J’ai toujours rêvé d’être un gangster

par admin|
Quatre ans après "Janis et John", Samuel Benchetrit revient avec "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", une suite de 4 histoires courtes mettant en scène une galerie de personnages plus paumés les uns que les autres, pour un de ces films qui nous rappelle pourquoi on aime le cinéma, et qui donne irrémédiablement envie de se replonger corps et âme dans ses vieux classiques.

gangsterNoir et blanc bien léché, casting de gueules, portrait satirique mais plein d’affection d’une belle brochette de marginaux, paumés, et autres gangsters en carton, difficile de ne pas tomber sous le charme de cet OVNI cinéphile qu’est J’ai toujours rêvé d’être un gangster .

Difficile également de ne pas penser à la filmographie, entre autres, de Jim Jarmush, tant tous les ingrédients cités précédemment sont caractéristiques du cinéaste américain, de Down by law à Mystery train en passant par Coffee and cigarettes, auquel on ne pourra d’ailleurs pas s’empêcher de penser lorsque, dans le film de Benchetrit, les chanteurs Alain Bashung et Arno se retrouveront autour d’un café pour une confrontation toute en espièglerie à l’image de la rencontre jubilatoire entre Tom Waits et Iggy Pop dans le film de Jarmush .

J’ai toujours rêvé d’être un gangster se présente donc comme une suite de quatre histoires courtes, mettant chacune en scène un type différent de gangster raté: du braqueur minable qui braque une braqueuse devenue serveuse du resto-route qu’elle voulait dévaliser, aux ravisseurs se métamorphosant en papy gâteau après s’être pris d’affection pour leur otage suicidaire de 16 ans, jusqu’aux archétypes des gangsters à l’ancienne, sur le retour, nostalgiques, et dépassés par les méfaits de l’urbanisation galopante.

Les quatre récits, séparés, sont néanmoins reliés par un fil rouge incarné aussi bien par le resto-route désert au sein duquel passeront tous les personnages que par les quelques clins d’oeil à mourir de rire, parfaitement ajustés, et qui participent pleinement au charme intimiste du film au même titre que sa galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, son comique de situation entre le burlesque et l’ironie grinçante, ou encore ses conversations de comptoir et autres dialogues absurdes à la Pulp Fiction . Le tout mis en valeur par un cadre parfaitement maitrisé, et servi par un rythme qui prend son temps, laissant la part belle à la performance d’acteur.

Autant de situations drôles et charmantes, pleines de malice et de second degré, magistralement interprétées par un casting de rêve, sans toutefois nous vomir, une fois n’est pas coutume, les même reliques de la comédie familiale et autres amuseurs abonnés des plateau télé d’ Arthur . Samuel Benchetrit a parfaitement su trouver ceux qui sauraient donner vie à ses improbables personnages, d’ Edouard Baer à Jean Rochefort en passant par une Anna Mouglalis pleine de charme, irrésistible, notamment dans une scène muette à la Buster Keaton, franchement jouissive.

Un casting d’une justesse irréprochable au service d’un film dont l’âme transpire à travers l’écran. Un film de passionné, drôle et touchant, comme le cinéma en général, et français en particulier, ne nous en offre que bien trop rarement.

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7 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 24 avril 2008
    herwann a écrit :

    J’ai adoré

  2. 2
    le Jeudi 24 avril 2008
    Dahlia a écrit :

    Mmmh… J’avoue que dès que j’ai vu la bande-annonce, y a un tel trop-plein de références que j’ai mega eu la trouille. Genre oh, on dirait Clerks! Oh on dirait Jim jarmush! On dirait les Tontons Flingueurs! On dirait Tarantino! Et quand on reconnait trop les références pour moi, y a socis, c’est même plus de l’hommage quoi. C’est pomper les autres pour éviter de se définir en propre… Ceci dit, je l’verrai ptet en dvd voir si ça peut me faire changer mes appréhensions.

  3. 3
    le Vendredi 25 avril 2008
    Vincent Bidule a écrit :

    Oui oui très bon film que je recommande à tous les cinéphiles. Par contre bémol sur la confrontation Bashung & Arno. Nous pouvions espérer mieux de cette rencontre.

  4. 4
    Stedim
    le Vendredi 25 avril 2008
    Stedim a écrit :

    Bon, allez, moi, je vais tenter le coup, du coup !

  5. 5
    le Vendredi 25 avril 2008
    Anonyme a écrit :

    je comprend que cet aspect la puisse t’inquieter dahlia,ca a aussi reussi a me degouter de quelques films,les kill bill en particulier…mais la pour le coup j’ai beau etre archi fan des tontons flingueurs ou de jarmush,j’ai vraiment pas eu l’impression de cette demarche de repompage bete et méchant deguisé en hommage de cinéphile…on sent quand meme bien la patte de benchetrit, ya aucune prétention qui se degage de tout ca,comme ca peu arrivé dans ces cas la…ya vraiment un bon etat d’esprit de complicité et de partage qui émane du film,et du coup,moi en tout cas,je suis vraiment tombé sous le charme!

  6. 6
    le Vendredi 25 avril 2008
    Anonyme a écrit :

    ah oui,merde,en fait,le courageux anonyme,c’est moi,le courageux auteur de l’article…

  7. 7
    le Vendredi 25 avril 2008
    Dahlia a écrit :

    Ae, mais le souci, c’est que je suis pas fan à tout crin de Benchetritt non plus… Enfin plus précisemment, je me suis farci ses bouquins (ouais il est aussi romancier à ses heures perdues) et c’est mauvais, mauvais! En même temps, je suis d’une terible mauvaise foi puisque bon, on peut être très bon dans un domaine et et nul dans un autre.

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