Journal de bord de l’inauguration de la Paloma | Nîmes | 07.09.2012

par , |
Cela faisait 15 ans que Nîmes et tout le Gard l'espéraient : la Paloma, première grande salle de concert du département, vient enfin de sortir de terre. Avec un projet artistique des plus éclectiques, la Paloma part à la conquête des Gardois. D'autant plus qu'elle compte bien faire jouer la concurrence avec Montpellier et Marseille, ses voisins. Après la coupure du ruban vendredi 7 septembre en fin d'après-midi, la grande soirée inaugurale attendait plus de 4 000 personnes pour prendre part aux côtés de Death in Vegas, Dj Shadow et divers artistes plus ou moins locaux. Journal de bord de la soirée inaugurale par deux chroniqueurs conquis.

Il y a un an déjà, les premières notes retentissaient sur le parvis de la Paloma, encore en chantier. En guise de petits fours, The Rapture, accompagnés de différents groupes locaux (Waterlillies, Morningtones, Mofo Party Plan et Lane), laissaient un avant-goût de ce qu’allait proposer la Paloma une fois sa mise en route.

Un an plus tard, c’est une structure imposante, quasi futuriste, qui façonne désormais le paysage autour de l’aérodrome de Nîmes. Un projet important : 14 millions d’euros. Subventionnée à hauteur de 11 millions par la ville de Nîmes et son agglomération, la Paloma SMAC (Scène de Musiques Actuelles) compte bien tirer son épingle du jeu en proposant un projet artistique original et surtout durable. Paloma, c’est avant tout deux salles de concert. La Grande Salle (1 356 places) et le Club (370 places), mais pas seulement. Si l’on peut rajouter les résidences d’artistes, la Paloma c’est aussi neuf studios : un studio radio, un autre d’enregistrement audio/vidéo ainsi que sept consacrés à la répétition (groupes pros ou amateurs).

En surfant sur la vague des musiques actuelles, la Paloma a donc choisi de miser sur plusieurs chevaux : Laetitia Jean, en charge de l’action culturelle à Paloma, précise : « l’objectif est de proposer des spectacles variés, même ceux destinés à des enfants de moins de 18 mois par exemple. Il faut à tout prix éviter que l’on nous colle une étiquette : il y aura une programmation originale mixant des groupes internationaux et nationaux, mais aussi des séquences découvertes dans la petite salle du Club avec des tarifs autour de 6 euros. Le spectateur ne doit pas voir la Paloma comme une salle de concert traditionnelle, mais au contraire un endroit où il peut juste passer à soirée à découvrir des groupes locaux autour d’un verre à un prix abordable ! »

Car il est bien là, l’objectif de la Paloma : la structure ne sera pas qu’une simple salle de concert, elle aura pour vocation d’être un pôle de formation, de recherche et d’innovation tourné vers l’international, une structure d’accompagnement et de soutien aux pratiques musicales en appui à la création.

En ce vendredi soir, le ruban est enfin coupé. Comme un symbole, la salle affiche déjà complet. Il faut dire que tous les éléments sont déjà regroupés : de 20h30 à 2h, Death in Vegas, Dj Shadow, Emilie Chick, Juan Rozoff, Pony Tailor, Phyltre, Valencia Motel, P.A. (Panik Angelik), Roé & Guests et Shub frapperont les trois coups. En plus de ça, cette soirée est gratuite.

Embarcation imminente

17h, arrivée à Paloma
Le constat est implacable : la Paloma en impose ! Les premières comparaisons ne tardent pas à fuser : paquebot, vaisseau spatial, la Paloma, avec son armature métallique, semble être un mastodonte au beau milieu d’un champ.
Cédric : La salle a l’air surélevé… et les bassins de rétention qui l’entourent ne doivent pas y être étrangers ! En même temps, on est à Nîmes et il y a un cadereau à côté (Un cadereau, c’est quoi ? Ne vous plaignez pas, Discordance est là, aussi, pour vous instruire).
Dimitri :
Il y a même des rampes tout autour de la salle, la Paloma va peut-être recevoir des contest ! (et nous avons, aussi, de l’humour).

