Invictus

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Une fois encore l'oeil de Clint Eastwood touche juste avec cette histoire vraie où la fin de l'apartheid est scellée au destin d'une équipe rugby. Portée par des comédiens sur mesure, ce trentième film du plus brillant des cowboys nous offre une vision de la relation entre sport et politique pleine de bon sens, bien loin de celle à laquelle nous sommes habitués.

invictus1994, Nelson Mandela, fraichement élu, est face au fossé que l’apartheid a creusé au sein de sa nation ; il appelle le peuple au pardon et à la fraternité, mais la tâche reste immense.

À un an de la coupe du monde de rugby accueillie par l’Afrique du Sud, l’ancien détenu et nouveau président tente de réhabiliter l’équipe nationale, symbole du monopole encore récent des Afrikaners (un seul sud africain de souche dans l’équipe), afin d’offrir à son pays un rêve commun.

Mais outre une histoire captivante et bien racontée, ce qui ressort en premier est la prestation impeccable de Morgan Freeman en Mandela, bluffant. Il est totalement imprégné dans ce grand personnage, ou en tout cas à l’image que l’on peut en avoir, mais il est vrai qu’un autre choix d’acteurs aurait été ahurissant. Selon la légende, Mandela lui-même ne voyait personne d’autre pour l’incarner, c’est tout dire. Très bonne interprétation aussi de Matt Damon, toute en finesse et en humilité, qui campe ici François Pienaar, capitaine d’une équipe de rugby sud-africaine en déroute, vers qui se tourne un président en manque de symbole patriotique.

Inutile d’être fan de politique et/ou de rugby pour rentrer dans cette histoire, même si les inconditionnels du ballon ovale y trouveront forcement un petit plus, tant le récit et les personnages dépassent le contexte concerné. Clint Eastwood tisse avec subtilité un fil d’émotion entre ces deux protagonistes principaux ; avec d’un côté ce joueur de rugby apolitique, fils d’Afrikaner pur et dur, qui trouve en Mandela un modèle de tolérance et d’abnégation qui lui donne la force de se dépasser, et de l’autre un président marchant sur un fil à qui Piennar offre le moyen de concrétiser un rêve presque impossible.

Inutile de déblatérer sur l’aspect technique du film, cadrage, lumière, montage tout est propre, comme à chaque fois, ou presque. En homme d’expérience Clint Eastwood ne noie pas ses personnages dans un déluge de guimauve et de lyrisme, laissant ainsi parler l’histoire et les émotions d’elles mêmes, mais il sait tout de même donner une dimension épique aux événements au bon moment, notamment lors de cette fameuse finale face à la Nouvelle-Zélande, sidérante d’intensité.

Un film à voir sans aucun doute, qui ne peut laisser indifférent, ne serait ce que pour Morgan Freeman, majestueux, une classe incomparable, et bien parti pour un nouvel oscar après Million Dollar Baby . C’est tout ce qu’on lui souhaite !

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A propos de l'auteur

Image de : PaD (diminutif de padbol) est né en 1981 et tente de survivre à sa maladresse à Limoges. Fan de cinéma depuis sa tendre enfance, il arrive actuellement à en vivre en tant que technicien dans sa belle région limousine. Naturellement fourré dans les salles de cinéma dès que l'occasion se présente, il tentera de délivrer ses impressions sur les sorties marquantes, essentiellement en cinéma de genre. Grand amateur de l'ambiance furieuse des concerts punk-métal, de bandes dessinées et de manga, il essayera de vous faire partager ses coups de cœur dans les domaines.

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 10 février 2010
    Julien Vachon a écrit :

    Très intéressante critique. Clint Eastwood reste lui même et c’est pour ça qu’on l’aime. Et Morgan Freeman joue majestueusement.

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