Jean Guidoni – La pointe rouge

par Stephane|
Quelques arpèges de guitare, une batterie, une voix grave et "les pétales des pavots rouges volent et s'enroulent", le voyage peut commencer.

la_pointe_rouge_pochetteDeux ans après le superbe  » Trapèze « , Jean Guidoni revient dans la même veine avec  » La pointe rouge « , au titre d’une plage marseillaise où enfant il rêvait de s’enfuir. Ce formidable interprète s’est remis à l’écriture sur la plupart des textes, les autres étant offerts par la (jeune) garde de la chanson française : Dominique A, Philippe Katerine, Jeanne Cherhal et Mathias Malzieu de Dyonisos .

Pour les compositions et les arrangements, on retrouve le multi-instrumentiste Laurent Deutsch qui l’avait déjà accompagné sur la précédente tournée. Il a donc eu tout le temps de s’approprier cet univers si particulier pour lui offrir l’écrin musical souhaité, tour à tour raffiné et énergique. Le premier morceau, très rock, nous emmène au Kerala, province indienne découverte à travers des photographies de Steve Mc Curry, dont l’une servira aussi de base pour le titre  » La carte postale « .

Retour à Paris pour le chaloupé  » Comme dans un ballet de Pina Bausch  » qui suit les mouvements écorchés d’une rencontre amoureuse. On enchaîne avec  » Cloaca maxima « , écrit par Dominique A, constat politique pas très éloigné dans le texte de  » La chanson optimiste « . Viennent ensuite deux chansons sur le métier de chanteur, la première côté scène :  » Seul  » ( j’ai eu c’que je voulais / c’était ce que j’attendais ), et  » Fatal « , côté coulisse, où l’attente se fait longue et la vie monotone ( A me regarder ne rien faire / je me philosophe à l’envers ).

On retrouvera le thème du chanteur et la transformation de l’homme en bête.de scène dans l’énergique  » Oh loup !  » – en duo avec Mathias Malzieu . Dans  » Mémoire vive « , il est question de paternité, du désir de transmission et dans  » Comme un autre « , écrit par Jeanne Cherhal, Jean Guidoni, comme au temps de ses amours monstres, se retrouve enceint ! Le voyage se termine sur le délicat  » Exil  » qui loin de nous ramener apaisé à bon port, soulève bien des questions quant à l’avenir artistique de Jean Guidoni ( on ne sait jamais rien de l’exil / est-ce l’alpha ou l’oméga / je ne sais pas ).

Quoiqu’il en soit, après 30 ans de carrière, Jean Guidoni n’a jamais sonné aussi juste et aussi libre. Où le mènera cette liberté, lui-même ne semble pas très bien le savoir mais comptons sur lui, comme il l’a toujours fait, pour nous surprendre. Avec bonheur.

En savoir +

Site officiel: http://ecastaing.free.fr/jean_guidoni/

Partager !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article