Joseph d’Anvers – Les jours sauvages

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Plutôt rock ou plutôt hip-hop ? Plutôt pop légère ou textes dramatiques ? Un choix qui n'est plus vraiment à faire lorsque l'on écoute ce deuxième album de Joseph d'Anvers, qui offre un métissage plein de surprises mais à conseiller d’abord aux oreilles attentives!

joseph7-3Des chansons contrastées qui nous balancent entre mélancolie dépressive et pop légère. Ici pas de grosses saturations mais une guitare sèche et rythmique. De jolis enchaînements de batterie décelés ici et là ( 1000 fois, Entre mes mains ), agrémentés d’un clavier aiguë ( Par avance ) ou d’une basse vibrante ( L’amnésie, Le funambule ), l’instrumentation reste timorée, un peu trop peut-être. Car excepté quelques morceaux ( Les anonymes, Entre mes mains ) sur lesquels les amplis semblent enfin avoir été branchés, le disque passe et laisse nos oreilles s’habituer à ce son simple et sans aspérité.

Mais comment Joseph d’Anvers a-t-il composé son album ? En jouant sur un instrument bien particulier : sa voix. Bizarrement ce n’est pas ce qui frappe à la première écoute. Pas de grandes envolées lyriques ou de grondements rageurs, mais un travail original et peaufiné qui joue à fond sur ses différentes tonalités. Le continent illustre d’ailleurs parfaitement cet aspect double donné à ses chansons. Dans un style des plus dépressifs (« Encore un pas pour s’en aller, le geste fou presque imbécile, je n’ai jamais été si près ») le jeu entre tonalités graves et aiguës laisse miroiter comme un dernier instinct de survie derrière un mal-être dévastateur.

Mais Joseph a également su s’entourer d’artistes brillants qui redonnent forme et couleur à la galette. Ainsi A mi-distance nous laisse découvrir la voix accrocheuse et presque soul de The Rodéo . Dès son intro ce morceau gagne la première place de l’album : des sons électriques, la voix parlée et sensuelle de Joseph d’Anvers relevée par des riffs bien placés qui laissent place à celle de la chanteuse sur un air pop rock. Un face à face exquis entre l’intensité du chant de The Rodéo et la fébrilité de Joseph .

L’autre duo du CD est bien sûr celui de Kids, le premier single des Jours sauvages . Une instrumentation riche, grondant légèrement sous la basse, rythmée par une batterie taillée dans le moule parfait du tube à la française. Mais avec cependant une couleur pop anglaise merveilleusement donnée par l’intervention de Money Mark, mais qui frôle le ridicule lorsque notre frenchie s’amuse à jouer les anglophones.

Sous couvert de ces musiques simples, on en oublierait finalement presque la noirceur des textes. Entre la superficialité de la nature humaine, le vide du futur et les vieux souvenirs d’amour déchus, le pessimisme règne et c’est certainement cela qui incite Joseph à abréger ses chansons par ces quelques accords basiques qui viennent souvent les clôturer.

Dommage donc que la forme un peu trop sage de ces jours sauvages, masque un fond qui mérite d’être réellement approfondi, pour ses touches discrètes, ses paroles réfléchies et une voix modulable comme on en trouve peu.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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