17h30, entrée dans la Paloma
Dimitri :
Waouh ! Ça flashe ! Jaune canari, ça réveillerait un homme… D’ailleurs l’aspect futuriste a été préservé à l’intérieur. Sérieux contraste avec le rose… du patio !
Cédric : Il y a surtout plein de détails partout ! Les space invaders sur les vitres du patio, les pochettes de vinyles sur les murs, les petits symboles de signalisation sympathiques (partez à la chasse aux photos dans la galerie ci-dessous).
Dimitri : Viens on va dans la Graaaande Salle ! (pas d’humour cette fois, mais simplement dit comme c’est indiqué sur la porte).

18h30, discours dans la Grande Salle
Cédric :
Original : les murs d’isolation ont des formes particulières, comme des fleurs avec des pétales hexagonaux.
Dimitri : Vé, il y aussi des tribunes rétractables avec des sièges assez flashis… (plutôt ‘pop’ la Paloma !) Trop de tours de parole du côté des politiques, il est temps de sortir. D’abord, penser à récupérer la gamme de produits offerts à l’effigie de la Paloma.

19h, buffet
Après l’album d’Eiffel, une foule monstre se masse contre les tables, à l’affut.
Cédric : Ils ont sortis les grands moyens !
Dimitri : Ceux qui sont déjà servis, abandonnez votre place ! Dans les buffets, il y a toujours ceux qui « campent » devant les tables, fidèles au poste.
10 minutes d’attente, un sexagénaire veut que son pastis soit mieux dosé : « Hé, encore un peu ! Regarde mon verre : si tu vois le curé derrière, c’est que ton pastis n’est pas bon ! Je suis de Marseille, moi ! ». Terminus, nous quittons le buffet.

En attendant : blablabla.

20h45, Juan Rozoff débute sur la scène extérieure
Dimitri :
Sympa. De la funk à souhait. Section cuivre présente, mais si elle ne donne pas suffisamment le pulse pour faire danser la foule. Le groupe fait penser à Marcel et Son Orchestre par moment, comme avec Petite Culotte. La qualité du son n’est pas optimale, dommage.
Cédric : Oh le look du chanteur (imaginez un peu : veste de costume léopard, chapeau léopard + peluche). Mais cela bougeait quand même au premier rang !

21h15, en quête de sang frais
Nous décidons d’aller visiter la salle du Club, boudée lors des visites guidées. Ce sera la plus grosse surprise de la soirée : P.A. (Panik Angelik)
Dimitri :
Je ne suis pas amateur d’electro pop, mais ces jeunes ont un truc. Il y a du rythme, c’est accrocheur, on ne s’y attendait vraiment pas !
Cédric : C’est très rock aussi ! En plus, on a droit à du bon son, autant le groupe que la salle. C’est rassurant pour les futurs concerts de la salle avec Marsatac en vue ! (un chroniqueur doit toujours se projeter dans l’avenir)

22h30, Death in Vegas attire les foules
Cédric partit dans les starting-blocks pour les photos, la température ne tarde pas à monter…

Dimitri (pensées) :
C’est mou ! Comme à Marsatac ou à Rock en Seine l’année dernière, je persiste à dire que les débuts de set de Death in Vegas sont trop lents. Trop cyclique, trop psyché, cela met sincèrement du temps à se propager parmi la foule.
Cédric (de retour) : C’est pas mal ! (bonjour le contraste)
Dimitri :
C’est toujours mou…
Cédric : Le début de set a mis du temps à se lancer, mais le son est puissant ! Bon, par contre, pour prendre des photos, c’est la m****, trop sombre ! Ils ont joué quelques tracks du dernier comme Your loft my acid.
Dimitri (moitié de set) : Enfin ! Il aura suffi que Death in Vegas délaisse ses machines durant trois minutes pour réveiller la Paloma avec un morceau très très rock. Avec un Hands Around My Throat qui lui emboite le pas, cela met tout le monde d’accord !
Cédric : Il faut tout de même savoir que ce groupe a une discographie très variée qui va de l’electro big beats en passant par une techno assez froide, pour finir sur du quasi postrock psychédélique.
Dimitri : Je reconnais que, si je devais choisir un mot pour qualifier cette nouvelle perf’ du groupe, je dirais « embrumé ». C’est planant à fond, mais je me verrais bien allongé dans l’herbe et me laisser embarquer…
Cédric : C’est carrément embrumé, mais, un truc sûr, c’est difficile d’adhérer. Mais c’est très bien que la salle les ait programmé : elle montre que les musiques expérimentales ont leur place ici.

