J-Dilla : Rebirth of Detroit Project

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Le petit monde du hip-hop est en ébullition, messieurs-dames ! En effet, à l'image des dizaines de morceaux où le fantôme de 2pac venait cracher son venin gangsta, voici que s'apprête à sortir un album posthume du producteur Jay Dee (ou J-Dilla selon l'humeur du moment).

Déjà évoqué par votre serviteur, ce natif de Detroit représente la figure parfaite du producteur hip-hop moderne. Capable de travailler avec des stars internationales (Janet Jackson ou Erykah Badu) comme avec la crème du hip-hop (A Tribe Called Quest ou Busta Rhymes), il n’a pas manqué au long de sa brève carrière (démarrée en « solo » au sein de Slum Village) de laisser libre cours à ses envies expérimentales (avec Madlib notamment).

Cette frénésie créative, apanage de nombre de producteurs à succès (Danger Mouse en tête), nous permet aujourd’hui, et après que son frère Illa-J a exhumé une partie de son travail en 2008 pour un album plutôt réussi (Yancey Boys), de découvrir les multiples facettes d’un artiste souvent cantonné dans des productions accessibles, mais parfois considérées comme insipides par les plus durs des aficionados. Ce nouveau projet qui a reçu l’approbation de la mère de Jay Dee (en tant que cofondatrice du label familial), dont la vidéo ci-dessous est le premier extrait, réunit la nouvelle génération de rappeurs de Detroit autour de ce producteur parti trop tôt pour leur faire profiter de son talent.

Avec la participation de celui qui fait le buzz dans le Michigan en ce moment, Danny Brown (dont l’album The Hybrid, mélangeant flow énergique et ambiances plus ou moins détendues, a déjà enchanté les oreilles des puristes), nul doute que ce disque sera scruté par la communauté hip-hop. Ici Jay Dee ne met pas l’instru « en expansion », pour transporter, comme à son habitude, l’auditeur vers une sorte d’idéal rapologique harmonieux et reposant, au contraire il « resserre » les sons et propose un instru psychotique et saccadé à l’efficacité redoutable.

À l’écoute de ce titre, on s’aperçoit que Jay Dee était à l’aise dans tous les styles et l’on peut regretter que ce côté « hardcore » que l’on découvre ici n’ait pas été plus exploité.

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A propos de l'auteur

Image de : Tombé dans le mouvement hip hop il y a de ça 20 ans, toujours en recherche de bon son entre exigence pointue et détente kitch, allie sa curiosité de l'art en général (musique urbaine et ses corollaires en particulier) à un goût certain pour l'écriture afin de donner des avis tous plus subjectifs les uns que les autres... Hip Hop Gems / Universal Hip-Hop

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