Jeremy Warmsley

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The Art Of Fiction, premier album de ce -ô combien étrange et talentueux- jeune homme de 24 ans n'en finit pas d'étonner. A chaque écoute je découvre quelque chose de nouveau, que je n'avais pas saisi la fois d'avant...

The Art Of Fiction

warmsleyUn univers épique, onirique, surprenant, fait de contes indiens, de chansons pop et de clips à la Monty Python, avec des lalala et des doodoodoo comme seuls les Beatles ont su le faire sans être ridicules. Dans son album on trouve de l’électro, quelques ballades, des textes très bien écrits, des instruments-jouets (toypiano, ukulele ) et une ambiance décalée et hallucinée, un peu comme si John Lennon croisait Alice au Pays des Merveilles .

A la première écoute, ce qui choque c’est la voix. Étonnante. Qui ne semble pas du tout posée ni maîtrisée. Puis on se laisse prendre par l’énergie du premier morceau Dirty Blue Jeans, une mélodie complexe et toute en contre-temps, et on comprend que la voix et la musique font exactement ce qu’elles ont à faire. Il faut juste un petit temps d’acclimatation pour le comprendre. C’est que Jeremy Warmsley fait partie de ces artistes qui ont un univers bien personnel, qu’il convient de découvrir petit à petit pour trouver son message.

Il s’auto-produit, il imagine lui-même les mélodies et les paroles tout à la fois dans sa tête avant de les produire sur ordinateur et de leur donner vie par lui-même ou avec l’aide d’autres musiciens. Il aime mélanger les sonorités traditionnelles, nouvelles, mixe facilement les genres, invente des sons, les enchevêtre. C’est l’impression la plus marquante sur cet album, cette idée de superposition de sons qui a priori n’ont rien à faire ensemble, mais dont le rendu est très réussi.

Son premier album The Art of Fiction est sorti en octobre 2006, et il travaille actuellement sur le suivant qui devrait sortir prochainement. A écouter, à réécouter.

Interview

warmsley2Afin de poursuivre la découverte de ce petit surdoué et de son univers, voici quelques questions auxquelles Jeremy Warmsley a gentillement accepté de nous répondre.

Qu’aimerais-tu que je dise sur toi ?

J’aimerais que tu sois honnête et que tu dises ce que tu penses. Et si tu pouvais parler de mon concert au Divan Du Monde à Paris le 22 mai prochain, ça serait bien aussi (rires) .

Qu’aimerais-tu que les gens pensent de ton album ?

Je voudrais qu’ils soient emportés par les mélodies, qu’ils soient tour à tour intrigués et fascinés par les paroles, et qu’ils se perdent dans la musique.

Et si tu ne devais choisir qu’une seule chanson de The Art Of Fiction ?

Je dirai Jonathan & The Oak Tree . C’est l’un des titres les plus aboutis à écouter sur le disque, et je suis vraiment content des paroles. C’est basé sur un ancien conte indien, ça raconte l’histoire d’un homme qui rêve de la fin du monde, mais il sait que s’il la raconte à qui que ce soit alors son rêve deviendra réel. Alors à la place, il le dit à un arbre, puis il devient fou et disparait. L’arbre est coupé et son bois est utilisé dans la construction d’une maison – la maison du narrateur, puisque c’est ainsi qu’il a appris cette histoire – les murs et les meubles faits de cet arbre la lui murmurent à l’oreille quand il dort. Malheureusement on trouve que cette chanson est trop compliquée musicalement pour la jouer en live !

Par quels univers te sens-tu inspiré ?

J’adore les films de Terry Gilliam, les livres de Neil Gaiman, des choses comme ça. J’admire leur façon de raconter des histoires.

Penses-tu que la musique que tu écoutais quand tu as commencé à composer, quand tu avais 17 ans, t’as influencée ? Tu penses que c’est toujours le cas aujourd’hui ?

Oui absolument ! J’ai beaucoup plus appris sur la façon d’écrire des chansons en écoutant 69 Love Songs de Magnetic Fields que de tout ce que j’ai pu écouter ces dernières années.

Je sais que parfois tu composes sur ordinateur, et parfois sur de « vrais » instruments, qu’est-ce qui te conduit à choisir l’un plutôt que l’autre ?

En fait, pour cet album, j’ai énormément écrit la musique dans ma tête avant de la réaliser à l’aide de l’ordinateur et de  » vrais  » instruments. En réalité je ne considère pas l’ordinateur en lui-même comme un instrument, mais il m’ouvre un monde de sons et de structures qui seraient impossible à réaliser sans ça. Je dirais que c’est davantage comme une pièce pleine d’instruments !

Tu es mi-anglais et mi-français, peux-tu me dire quelques mots en français ?

Je suis privelegé de parler avec vous! Mais je suis desolée que je
comprends mieux le francais que je le parles, et encore plus que
j’ecris…

Qu’est-ce que je peux te souhaiter ?

Je suis en train de travailler dur sur mon second album, je collabore avec un super producteur en ce moment. C’est quelque chose de terriblement prenant, et j’en suis très excité !

En savoir +

Site Web: www.jeremywarmsley.com

Myspace: www.myspace.com/jeremywarmsley

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A propos de l'auteur

Image de : Normande bientôt trentenaire, intervieweuse en pointillé, en particulier dans le domaine musical ou littéraire. Sais coudre et tricoter, jouer de la batterie et organiser des tournées. Bah oui, on peut avoir l'air cool ET broder, surtout si on en fait son gagne pain : http://www.broderieduphare.kingeshop.com

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