans le sens du poil pour après casser à la moulinette. Messie du rock avec Is this it ? Le deuxième album des Strokes s’est révélé tout naturellement être en dessous des attentes, arrivé trop tôt après la révolution du premier. La presse a souvent comparé les Strokes au Velvet Underground, mais le recul des années ne fait que souligner l’innocuité de cette comparaison. Les recherches harmoniques, les textes des Strokes n’ont jamais été à la hauteur de ceux de Lou Reed et son gang. Cela ne veut pas dire que c’était mauvais, non, c’était juste différent.

On retrouve certes une nonchalance et évidemment la Grosse Pomme, mais ça ne fait pas un album à la banane. Et les Strokes, à leurs débuts, étaient des gamins, à peine la vingtaine, emportés dans une tempête médiatique, où leurs relations amoureuses, leurs origines sociales ont été passées au crible. Finalement, ce n’est pas forcément la musique qui a marqué les gens, mais plutôt la marque de leur jeans ou leurs papas bourrés de fric.

Le buzz est injuste donc. Les années ont passé, les groupes en « the » aussi, puis les Strokes ont sorti First Impression of Earth, en 2006. À ce moment-là, logiquement, les couvertures de magazine nous ont interpellés « Que reste-t-il de l’héritage des Strokes ? », et oui, le groupe n’aurait-il pas du disparaître ? Il ne faisait plus tellement sens. Avoir été les instigateurs d’un mouvement qui ne s’était pas inscrit dans la durée (tout simplement parce qu’il n’existait pas, un « the » ne veut pas dire qu’on touche au même style musical, mais les raccourcis sont plus facile) devaient les condamnés à mourir eux aussi.

Et puis, le buzz ne s’y retrouvait pas, la musique avait évolué, le simple cling cling cling des guitares et le chant éraillé adolescent avait laissé place à un crooner et des mélodies étoffées, quelque chose clochait. Le fait que l’album ait été réellement bon n’intéressait pas vraiment les médias, c’était comme voir les Hanson devenir adultes, une fois que leurs bouilles ne furent plus suffisamment mignonnes et lorsqu’on eut plus envie de leur pincer les joues, on tourna la page. Un temps.

julian2Mais revenons-en à Phrazes for the Young . Huit chansons, le minimum syndical. Et pourtant, en si peu de pistes, les faux pas se multiplient ! Surproduction, prétention qui suinte de partout, étalage de fausses bonnes idées. La pochette résume parfaitement la recette des mélodies de l’album : du neuf avec du vieux, du faussement kitsch pour faire cool, comme la veste vintage de ton grand-père. Des mélodies qui pourraient être intéressantes sont défigurées par des sons casio qui se veulent la touche rétro, mais qui sont simplement insupportables. La voix de Casablancas semble lointaine, cachée derrière des effets de mauvais gout.

Si sa nonchalance faisait de lui un Droopy attachant du rock’n'roll, ici, on frôle l’encéphalogramme plat, il y a une absence d’énergie, plus qu’une torpeur. On peut sauver Ludlow St., inattendue avec son banjo et le single 11th Dimension, qui est pourtant coupable ne nous avoir fait croire que l’album serait lui aussi à la hauteur. Parfois, huit chansons, c’est trop.

Ce qui faisait le sel des Strokes est là, enfoui sous des effets épuisants. Casablancas n’était pas seulement leur voix, mais également leur compositeur. Le groupe avait la même esthétique 70′s chic snobinarde super tendance, avec des clips réalisés par Roman Coppola . Mais le rock doit être une histoire d’alchimie, ce qui était agréable et convaincant avec ces quatre autres copains ne fonctionne plus quand ils ne sont plus là.

Tous les autres d’ailleurs, à l’exception de Nick Valensi, ont tenté leur chance en solo. Pour conclure, il vaut mieux retourner écouter le premier opus d’ Albert Hammond Jr., Yours to keep, qui s’était avéré être une vraie bonne surprise, petit bijou de pop.

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5 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 27 novembre 2009
    j'aime pas les strokes a écrit :

    quelle critique :s
    consacrer presque 3/4 de la « review » au passé strokien et deux petits paragraphes timides a « PHRAZES » n’a rien de très excitant pour ce qui de découvrir ou donner un avis objectif sur un CD.
    Peut être que consacrer un mini dossier ou une chronique sur l’héritage des strokes ou son évolution aurait été plus judicieux que résumer le CD a deux chansons.
    soit dit en passant , l’album de casablancas déchire très simplement.

  2. 2
    Loïc
    le Vendredi 27 novembre 2009
    Loïc a écrit :

    Je te rejoins, « j’aime pas les strokes », pour ce qui est de la première partie de l’article qui aurait peut-être eu davantage sa place dans un article à part.

    En revanche je ne trouve pas que la partie consacrée à l’album de Casablancas soit si timide que cela : « on frôle l’encéphalogramme plat [...] plus qu’une torpeur ».
    Pour ce qui est de donner un avis objectif sur l’album, il semble utile de rappeler ce qui est inscrit en bas de la fenêtre :

    « [Discordance] est tenu par une équipe de passionnés et se veut le reflet SUBJECTIF de nos coups de coeur et de nos coups de gueule du moment, loin de toute prétention d’exhaustivité quelconque. »

    Néanmoins je serais très intéressé par les arguments de ceux qui défendent cet album. Pourrais-tu nous en dire plus sur cet album que juste « il déchire » ?

  3. 3
    le Vendredi 27 novembre 2009
    Ouaicestpasfaux a écrit :

    @j’aime pas les strokes.
    Si t’aimes pas les Strokes, je comprends que tu puisses surkiffer PFTY et que ça t’énerve qu’on en parle si peu alors qu’on revient sur les albums du groupe.
    Mais soyons réaslites : Casablancas n’existerait pas sans les Strokes, la plupart des gens qui s’intéressent à PFTY sont des amateurs des Strokes : il est normal de revenir sur les grandes claques qu’on a prises avec leurs albums et de comparer pour crier notre déception devant ces 8 titres assez surfaits et prétentieux par rapport à ce qu’on attendait.
    Après, on peut aimer ET les albums des Strokes ET PFTY. Et surtout, Casablancas a le droit de faire ce qu’il veut, mais c’est bien de prévenir les gros amateurs du groupe que cet album, c’est vraiment différent.

  4. 4
    le Dimanche 29 novembre 2009
    dortmunder a écrit :

    oui c est different et c est logique.pkoi ferai t il la meme chose qu avec les strokes,quel interet de faire un album solo sinon?rien que pour le morceau « tourist » cet album vaut le coup.

  5. 5
    le Mardi 8 décembre 2009
    @dortmunder a écrit :

    C’est peut-être logique, mais Hammond Jr. garde un son très Strokes dans ses albums solos. Pas Casablancas. Voilà, ça ne va pas plus loin et il fallait le dire.

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