Isis, le calme dans la tempête

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Nous les avions croisés au début de l’été au Furia Sound festival, les voici de retour en France. Accompagnée par Circle et Kheelaul, la formation américaine a donné deux shows au BT59 (Bordeaux) et au Trabendo (Paris).

isis1Le guitariste, chanteur et compositeur d’ Isis, Aaron Turner, nous l’avait confié en juillet dernier : « Je préfère écrire et enregistrer que jouer sur scène ». Il avait notamment évoqué l’argument suivant : « notre musique exige un gros investissement émotionnel de notre part, et avoir à faire cela soir après soir peut devenir éprouvant. »

À la vue du concert d’Isis au Trabendo (Paris), on comprend tout à fait ce qu’il entend par « éprouvant ». Rien que pour le public, le fait que la musique soit nue, à savoir sans jeu de scène particulier et avec peu de chant, laisse beaucoup de place à la pensée et à l’imagination. En conséquence, le public, même s’il semble adhérer reste largement statique.

Selon la sensibilité que l’on a pour la musique du combo américain, on peut la subir comme l’apprécier. Si l’on choisit la deuxième option, il y a chez Isis quelque chose de positif. Les passages clairs peuvent être autant de parenthèses pacifiques, de moments de calme réparateur, de respirations sereines d’autant plus appréciables qu’elles marquent une rupture avec la vie urbaine, son rythme et sa violence – pas besoin de vous faire un dessin. Même les passages distordus avec le chanteur qui hurle à la mort sont bienfaiteurs. Être dedans, c’est profiter de sa force, au lieu d’être écrasé par le déluge sonore.

isis2Toute la musique d’ Isis marque une certaine continuité, si bien que l’on peut rester dans sa bulle toute la durée du set. « Je pense que les anciens morceaux que nous jouons sur scène ont évolué au fil du temps, faisant que du coup ils se fondent parfaitement avec les nouveaux morceaux, et beaucoup plus d’ailleurs que si nous les jouions tels que nous les avions composés ».

Le groupe nous y invite également par une autre manière. Les vides laissés entre les chansons sont ainsi comblés par des samples aériens, un larsen ou juste une note, si bien qu’il n’y a pas de vraie coupure dans le set. Paradoxalement, toute cette humanité est servie par une interprétation extrêmement rigoureuse des titres, presque mécanique, et une grande qualité de son. Les membres, que l’on peut facilement deviner perfectionnistes en studio, semblent l’être aussi sur scène.

Au sortir du concert, une question reste en suspens : comment se fait-il qu’ Isis n’ait jamais composé de bande originale de films ?

Crédits photo : Melchior Tersen (http://melchiorportefolio.carbonmade.com//)

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A lire sur Discordance : [Interview d'Isis->1204] (juillet 2009) / [Chronique de Wavering Radiant->1166] / [Furia Sound Festival->1196]

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

2 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 8 décembre 2009
    Pacush Blues a écrit :

    et Keelhaul, tu les as pas vus en première partie?

  2. 2
    Yves Tradoff
    le Mardi 8 décembre 2009
    Yves a écrit :

    Pour être tout à fait honnête, je suis arrivé après le set de Circle et alors que Keelhaul avait déjà commencé. Je me sentais pas d’en parler « à moitié », si tu vois ce que je veux dire.
    En tout cas, j’ai pas été convaincu par ce que j’en ai vu. C’est dommage parce que je pense qu’il y a moyen de faire quelque chose avec leur concept. Le reste du public était pas trop dans l’ambiance non plus. Beaucoup de gens au bar, beaucoup dehors. Des « C’est quoi cette merde? » et des gens qui se marraient en les voyant.

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