John & Jehn au Nouveau Casino

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Dans le monde de la musique l'imagerie du couple a toujours était très porteuse. De John Lennon et Yoko Ono à Jane Birkin et Gainsbourg en passant par France Gall et Michel Berger, les couples ont eu leurs heures de gloire mais ne faisaient plus vraiment recette depuis quelques années. A deux c'est mieux, et ça, John et Jehn l'ont bien compris. C'est un souffle nouveau qui vient de se lever sur un rock désabusé et sensuel à la fois.

f1000016_1_En concert au Nouveau Casino en ce début décembre, nos frenchis se produisent enfin sur une scène française, après s’être exilés outre manche pour mener à bien leur projet artistique. Leur réputation semble pourtant déjà bien établi vu comme le public trépigne d’impatience en les attendant.

Allure de dandy pour un John en costume et chapeau de feutre noir, face à une Jehn toute sobre dans sa robe blanche des années 50. Lui à la basse, elle à la guitare et aux claviers, nos deux protagonistes se font face et se lancent dans un set où, à l’image du couple moderne, chacun aura son mot à dire.

Étonnée de voir la demoiselle derrière les claviers, alors que tous les articles au sujet de leur album accordent ce rôle à John, la dextérité avec laquelle Jehn gère les claviers, la boîte à rythme, la guitare et le chant est époustouflante. Et lorsqu’elle se met à l’harmonica, ça en deviendrait presque frustrant de génie. John n’est de toute façon pas en reste, jonglant perpétuellement entre sa basse bien aimée et la guitare électrique qu’il entraine dans des solos ultra saturés, laissant échapper de longues plaintes aigües ou préférant accélérer toujours plus le rythme, jusqu’à se retrouver plié en deux sur sa guitare.

Car pour ce qui est de la présence, il est évident que nos artistes sont chargés à fond. Tout en ondulations sur des morceaux comme Make your Mum be Proud, ils n’hésitent pas à donner nettement plus de leurs personnes avec des délires aussi bien exprimés à la guitare qu’au chant, amenant une chanson comme 20 L 07 à s’étirer sur dix bonne minutes.

Pour ce qui est de l’échange avec le public, les petit discours placés juste au moment où John change de guitare ou que Jehn se plonge dans les réglages de la chanson suivante, sentent un peu trop la préparation. Et c’est là tout le problème, car même très répété, un concert se passe rarement comme prévu et le défaut d’improvisation ne pardonne pas. Que les blancs s’étirent, laissant des sourires gênés et des « Bon ben…on reprend avec Fear,fear,fear….euh non pas tout de suite », cela passe encore, mais la corde qui lâche au mauvais moment flinguera irrémédiablement toute l’ambiance du set.

Malgré tout leur style entre les Velvet Underground et les Kills, provoque cette fâcheuse tendance à secouer la tête et à taper du pied. Ce ne sera pourtant pas ce soir qu’on verra le public jumper sur les solos hystériques de John ou hurler en coeur pour agrémenter les ondulations bouillantes de la belle Jehn .

Un concert qui passe vite et qui, au vu la qualité du CD, a de quoi décevoir. L’osmose rendue par les voix, aussi bien chuchotées que martelées, n’atteint pas la fusion passionnelle attendue. Chacun gère son côté de la scène, se contentant de son propre espace pour assurer sa performance, sans porter une grande importance ni au public, ni à son partenaire. Un duo qui mériterait de murir un peu plus sa prestation scénique, mais qui reste à découvrir absolument.

Crédits Photos: Julien Mignot

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Site officiel: http://makeyourmumbeproud.blogspot.com/
Myspace: http://www.myspace.com/johnjehn

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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