Isis – Wavering radiant

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Neuf ans après Celestial, leur véritable premier album, trois ans après In the absence of truth, le monstre sonore Isis continue ses explorations distordues avec Wavering radiant .

wavering_radiant_kopieÉcrire sur un groupe comme Isis est une tâche ardue. À l’instar de ses consorts issus de la mouvance post-métal, post-rock, drone et compagnie, Isis distille dans sa musique un mélange homogène d’intellect – construction progressive, ambiances mûrement pensées – et d’émotion – explosions distordues, longs breaks planants. En tant que dinosaure et pilier de la scène post-métal, le groupe bénéficie en outre d’une armée de fans, prêt à égorger le premier profane qui osera écrire n’importe quoi sur l’une de leurs productions. Il est donc indispensable de retourner ce disque dans tout les sens pour en dégager convenablement sa substance.

À l’écoute de Wavering radiant, on ne peut que reconnaître la finesse du travail du combo californien. Le groupe a parfaitement su tirer des leçons de ses précédentes expériences, si bien qu’il atteint sur cet album une fluidité rarement obtenue. Cette sensation d’excellence est appuyée par une production soignée, comme le groupe nous y a habitués. Seul différence, Joe Barresi, qui a pris la place de Matt Bayles derrière les manettes – ce dernier a produit tous les albums d’ Isis depuis Celestial – propose un son peut-être moins caverneux qu’à l’accoutumée. Cette orientation va dans la logique de l’évolution du groupe ; il suffit de réécouter les vieux disques du combo pour se rendre compte du chemin parcouru dans ce sens.

Bien que difficile d’approche, ce disque se compose d’une multitude de sons – particulièrement sur les instruments à cordes, qui sont recouverts d’une forte quantité d’effets – qui permet d’éviter l’ennui, pire ennemi dans le genre. Moins figées qu’autrefois, les compositions permettent aux musiciens de passer au premier rang à tour de rôle. Le chant clair notamment et la basse, sont plus mis en avant que dans les derniers disques. Dans un autre registre, on peut noter la présence du guitariste de Tool sur les morceaux Hall of the dead et Wavering radiant, respectivement première et quatrième piste de l’album.

Interrogé par le magazine Noise [1], le guitariste et chanteur du combo, Aaron Turner, concède que le groupe a bénéficié de plus de temps pour cet album, ce qui leur a permis d’aller plus en profondeur dans leurs morceaux. Il évoque toutefois la crainte qu’il avait de voir les membres du groupe se chamailler sur le moindre détail à force de passer trop de temps sur les compositions. Et c’est justement là que le bât peut blesser. Isis est arrivé à un stade de maturité particulièrement élevé, si bien que l’on vient à se demander si tout n’est pas trop maîtrisé.

De la même manière que l’on reproche aux formations de métal dites « techniques » de ne pas suffisamment se laisser aller, Wavering radiant va peut-être trop dans les détails. Les longs passages oniriques n’arrivent pas à dissimuler la grande rigueur dans lequel les membres d’ Isis s’inscrivent. En clair, on peut reprocher à ce disque d’être un peu trop axé sur l’intellect et pas assez sur l’émotionnel. Toutefois, l’équilibre est rompu de peu, si bien que l’on prend tout de même un plaisir immense à s’immerger dans l’univers d’ Isis . Encore une fois.

[1] Arnaud Lemoine, Au-delà du seuil de transformation, Noise numéro 10, mai-juin 2009, p 64.

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En savoir +

Isis sera de passage en France à l’occasion du Furia Sound festival . Pour plus d’informations rendez-vous à l’adresse suivante : http://www.furia2009.com/

Site officiel : http://www.isistheband.com
Myspace : www.myspace.com/isis

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

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