Apres des essais plus ou moins réussis (The Pledge, Crossing Guard), Sean Penn s’attaque avec brio au road movie, avec Into the Wild, l’adaptation du roman éponyme de Jon Krakauer. L’histoire vraie de Christopher McCandless, alias Alex Supertramp (comprendre Alex le super vagabond) qui du jour au lendemain quitte sa famille et toute possession matérielle pour partir à la recherche de lui-même au coeur de la nature.
Christopher, étudiant fraîchement diplômé pour la plus grande fierté de ses parents est en rupture totale avec cette société de consommation où les objets ont fini par avoir plus de valeur que les émotions. Estimant avoir rempli son devoir envers ses parents en consacrant 4 ans à ses études, il décide dès lors de vivre sa vie comme il l’entend, et sa détermination sera sans faille. Après avoir fait don de toutes ses économies à une oeuvre caritative et après avoir maquillé son départ afin d’avoir une longueur d’avance sur sa famille, le grand voyage de Christopher peut enfin commencer. Son seul et unique but: avancer seul, face à la nature, afin de retrouver certaines valeurs, que la société moderne a fini par oublier. Telle est donc l’histoire de ce film, le cheminement d’un enfant à la recherche de l’adulte qu’il aimerait devenir. C’est un peu le voyage initiatique que nous avons tous rêvé un jour de faire, celui qui nous confronte à nos forces, nos faiblesses, nos espoirs, nos erreurs et notre réel potentiel.
Depuis les grands champs de maïs du centre des Etats-Unis, au désert de l’Arizona, jusqu’aux endroits les plus sauvages de l’Alaska, en passant les rapides du Colorado, ce film est bien plus qu’un road-movie, c’est une quête, une réflexion globale sur le monde qui nous entoure et sur la place que l’homme y tient ou devrait y tenir. De la première à la dernière image, tous les endroits parcourus sont filmés avec beauté et humilité, et l’ont devine sans peine l’amour de Sean Penn pour cette nature dont il fait un personnage à part entière. Mais au-delà des magnifiques paysages rencontrés, des peurs et des joies procurées, ce voyage est aussi une histoire de rencontres. Qu’ils soient vieux hippies, agriculteur magouilleur au grand coeur, jeunes travellers, adolescente s’éveillant aux premiers amours ou vieil homme solitaire, tous ont quelque chose à apprendre à Alex . Tous ont quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes.
Into the Wild est également une merveille de montage et de narration, en nous dévoilant par chapitre les différentes étapes du voyage d’ Alex, avec en fil rouge ce face à face de trois mois avec la nature ô combien hostile de l’Alaska. Comme si tout ce que Alex avait vécu avant n’était que le préambule, les préparatifs au but de sa vie : être immergé dans la nature, et se rendre compte de qui il est vraiment. Aussi folle que cette démarche peut paraître, elle n’en reste pas moins très cohérente et d’une logique imparable.
Il serait impardonnable de parler des émotions ressenties dans ce film, sans rendre hommage à celui qui leur donne vie à l’écran : Emile Hirsch . Vous l’aviez peut-être déjà remarqué dans les Seigneurs de Dogtown ou Alpha dog, mais c’est sous la caméra de Sean Penn que se révèle enfin tout le talent de ce grand acteur.
Il nous emmène ainsi de la solitude de Christopher à la liberté absolue d’ Alex Supertramp, en donnant une dimension magnifique à cette humanité qui ruisselle en chacun de nous et qui prend chez lui la puissance d’un torrent. Mais aussi grand qu’il soit, un comédien n’est rien si ses interlocuteurs ne sont pas capables de lui renvoyer ses émotions. Qu’il s’agisse de grands comme Wiliam Hurt, Vince Vaughn ou de la jeune et vibrante Kristen Stewart (la fille de Panic Room ), tous les seconds rôles sont ici d’une grande justesse.
Mais arrêtons là le lyrisme car il serait possible de noircir une dizaine de pages, tant les sujets évoqués sont nombreux et poignants. Into the Wild est une réussite tant par la réalisation que par l’interprétation. Mention spéciale également à la B.O signée Eddie Vedder ainsi qu’aux nombreuses citations ( Tolstoï, Kerouac, Jack London ) qui émaillent ce film. Un grand moment de cinéma qui vous laissera forcément une trace par sa sincérité et sa beauté et qui, bien que se déroulant aux États Unis, délivre un message universel sur l’homme.
À voir impérativement (en V.O. autant que possible) car tel est le but du cinéma, nous faire rêver, nous pousser à la réflexion et nous offrir la chance de voir le monde sous un angle nouveau.
