John Rambo

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19 ans après la sortie du troisième volet de la saga Rambo, notre soldat préféré remet le couvert avec un film sobrement intitulé John Rambo. Etait-il vraiment nécessaire de faire reprendre du service au soldat Rambo ? Probablement pas.

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Pourquoi encore la Thaïlande, me demanderez-vous ? Parce qu’à côté se trouve le Myanmar (ex-Birmanie), pays dirigé par la junte militaire et où le mot droit ne semble pas faire partie du dictionnaire. Un beau jour, alors qu’il vient de vendre un énième cobra, quelques volontaires chrétiens viennent à lui pour lui demander de les guider jusqu’en Birmanie pour soigner les malades et les blessés. Après quelques tirades monosyllabiques chargées de la délicatesse qui le caractérise (sa première réplique du film étant : Fuck off, okay ? ), il finit par accepter et les emmène de l’autre côté de la frontière. Seulement deux semaines plus tard un pasteur vient trouver Rambo et lui apprend que le groupe a été attaqué et capturé par les militaires birmans. C’est là que tout commence.

Avec un groupe de mercenaires, John Rambo affrontera les soldats birmans (une petite centaine, de la gnognotte pour l’homme qui a presque gagné la guerre du Vietnam à lui tout seul) pour libérer le groupe de volontaires. Va-t-il y parvenir ? Là est toute la question…

Pas de surprises dans ce quatrième opus, il est en tout point conforme à l’idée que l’on pouvait s’en faire : un Rambo sur le déclin (étrangement on ne voit pas ses biceps de tout le film), de la baston et. de la baston. Avec une pointe d’émotion de temps à autres, comme lors de cette scène du massacre d’innocents villageois. Hommes, femmes, enfants, personne n’échappera à la machette, au fusil ou aux coups. Cependant, force est de reconnaître que, pour une fois, la fiction n’est pas plus atroce que la réalité. Parfois même au cours du film il se fait sentir une certaine volonté de dénoncer le régime birman. Mais bon, n’oublions pas que nous sommes dans un Rambo, et ce n’est pas là sa fonction première.

Nous aurons tout de même droit à quelques grandes réflexions personnelles de Rambo lui-même, du genre  » Qui suis-je ?  » ou encore  » La guerre est dans ton sang, tu ne peux pas combattre ça « .
Cependant, grande nouveauté, et c’est l’époque qui veut ça : une femme. Parmi le groupe de volontaires se trouve Sarah, une jeune femme blonde qui aura su convaincre notre vétéran préféré de les emmener en Birmanie. Tout au long de l’histoire Rambo sera celui qui la libèrera puis la protégera. D’ailleurs Sarah, voyant probablement l’être sensible sommeillant en lui, ne cessera de s’inquiéter pour sa personne, et ce jusqu’à la scène finale (attention ne poursuivez pas ce paragraphe si vous voulez garder le suspense jusqu’au bout), véritable boucherie où Rambo est bien évidemment le boucher, une mitrailleuse lourde faisant office de hachoir. Une bonne soixantaine de soldats seront ainsi joyeusement massacrés, les membres arrachés volant à tout-va.

Pointe d’humanité, peut-être, lorsque Stallone, regardant les cadavres gisant sous lui, aura ce regard de l’homme qui se demande  » À quoi bon ? À quoi tout cela rime-t-il ? ». Ainsi donc tout est bien qui finit bien. Les méchants sont morts, les gentils sont libérés, quelques mercenaires se sont faits troués la peau pour la bonne cause parce que bon quand même, ce sont des Américains, et Rambo finira même par rentrer chez lui, dans la ferme familiale au fin fond des Etats-Unis.

Y aura-t-il un Rambo V ? Peut-être une horde de fermiers en colère s’attaquera-t-elle aux champs de maïs de Johnny, mais ne médisons pas davantage et profitons plutôt du spectacle. Après tout, cet épisode, bien que moins bon (et de loin) que les trois précédents, reste tout de même assez divertissant. Ce n’est certainement pas le film à voir absolument en ce début de mois de février, mais il comblera bien un dimanche après-midi pluvieux.

