JNEB

par Arno Mothra|
A l'occasion de la sortie de son album Tout n'est pas Rose il y a quelques semaines et des premiers concerts de son groupe en été, petit entretien avec JNEB pour plus détails sur ses projets.

jneb_logo_premiere_page Tout n’est pas Rose, ton premier véritable album succédant au projet Idéaux et Ebats, mixtionne plusieurs styles musicaux autour d’une petite histoire basée sur la complexité des relations humaines. Comment as-tu conçu ce disque, et quel en est pour toi le fil conducteur ?

J’ai conçu ce disque en trouvant d’emblée un fil conducteur à savoir un voyage de par le monde. Pour être plus précis, le héros (Pierre) est un homme quelque peu trop porté sur la bagatelle et un soir d’une infidélité de trop, sa dulcinée (Rose) le quitte. Le héros, qui malgré ses frasques, en est éperdument amoureux tombe alors dans la drogue dure et afin d’oublier ses héroïnes (la drogue et métaphoriquement parlant Rose) il décide d’entreprendre un voyage ; voyage au cours duquel il va rencontrer autant de femmes que de pays foulés. Ce qui est intéressant c’est qu’il se tourne une nouvelle fois vers ce qui a causé ses déboires… Une sorte d’addiction tenace. Tout est sur fond d’addiction en fait.

La fin de l’histoire est d’ailleurs plutôt ambiguë, car on hésite un peu quant à savoir si Pierre a retrouvé sa dulcinée, et dans quel état il est…

C’est justement ce qui est intéressant (rires ) ! Mais je pense que la musique peut donner la réponse car la magnifique instru composée par Marchmaninov ( Costa Gravos ) et qui clôt l’album respire indéniablement l’espérance… Et puis le titre s’appelle La vie avec Rose
Mais là où je suis content c’est que le premier projet Idéaux et ébats est l’histoire du héros de Tout n’est pas Rose mais trois ans après… je suis donc là où on ne m’attend pas jusqu’au bout. Au public de comprendre pourquoi je ne vais pas tout dévoiler non plus !

Les ambiances évoluent en fonction du pays où résident les différentes conquêtes de Pierre : Juanita bénéficiant par exemple d’un texte en espagnol et Shéhérazade laissant sur la langue un goût quelque peu oriental. De quoi t’es-tu inspiré pour créer ces atmosphères, assimilables d’emblée ?

Eh bien, textuellement parlant dans un premier temps, pour être en totale adéquation avec les lieux géographiques des histoires, j’ai décidé d’écrire et de chanter en espagnol lorsque l’action se déroulait dans des pays hispaniques, anglais dans des pays anglophones etc.

En ce qui concerne les ambiances musicales, c’est un peu la même chose : il fallait les faire coller non seulement avec ce qui était décliné dans les histoires mais aussi avec les lieux. Par exemple, ça sonne oriental dans les pays arabes, flamenco en Espagne… Ça défonce pour les morceaux lorsque ça parle de sexe (normal !), c’est plus calme pour ceux qui ont un fond plus sentimental…

As-tu toi-même voyagé dans certains de ces pays avant l’enregistrement du disque ? Ton précédent projet, Idéaux et Ebats reprenait également beaucoup l’Espagnol…

Non je ne suis pas un « traveller », je mets tous mes deniers dans la réalisation de mes projets. Allez je suis allé en Espagne quelques fois car je suis touché par la culture (pas par tout ce qui la constitue comme la tauromachie par exemple), la langue et la beauté de leurs autochtones féminines (rires). Je suis allé en Egypte l’été dernier pour être une personne férue d’Histoire et de l’empreinte humaine laissée sur les paysages et les siècles qui passent… Un petit voyage aux Etats-Unis il y a une bonne décennie pour aller rejoindre ma dulcinée de l’époque. Sinon c’est à peu près tout, je ne suis jamais parti en vacances en famille, à Noël ma soeur et moi on avait une orange voire deux si on avait été très gentils ! Allez j’arrête de déconner !
Faire de la musique en y mêlant des histoires dans lesquelles mes personnages voyagent est un moyen de voyager moi-même, au moins par l’esprit !

On retrouve au fil des morceaux quelques collaborations issues de différents courants musicaux, comme Cécile des Suprêmes Dindes ou Daddy de La Ruda. Comment sont nées ces rencontres ? Quelle a été la démarche de chacun ?

En effet 18 invités au total, venant du punk-rock, du festif, du jazz, du classique, mais il fallait bien ça pour les ambiances, pour que ce soit crédible ! A vrai dire je connais la plupart des intervenants depuis bon nombre d’années (plus de 10 ans pour Daddy, Jibé et Bidingue de Marcel et Son orchestre ), on se voit souvent, je les ai donc sollicités en leur faisant écouter les démos afin de voir s’ils étaient intéressés de venir perdre un peu de leur temps (rires).

Pour Cécile, je ne la connaissais pas personnellement et par chance je connais un peu leur ancienne attachée de presse, je n’ai eu qu’à demander gentiment son numéro de téléphone. Elle est venue chez moi écouter le titre et elle a dit OK. En ce qui concerne Jibé et Bidingue des Marcel, un jour où je faisais écouter mes démos à Jibé pour qu’il me donne son avis, il en a profité pour me faire écouter un titre qu’il avait composé vite fait avec Bidingue . Ce titre m’a tout de suite parlé, c’était un rock basique sur fond de musique du monde. Je lui ai alors demandé s’il voulait bien que je pose un chant vite fait chez moi et le lendemain c’était fait. Ça leur a vraiment plu et je leur ai tout naturellement demandé si ce morceau pouvait intégrer mon album et s’ils voulaient venir l’interpréter eux-mêmes…

As-tu des anecdotes à livrer quant à l’enregistrement ?