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En savoir +
Site officiel: http://www.intothewild.com/
A propos de l'auteur
PaD : PaD (diminutif de padbol) est né en 1981 et tente de survivre à sa maladresse à Limoges. Fan de cinéma depuis sa tendre
enfance, il arrive actuellement à en vivre en tant que technicien dans sa belle région limousine. Naturellement fourré dans
les salles de cinéma dès que l'occasion se présente, il tentera de délivrer ses impressions sur les sorties marquantes, essentiellement
en cinéma de genre. Grand amateur de l'ambiance furieuse des concerts punk-métal, de bandes dessinées et de manga, il essayera de vous faire partager ses coups de cœur dans les domaines.















MajinFab a écrit :
Le film qui changea ma vie…Je n’avais jamais vu un tel chef-d’oeuvre.
Adé a écrit :
Salut tout le monde. J’aurai besoin de vous. je cherche le titre de la chanson que chante kristen stewart en duo avec emile hirsh. je l’adore et j’aimerai bien la trouver don csi quelqu’un peux me filer un coup de main
merci bcp
Adé a écrit :
mon mail parce que je viens pas souvent sur ce site
lachipie_14@hotmail.com
VIOLHAINE a écrit :
http://answers.yahoo.com/question/index?qid=20081205214015AAzxd5l
Tu auras ta réponse là-bas !
Et c’est un tort de ne pas venir souvent ici, Adé, un énorme tort !!
Pascal a écrit :
Ce film n’est pas comme les autres. J’aurais rarement vu quelque chose d’aussi juste et intense sur un écran. Aucune fausse note de la première à la dernière image. C’est profond, vrai et d’une intensité boulversante.
Un film qui ne ressemble à aucun autre. A mille lieux d’être un film de « hippie » comme son pitch pourrait le suggérer ou craindre, Into the wild est une leçon de vie. C’est brillent et lumineux. Si Sean Penn et Emile Hirsch n’ont pas au minimum 1 oscar chacun après cela, c’est qu’il y a définitivement un problême…
Après l’avour vu, vous ne serez peut être plus tout à fait le même. Comme tu l’écrit très justement, Pierre, c’est bel et bien l’un des buts du cinéma.
VIOLHAINE a écrit :
Superbe chronique ! Si j’l'avais pas déjà vu, j’y foncerai tout de suite !
Bon, je tiens juste à rappeler que ce film DURE 2H30 !
C’est pas que ça soit gênant, mais je pense qu’il est plus confortable de le savoir à l’avance…
Bref, ce film, ça donne des envies de tout envoyer en l’air ! Et ça laisse furieusement songeur…
Stedim a écrit :
Allo le service après-vente des chroniques ? Oui, bonjour. J’aimerais savoir à quel style musical se rapporte cette suberbe B.O. (si c’est définissable) et si elle est directement liée ou non à l’album solo d’Eddy Vedder ?
Merci d’avance !
Anonyme a écrit :
Service apres vente des chroniques bonjours !
Je connais trop peu l’oeuvre de d’Eddy Vedder (honte à moi je sais) pour comparer cette BO à son album solo. Tout ce que je peux te dire c’est qu’il s’agit de la BO idéal pour ce film, entre folk, rock,ca m’a fait penser à un mélange entre Bob Dylan, the Doors et bien sur Pearl Jam. Chaque musique donnant un peu plus de relief au moment qu’elle accompagne. Si tu possède Realplayer tu peux écouter des extraits sur amazon.fr ( http://www.amazon.fr/Into-Wild-Eddie-Vedder/dp/B000ULQV0W).
Voilà Stedim, j’espere avoir assouvi une partie de ta curiosité !
PaD
Pascal a écrit :
En fait il me semble que l’album solo d’ Eddie Vedder et la B.O d’ Into the Wild ne font qu’un…
Arizona Dream a écrit :
Oui c’est bien ça la B.O. du film est l’album solo d’Eddie Vedder.
Sinon, concernant le film, je dois dire qu’il m’a profondément touchée. Touchée aussi bien par la splendeur de la nature mais aussi des personnages. Outre Emile Hirsch, dont l’interprétation est intense, je voulais aussi souligner la performance de Hal Holbrook. La scène d’adieu dans la voiture est poignante. D’ailleurs Hal Holbrook est nommé aux oscars pour meilleur second rôle masculin. La seule nomination du film…
Flusch a écrit :
Personne n’a trouvé que ce film n’était que celui d’une fuite vaine et d’un suicide, celle d’un enfant gâté. A aucun moment on ne croit à cette histoire qui est pourtant vraie (mais sans doute mal adaptée). Ce film brille en premier par son incohérence, je brûle ma voiture et je fais du stop, je jette mon argent et je vais faire la manche, et puis par son puritanisme : la fin est tristement abusivement religieuse.