Jessie Evans à la Cité du Train de Mulhouse

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Multipliant les concerts dans des lieux insolites pendant près d'une semaine (appartements, chapelle, bibliothèque) sur tout le Grand-Est, le Festival GéNéRiQ a fait une courte halte à la Cité du Train de Mulhouse pour un showcase plutôt hors-norme.

Les allées du musée sont désertes et les quelques mannequins présents aux abords des trains regardent d’un œil circonspect la centaine de personnes rassemblées devant la petite scène improvisée entre deux locomotives. L’éclairage est tamisé et le cadre classieux pour accueillir la très hype Jessie Evans, tornade californienne ayant posé ses valises à Berlin pour enregistrer un premier album solo sorti l’année passée et qui multiplie depuis les premières parties prestigieuses (Gossip, les Stooges). Avec à ses côtés Toby Dammit (qui a notamment collaboré 9 ans avec Iggy Pop), c’est dans un joli costume de majorette déjantée, le visage entièrement recouvert de charbon, qu’elle arrive sur scène en tenant fermement son saxophone telle une baguette magique dont elle usera et abusera tout au long du set.

Avec un jeu de scène aussi visuel que sonore, la Belle ne tardera pas à transformer l’ambiance pince-fesse des premiers instants, en une performance assez jubilatoire. N’hésitant pas à multiplier les allers-retours dans le public, à arroser et à haranguer les premiers rangs, elle n’a visiblement rien oublié de son passé de punk. On pense bien sûr aux Dresden Dolls pour la configuration scénique et le burlesque de la mise en scène, mais sa musique est définitivement à part, quelque part entre le funk, la salsa, le rock et le jazz. Qu’elle se lance dans un ska endiablé ou dans un solo de saxophone, la spontanéité et la suractivité créatrice de Jessie Evans est un pur régal malgré le côté un peu répétitif de certains passages.

À la batterie Dammit est un modèle de classe, structurant à merveille l’ensemble de sa rythmique impeccable et de son touché délicat. Discret, mais d’une efficacité imparable.

Bien plus percutante en live que sur un album longuet ayant du mal à ne pas s’éparpiller vers une pop synthétique légèrement sautillante, Jessie Evans a le potentiel de faire une jolie unanimité partout où elle se produira en 2011. Car même en configuration ultra-réduite, sa prestation tenait plus du vrai concert que de l’happening bobo.

Is it fire ?
Yes definitively !

Crédits photo : Pascal

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Site officiel : http://jessieevans.net/

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Image de : Fondateur de Discordance.

1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 20 décembre 2010
    Domino a écrit :

    On dit Jessie Evans Pascal, pas Ewans… Mais sinon bon article ;)

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