Jónsi – Go

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Premier album réussi pour le leader de Sigur Rós, entre froides contrées volcaniques et envolées lyriques.

Image de jonsi-go-cover Sigur Rós fait partie de ces groupes facteurs d’émotion qui vous transportent dans des contrées inexplorées et des océans de glaces. Leur carrière s’avère très équilibrée, aucun album n’étant réellement en dessous de l’autre. Leur particularité est d’être islandais, et leur origine intrigante est vendeuse. Une oreille en jeu que si Björk avait été belge, sa carrière n’aurait pas eut la même envergure.

L’islandais est une langue à part, elfique, et il y a une réelle aura mystique qui entoure cette île. Mais Sigur Rós, en plus d’être mystérieux, est un groupe musicalement très doué : pas de démonstrations pompeuses, mais une justesse de la mélodie, entre le post rock, la pop et l’atmosphérique sombre, emmené par Jónsi, un chanteur possédant une voix encore plus fragile que ses poignets.

En avril dernier est sorti l’album solo de ce farfadet à taille humaine. Après une première écoute, il faudrait être de très mauvaise foi pour ne pas dire que ça ressemble à Sigur Rós. En fait, ça pourrait être un album de Sigur Rós. Certains morceaux étant réellement dans l’esprit du groupe période Gong. N’attendez pas les ambiances froides de Von, certains titres sont même beaucoup plus pop radiophonique. Le tempo est rapide, la voix moins susurrée, moins mélancolique, mais la facilité d’accès n’enlève en rien à la qualité de production.

Et avec cette voix si fragile, si alpine et si douce, que si les tympans étaient des organes reproducteurs, Jónsi aurait plus de gosses qu’un Sultan de l’Antiquité. Un morceau comme Tornado est à chialer. Aucune idée de ce que Jónsi peut bien raconter, mais la voix et l’arrangement musical suffisent à nous transporter dans une grotte de givre et ça fait un bien fou.

Ce timide gaillard a profité de la pause du groupe pour s’envoler dans une direction pas vraiment surprenante, et on imagine facilement qu’à la question suivante :

« De quoi parle cet album, tu as été inspiré par quelque chose en particulier ? »

Jónsi aurait répondu :

« C’est un album qui parle de la renaissance perpétuelle du printemps, de la fragilité de la nature nouvelle, il m’a été inspiré par les vols des cormorans qui suivent les courants d’air chaud a la recherche de branches pour faire leur nid sur les falaises de Latrabjarg.  »

Un album réellement très réussi, organique et mutant, sans surprise pour les fidèles du crew islandais. La bande-son d’une confrérie paysanne pacifiste qui célébrerait des dieux païens en confectionnant des bouquets de fleurs sauvages, tout en buvant de la tisane au sureau.

Vous pourrez voir et écoutez Jónsi au Bataclan le 7 juin et au festival Rock en Seine le 28 août lors d’un live qui devrait marquer les esprits.

Jónsi, Go (EMI), sorti le 5 avril 2010.

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Site officiel : jonsi.com
Myspace
: www.myspace.com/jonthobirgisson


A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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