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En savoir +

Sortie nationale : 6 février 2008.

Site officiel : http://www.johnrambo.fr

Quelques statistiques amusantes: http://filmgeek.fr/2008/01/25/rambo-4-explose-aussi-les-statistiques-de-la-mort-qui-tue/

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

7 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 16 décembre 2009
    habi a écrit :

    ce film fait ressortir à chaque fois que vous le visualisez des éléments nouveaux. je ne finirai jamais de regarder ce film. Chapeau Sylvester Stallone.

  2. 2
    Yves Tradoff
    le Mardi 5 février 2008
    Yves a écrit :

    très rigolo comme article. Bon, je n’ai que du mépris pour la saga Rambo mais rigolo quand même…
    Par contre, raconter la fin du film dans la critique, je sais pas si c’était très stratégique…

  3. 3
    Loïc
    le Mardi 5 février 2008
    Loïc a écrit :

    Je suis d’accord, en principe je ne raconte pas les fins de film, c’est totalement contraire au principe même de la chronique… Comment pousser les gens à voir un film si on raconte la fin? :) Mais à vrai dire la fin était pour moi le seul passage à raconter… Cela étant j’ai averti hein, ceux qui vont au-delà de l’avertissement le font au risque de gâcher tout le suspense (si intense) du film!

    Mais le lire ne suffit pas, pour se faire une réelle idée de la chose il faut le voir donc je ne pense pas que cela nuise tant que cela. Parce qu’au fond quand on regarde un Rambo c’est pas tant pour l’histoire que pour les scènes d’action. Enfin en tout cas c’était le cas jusqu’à cet épisode…

  4. 4
    Stedim
    le Mardi 5 février 2008
    Stedim a écrit :

    Qui ne se doutait pas de la fin de toute façon ? De plus, Stallone l’a évoqué lui-même durant certaines interviews (« JR comes back home »).

    Sinon, peut-on vraiment prétendre ouvertement dénoncer les horreurs de la guerre avec un film qui en fait autant déballage ? Ce ne serait pas plutôt : « venez mater la super-boucherie hyper bien réussie ! » ?

    Bon bref. Au fait, si Stallone ne montre pas ses biceps cette fois, c’est peut-être parce que ça aurait coûté trop cher en make up pour camoufler le tattoo du visage de son actuelle compagne en haut du bras droit. :-)

    Mais quand même, à 62 ans, faut pas l’emmerder le grand pa !

  5. 5
    le Mardi 5 février 2008
    Pascal a écrit :

    Quelque part je trouve que l’obstination que met Stallone à refermer lui même les 2 sagas qui l’ont fait connaitre mondialement, presque attachante.

  6. 6
    Stedim
    le Mardi 5 février 2008
    Stedim a écrit :

    Attachante… oui.

    Sauf si on l’observe d’un autre point vue : on le voit alors tirer ses dernières cartouches comme un baroud d’honneur (comment encore faire parler de soi une dernière fois sans prendre trop de risques).

    Mais, perso, j’ai la star en sympathie. Il semble être retombé sur terre et avoir assez de recul sur qui il est « aux yeux du monde libre ».

  7. 7
    Loïc
    le Mardi 5 février 2008
    Loïc a écrit :

    Oui je vois davantage ça comme un clin d’oeil aux fans de ces deux sagas. En revanche on peut pas dire qu’il prenne en compte son âge dans le scénario, à l’inverse de Clint Eastwood par exemple, et c’est dommage.

    Effectivement Stedim « dénoncer » est un peu fort. Mais nous ne pouvons faire autrement que de constater que la scène de massacre des villageois n’est pas au-delà de la réalité. Alors si ça aide les gens à se poser des questions, à se demander si c’est fictif ou si c’est réel, et à utiliser notre ami à tous Google, tant mieux!

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