Tellement ! Le mieux est d’aller visionner une petite vidéo en ligne qui en retrace quelques-unes. Et encore je n’ai pas mis, par respect pour les musiciens, les pires (rires) !
NDLR : Lien de la vidéo à visionner :

Défendras-tu Tout n’est pas Rose sur scène ? Quels sont tes projets autour de cet album ?

Non je ne ferai jamais de concerts avec les projets JNEB !
Mais comme je suis un énervé, que je souhaite vivre à nouveau la musique corporellement parlant et me frotter au public, avec des amis on a monté le JNEB BAND … Formation minimaliste : prog électro, guitare/chant, guitare, trombone et un autre cuivre qu’on cherche encore… Morceaux courts, énergiques, chantés en Français. On ne reprend aucun des morceaux des deux albums déjà réalisés par JNEB .
Pour répondre à ta deuxième question, je compte faire vivre cet album par le biais des passages radios, interviews etc…

N’as-tu pas peur de brouiller les pistes en sortant des disques de JNEB, pour ensuite défendre sur scène un autre projet ? D’ailleurs comptes-tu immortaliser les morceaux de JNEB BAND sur cd ?

Je veux brouiller les pistes ou tout au moins présenter des choses différentes. Je continuerai à sortir des projets sous le pseudo JNEB mais c’est vrai que là JNEB BAND devient la priorité (concerts, répétitions, composition, clip vidéo…) !
Et je réponds à ta deuxième question : oui nous allons enregistrer un album (12 ou 13 titres je ne sais pas encore avec peut-être une reprise des Béru ) à partir d’avril. Je ne sais pas quand il sera achevé, j’espère pour cet été et le sortir pour la fin d’année !

As-tu déjà fixé des dates pour le JNEB BAND ?

Quelques-unes mais n’ayant pas encore de démo à disposition, je n’ai pas encore fait le forcing ! On joue le 4 juillet dans un festival (Serygolo) dans l’Aisne. Nous avons une résidence en juillet puis commençons vraiment l’aventure à partir de septembre (avec des dates dans le nord, les Ardennes, Paris et d’autres lieux à confirmer).

jneb_logo_premiere_page02 Sur la pochette de Tout n’est pas Rose est photographiée une jeune femme, de dos, tenant dans sa main une seringue… Que signifie pour toi cette photo ? N’est-ce pas un peu risqué ? As-tu été confronté directement à la censure, et si oui quel est ton avis là-dessus ? N’est-ce pas un peu hypocrite dans une société ou la vulgarité se banalise au dépens du sens ?

Cette photo résume les « composantes » essentielles de l’album à savoir une femme (en culotte rose… qui n’est autre que Rose), l’addiction à l’héroïne (avec la seringue) et la route en fond qui symbolise le voyage… J’essaie toujours de mettre les visuels en adéquation avec les thématiques distillées dans mes projets.
Si c’est risqué, certaines personnes ont été choquées pensant sûrement que tout ceci prônait la drogue dure. Mais comprenne qui veut et qui peut… Je ne m’attarde pas à tergiverser avec ces personnes. Je n’ai pas de temps à perdre et puis à dire vrai il y aura toujours des gens à l’esprit étriqué qui ne comprennent que le premier degré, un peu comme pour mon premier projet qui avait un fond cru, premier degré alors que le fond était pensé et mûrement réfléchi.
Pour résumé j’aime choquer, je ne cherche pas le consensus et j’aime bien titiller les gens (et l’être).

Peut-on s’attendre à un deuxième roman de JNEB dans le futur ?

Je ne sais pas. Il faudrait pour cela que je sois encore plus ermite que je ne le suis actuellement… Ce qui risque d’être dur (rires) car je me demande comment je pourrais l’être davantage ! Et puis j’aimerais avant cela revenir avec mes films d’animation en 2D Les mésaventures de Barnabé Nedictin et tout cela prend du temps ! Mais là je t’avouerai que la priorité temporelle va à JNEB BAND et je m’y voue en ce moment corps et âme ! Après 6 années passées à créer seul dans une chambre avec un ordinateur, je veux de l’humain, aller à la rencontre du public, me nourrir des autres et écrire un roman est un travail de longue haleine qui ne peut se finaliser que dans une période de solitude outrancière.
Mais cela dit peut-être avec le troisième projet JNEB, car l’amour de la langue – non il n’y pas de double sens – est profondément ancré en moi !

Peux-tu nous parler justement des Mésaventures de Barnabé Nedictin ? Que sont ces films d’animation ? Y travailles-tu seul ?

Ces films d’animation sont comme je les appelle des films « politiconcomiques ». Il s’agit de cerner des sujets de politique internationale avec un fond humoristique, un peu à la manière de Southpark . Le héros parcourt les pays du globe où il lui arrive moult déboires…
Oui j’y travaille seul (avec un ami qui de temps en temps me file des idées de scénar): scénario, dessins (sommes toutes primaires et basiques), montage etc…

Ton mot de conclusion pour Discordance ?

Merci!

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En savoir +

JNEB, Tout n’est pas Rose, 10 titres, Mosaïc

Site officiel : www.jneb.fr
A lire sur Discordance : [Tout n'est pas rose->805] et [Interview->757] (Novembre 2008)

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