Jam Session au Baiser Salé

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Au Baiser Salé, une fois l'étroit colimaçon grimpé, une salle minuscule laisse s'entasser quelques tables et une trentaine de chaises. Pour ce qui est de la scène une batterie, un piano et trois congas suffisent à remplir l'espace destiné au spectacle.

jazzPourtant, dès la première session c’est bien cinq invités qui viennent se partager ces quelques mètres carrés : un bassiste et un saxophoniste accompagnant les trois premiers. François Constantin, chef d’orchestre de la soirée, donne le swing de derrière. Les congas trônent au milieu de la scène en véritables reines du show.

Peu à peu, le feu monte, l’acoustique de la salle baigne le public dans un jazz chaud et vibrant. Guillaume entame le premier solo au saxo. Les clapets de son instrument s’ouvrent et (en)chantent tandis que François continue de caresser doucement les peaux tendues des congas. Sans un mot, les musiciens alternent passages en commun et démonstrations individuelles. L’osmose qui règne sur scène est aussi impressionnante que le talent de chacun. Un mot, un sourire, un regard suffit à signifier le départ d’un solo, la cassure d’un rythme ou même le changement d’un morceau.

Les premiers invités passés, l’appel au volontaire commence. A la manière d’un père appelant ses enfants, François continue d’animer le boeuf :  » Y a-t-il un pianiste dans la salle?… Ah, Arnaud monte… Un saxophoniste? « . Donnant l’impression de se connaitre depuis toujours, nos passionnés montent sur scène pour partager ce moment de musique éphémère et unique. L’improvisation est en effet le maître mot. Une connaissance pointue des classiques et un niveau hors du commun font exploser le jazz comme si les participants avaient écrit et longuement répété chacun de ces morceaux.

Chaque solo est plus fou que le précédent tel Mickaël qui se permet de jouer sur un clavier de la main droite alors qu’il continue de marteler son piano de la main gauche. Charly, quant à lui, continue de faire rouler la double pédale de la batterie tout en attrapant au vol un micro pour lancer sa voix chaude sur le solo grave et nonchalant de la basse. Malgré une ambiance très masculine, deux femmes s’affirment : Elise, jeune bassiste timide mais incroyablement douée et Laurence, chanteuse grooveuse qui nous laisse rêver au rythme de ses « Poupoudiwa… Papadapouwa… »

Comme une tempête en plein été brûlant, Christophe monte sur scène avec son violon électrique. Au milieu des sons ronds et calmes, les notes aiguës de son instrument explosent. D’abords interpellés, les puristes laissent notre jeune rebelle faire ses preuves et donner une touche électrique au milieu de cette ambiance si suave et tamisée.

Mais alors que la soirée semble finie, que les musiciens rangent leur bébés et laissent la scène vide, tout ce petit monde se retrouve en bas pour échanger numéro et dates de concert. La magie de ce soir renaîtra dans un autre endroit, avec d’autres musiciens et de nouvelles surprises tout en l’honneur du maître incontesté de la soirée : le jazz.

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Site officiel: http://www.lebaisersale.com/

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

2 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Mardi 18 mars 2008
    Stedim a écrit :

    Ca fait vraiment un paquet d’années que F. Constantin anime ces jam sessions au Baiser salé . Je ne savais même pas que ça continuait.

    Tiens, j’en profite pour saluer leur ouverture d’esprit d’ailleurs car, régulièrement, ces musiciens très talentueux laissent places et instruments à des inconnus, sans aucun a priori. Ce fut le cas il y donc bien des années quand je me suis retrouvé sur cette scène avec 2 potes. On n’avait rien de jazz (mais alors rien de rien), on n’était pas spécialement expérimenté mais on a quand même joué un petit moment et pris notre pied avec Monsieur Constantin en rock « improvisé ». J’en ai un bon souvenir (lui sûremment beaucoup moins – Haha). Bref, sympa. A vivre au moins une fois.

  2. 2
    le Mardi 18 mars 2008
    Nico a écrit :

    Constantin, il y a un bail, c’était le percu du « grand Johnny » ! On le reconnaissait à son bandeau de kamikaze japonais autour du front. Ca calme hein ?

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