23h30, Emilie Chick dans la Grande Salle
Car il est toujours bon de râler un peu : « mais où sont passées les poubelles ? », on peut noter que c’est assez long de se déplacer sur le site… Les accréditations facilitent les accès, mais ça laisse planer quelques doutes concernant les flux de personnes durant Marsatac. Après, la jauge de Marsatac sera différente avec deux fois moins de monde puisqu’il n’y aura que deux scènes au lieu de trois (la scène extérieure étant exceptionnellement installée pour l’inauguration). Retour sur Emilie Chick.

Cédric :
Elle a un look sympa, elle bouge bien, c’est plutôt entrainant !
Dimitri : Il manque un truc. J’ai l’impression qu’elle cherche à faire parler la poudre davantage avec ses déplacements et sa gestuelle qu’avec sa musique.
Cédric : C’est vrai que l’on ne retient pas grand-chose de sa musique… Les mélodies ne restent pas dans la tête.
Dimitri : Après, et ce n’est que mon avis, il y a un élément qui me semble essentiel ce soir : le public brassé est très mélangé avec des tranches d’âges variées. Beaucoup sont venus ce soir plus en tant que curieux que fans d’un groupe en particulier… ce qui s’est énormément ressenti dans l’ambiance générale du public, assez endormi finalement.

00h, la tentative Shub
C’est une tentative qui restera vaine… Nous sommes passés devant le Club avant le début d’Emilie Chick, le son fracassait déjà les murs. Grosse batterie, grosses guitares, il semblait y avoir beaucoup de sueur dans la petite salle. Sortis avant la fin du concert d’Emilie Chick espérant se mélanger à la foule, nous avons eu juste le temps d’entendre… les trois derniers accords de guitares du concert (environ 10 secondes donc). Toujours aussi explosif, toujours aussi agité, Shub avait attiré les nerveux de la Paloma dans les mailles de son filet. Et ça avait l’air de secouer !

00h05, Dj Shadow prend les commandes
Le DJ américain est seul derrière ses platines et une chose saute aux yeux : ça y’est, la débauche commence. Le public ne pouvait répondre que de cette manière : il est chaud bouillant !
Dimitri : Ça fracasse ! De l’electro bien rythmée avec des beats qui tabassent, il a voulu réveiller la Paloma en moins de 10 minutes.
Cédric : Le son de la sono est vraiment très bon et il porte loin… C’est très rassurant pour la venue de groupes tels que Boys Noize en novembre. Rassurer les gens était aussi un objectif de la soirée pour Paloma.
Dimitri : Tu ne m’avais pas dit que c’était plutôt electro/hip-hop Dj Shadow ?
… 3 minutes plus tard, Dj Shadow tombe le masque. Influences hip-hop et dubstep, guest sur scène, et le fameux track incontournable, Organ Donor, l’américain touche-à-tout. Le public est conquis !

1h15, Pony Tailor un peu abandonné
Judicieux ou pas, le retard accumulé au fil de la soirée a fait que les Pony Tailor ont débuté dans la Grande Salle quand tous les autres concerts étaient pratiquement finis. Conséquence logique de cette programmation tardive, une salle quasiment vide qui a accompagné péniblement le groupe jusqu’à la fin de la soirée… La seule remarque est à accréditer au compte de Cédric, « ça va être oldschool ! ». Très bien résumé.

Clap de fin !

Longue vie à Paloma.

Les premières dates fixées à Paloma…

Dionysos + The Dodoz (19/09), Festival Marsatac (20, 21, 22/09), Festival Femmes en Talent Haut (05/10), 1995 + La Rumeur (10/10), Hubert Félix Thiéfaine (11/10), Band of Gypsies (13/10), Cheveu + Frustration (20/10), El Gusto (21/10), Shaka Ponk (22/10), Wax Tailor (26/10), Camille (28/10), Boys Noize + Spank Rock (04/11), Archive (06/11), Etienne de Crecy (09/11), Tinariwen (10/11), Two Door Cinema Club (12/11), Izia (16/11), Ez3kiel (17/11), Rodrigo y Gabriela (19/11), Oxmo Puccino + Youssoupha (23/11), etc.

Crédits photo : Cédric Oberlin et Olivier Audouy

Cédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinOlivier AudouyOlivier AudouyOlivier AudouyCédric OberlinCédric Oberlin

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article