Jim Murple Memorial + Roger Latcheup

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Il est de ces soirées de concert qui sortent de la norme et qui vous mettent la patate pour les 15 jours à venir. Et celle de vendredi dernier à la Fourmi de Limoges fut incontestablement l'une d'entres elles ! Un seul regret, pas d’appareil pour immortaliser ces moments.

Un article qui n’était pas prévu mais l’envie de vous faire partager ce moment a été la plus forte. Et c’est également un excellent prétexte pour vous parler de notre Fourmi (ancien Zanzibar), un café-concert sans prétention, mais qui reste la pierre angulaire des scènes de Limoges.

rogerGroupe mythique de rythme n’ blues jamaïcain Jim Murple Memorial avait pour sa première partie choisi les p’tits gars de Roger Latcheup . Un groupe de ska / rock / punk / dub / reggae clownesque originaire de St Yrieix (40 bornes de Limoges et ville d’origine de votre humble serviteur) fondé en 2002. À leur arrivée sur scène, première interrogation : « Heu. c’est Marcel et son Orchestre ? » tant leur look est proche. Mais dès que la musique commence la comparaison s’arrête net. Beaucoup plus de patate et de fraîcheur que les Marcel (ces derniers temps en tout cas)! Surfant dans la bonne humeur entre ska old school, punk et reggae (voir dub), les 10 musiciens ont la ferme intention de nous faire transpirer.

Et ils y arrivent sans peine. En nous embarquant dès le début par leurs rifs efficaces et la chaleur des sax appuyés relevés par des passages bien punk. Une sorte de croisement entre Donkey Skonk (pour le côté bourrin), Maximum Kouette (pour le côté rock cuivré) et de Pouffy Poup (pour le côté ska pur et dur) mais avec sa propre personnalité et un style qui lui est propre. Sur scène tout le monde donne de sa personne, des chansons agréables appuyées par les voix de Mars et (surtout) de Mag, la touche de féminité du groupe à la voix douce mais énervée. La chaleur monte donc très vite, et ne redescend qu’à la fin du concert, même si certains passages reggae cassent un peu le rythme. Après cela, le public est juste chaud comme il faut pour la suite.

Mais qui est donc ce Jim Murple ? Selon la légende, il s’agissait d’un jazzman des années 50 qui vendait ses chansons pour quelques verres et qui mourut dans la pauvreté après avoir fait la fortune de certains. Un look sobre, rétro mais pas ringard, dès l’arrivée des musiciens sur la scène, le show démarre.

jimLa foule se rapproche de la scène, attirée par la contrebasse comme par la flûte d’Hamelin, jusqu’à l’arrivée de Nanou . Plus qu’une voix, une époque à part entière. Un timbre qui donne l’impression qu’elle a débuté dans les cafés de jazz noyés de fumée des années 50 avant d’être congelée pour que ne meure pas complètement cette époque. Et petit à petit La Fourmi s’embrase. L’ambiance monte d’un cran par chanson, alternant le ska endiablé, le rythm’n blues, le two tone et les moments collés serrés à la sensualité exacerbée. Nanou nous embarquant aussi facilement au chant qu’à la trompette pour des morceaux entièrement instrumentaux sur lesquels le saxophone nous transporte à des années lumières d’ici, dans des solos tombés du ciel. Et le public en redemande, encore et encore. La chaleur de la fosse devient insoutenable, mais peu importe, la bonne humeur qui se dégage de la scène nous la fait oublier. L’osmose est parfaite. Fin du concert, le public est au bord de l’explosion, le rappel est inévitable. Un bon quart d’heure plus tard, le groupe est visiblement touché d’un tel engouement et ne peut refuser un deuxième retour sur scène. Le public ne l’aurait de toute façon pas entendu autrement.

Deux heures de bonheur et 3 litres de transpiration pour seulement 10 petits euros. Merci encore chère Fourmi . Après 12 ans d’existence, les Jim Murple Memorial confirment qu’ils restent LA référence incontestable dans leur style. Et 36 heures après le concert, l’esprit de Jim Murple est toujours en moi, un sourire aux lèvres et l’envie de dire au Monde que la vie peut être belle quand on le veut.

À découvrir absolument si par malheur vous étiez passé à côté.

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2 commentaires

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  1. 1
    VIOLHAINE
    le Mercredi 17 septembre 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    J’y étais, et c’est tellement bien décrit que j’en pleurerais.
    =’D

  2. 2
    le Lundi 23 novembre 2009
    Geovin's a écrit :

    Beau style d’écrire, on sent que ca t’as emporté !
    J’y vais demain, ton article me donne déjà le sourire !

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