Julia Holter + Peaking Lights + Dirty Three | Trabendo | Villette Sonique | 29.05.2012

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Pour son avant dernière soirée, la Villette Sonique nous propose ce mardi soir une sélection assez éclectique, le psychédélisme rêveur de Julia Holter, le dub noisy et psyché de Peaking Lights et enfin le rock instrumental et radical de Warren Ellis dans Dirty Three. Retour sur cette soirée au Trabendo.

Poésie, passion et retenue

L’intrigante Julia Holter commencait la soirée dès 20h. Arrivé un petit quart d’heure en retard, le temps de m’installer Marienbad commence à peine, juste à temps Chanson en 3 temps ouvrant son nouvel album Ektasis, on nous propose un voyage sonore, d’un début assez simple à une fin au multiples facettes. Chaque minute propose une expérience musicale différente, du art-pop assez facile et accessible à une hausse de tension chaotique pour finir sur un grand finishing hypnotique et froid. La magie du disque est visiblement toujours là. Sa voix est aussi belle  mais son simple clavier ne suffirait pas à rendre honneur à ses collages sonores. On retrouve donc un batteur à la pédale sismique imposant le rythme et un contrebassiste dont ne pouvait pas se passer cette formation live.

Suit l’impressionnante Try to Make Yourself a Work of Art, extrait de son premier album « Tragedy« . Pesante entre drone et musique industrielle, mystique entre ésotérisme et légendes médiévales, magistrale entre tragédie grecque et art japonais, Julia fascine. Un véritable patchwork musical d’une cohérence admirable. L’apaisante Four Gardens, l’onirique Moni Mon Amie démontreront la sensibilité particulière de Julia pour le néoclassique et l’art poétique  : un peu de Vangelis par ci, une grosse poignée de Préraphaélisme par là. On écoute et on admire.
Le live se finira tranquillement à 21h sur In The Same Room plus pop, assez similaire à du Au Revoir Simone, qui nous envoie dans une sorte de rêve éveillé, le temps de revenir à la réalité.

Sa musique est pleine d’esprit, surréaliste et hors du temps mais ce qui étonnera ce sera la personnage de Julia. Assez Taciturne et presque distante, elle restera inflexible durant tout le live comme si rien ne l’inquiétait, même pas le public.

Noise, dub et séismes sonores

Le second groupe de la soirée, Peaking Lights, est plutôt étonnant. Un couple californien qui va vite nous balancer un flot d’ondes sonores. Ils déclencheront un véritable séisme (être collé au subwoofer droit ça n’aide pas ) de basses qui iront jusqu’à faire trembler le plancher de la scène pendant une heure.
Utilisant synthétiseurs analogiques, boucles de cassettes et j’en passe, le groupe développe un dub assez psychédélique, qui prend des apparences de rythmic noise en live tout en empruntant des sonorités indus 70′s, notamment à Throbbing Gristle.

D’ailleurs en parlant de ce groupe, la chanteuse a beaucoup contribué à nous y faire penser. Traitement lo-fi pour des paroles ou des onomatopées répétés dans un écho tout au long des longs, peut être trop longs morceaux, le chant est presque utilisé comme un instrument de plus. Ce qui est finalement étonnant chez eux, en live du moins, c’est le contraste entre ce côté chaud, organique et tropical donné par le dub ou même parfois des réminescences de guitares punk et de basses reggae et la froideur électronique.

Le groupe finira sur une petite improvisation avec quelque chose qu’ils disent n’avoir jamais joué ensemble. On remarque ainsi que leur recette marche aussi. Il faut avouer qu’elle n’a pas l’air très compliquée en soit mais cela reste entraînant et réussi. Ce que malheureusement n’a pas dû penser une bonne moitié du public ayant l’air d’avoir lâché l’affaire devant tant de « bruit ».

Warren Ellis, violoniste Rockstar

22h45 : arrive un barbu aux longs cheveux sur scène, costume de rigueur mais chemise à fleur ouverte à moitié, laissant apparaître son torse velu et ses pendentifs, c’est Warren Ellis (pas le dessinateur anglais, mais le musicien australien). Plus connu comme proche collaborateur de Nick Cave avec qui il joue depuis 1995 dans Nick Cave and the Bad Seeds ainsi que le side Project Grinderman. Il participe également à la composition des bandes originales de films avec Cave : L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, The Road, et bien d’autres. Bref, pas n’importe qui dira-t-on.

Il commencera par demander d’ajuster des lumières, le tout en francais, pas parfaitement il est vrai mais il vit à Paris depuis quelques temps maintenant avec sa femme et ses enfants. Il demandera d’ailleurs pour le concert que le show lumière soit psyché pour que tout le monde deviennent épileptique et vomisse de partout… On commence à cerner le personnage, un poil excentrique mais surtout drôle et joueur.

À fond dedans ce soir, Warren nous confiera que ce concert lui rappelle un bon souvenir de Brisbane … et qu’il est trop vieux pour ça. Très joueur avec le public, toujours à parler entre les chansons, le public lui rend à merveille avec pas mal de provocations auxquelles il répondra toujours avec humour.

Il prend son violon et commence donc à jouer après s’être présenté. Il gratte les cordes comme si c’était une guitare, fait de grand mouvements avec son archet partant en lambeaux, lance son pied en l’air, gueule un gros « Hey » assez régulièrement … une vraie rockstar.
Parlons un peu de sa musique, Dirty Three, c’est simple c’est du rock instrumental et expérimental qui part souvent dans des longues envolées sonores façon post rock, le violon lui donnant un petit côté folk, grand Ouest américain (ou du moins Australien dans son cas). Un vrai troubadour des temps modernes … ou du moins tout droit sorti d’un western. Et quand Warren n’est pas derrière son violon, c’est au piano que ça se passe.

1h30 de déluge rock à n’en plus finir. Tellement qu’on se demandait bien quand cela allait bien finir, surtout après minuit passé. Heureusement (ou malheureusement…) le concert ne se finira pas à poil comme le public a pu le demander mais sur une chanson qui commencera doucement au piano pour finir en apothéose.

C’est bon, tout le monde peut aller « fuck off ». Merci Warren!

Crédits photo : Cédric

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

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