Interview The Temper Trap : « On n’en est encore qu’au début »

par |
C’est au restaurant de la Maroquinerie (que l’on vous recommande au passage, pas seulement pour sa cuisine mais aussi pour son patio extérieur, loin du bruit de la ville) que Discordance a rencontré pour vous The Temper Trap juste avant leur concert. Joseph Greer (claviers, guitare ; à gauche) et Toby Dundas (batterie ; à droite) ont bien voulu répondre à nos questions.

Bonjour et bienvenue en France où beaucoup vous ont découvert au Festival Rock en Seine il y a deux ans. Vous y avez joué directement sur la grande scène ; vous nous racontez ?

The Temper Trap : Nous avons tous simplement eu de la chance ! Nous avions joué un peu en France, au festival de Belfort notamment, et aussi lors de quelques petits concerts à Paris. Mais Rock en Seine était fantastique, le public était super réceptif et à la fin, nous sommes allés voir Arcarde Fire avec ces trombes d’eau ! Le groupe a été obligé d’interrompre le concert et quand il est revenu c’était de la folie. C’est un grand souvenir.

Qu’est-ce qui a changé depuis ?

TTT : Avant nous n’avions qu’un seul disque alors c’était un peu toujours la même chose. A présent avec ce nouvel album, nous pouvons mélanger les chansons sur scène et changer un peu quelques titres. Par exemple nous jouons des versions étendues pour certains d’entre eux. Et nous avons aussi beaucoup travaillé les lumières pour ajouter un côté plus expérimental au concert.

Quelle est l’histoire du groupe ?

TTT (Toby) : Quand j’ai rencontré Dougy [le chanteur, ndlr] nous travaillions dans la même boutique de fringues à Melbourne, et nous nous faisions quelques petits bœufs de temps en temps. Jonny [le bassiste, ndlr] est un vieil ami de Dougy. Et le guitariste était un ami à moi ; nous nous connaissons depuis que nous avons 12 ans, nous étions à l’école ensemble. Wow, ça fait presque 20 ans donc ! Ça a été le groupe pendant un petit moment. Ensuite Joseph [claviers, ndlr] est venu bosser dans le même magasin, il venait de Nouvelle Zélande et il a vraiment ajouté encore à notre musique. Nous avions besoin d’élargir le groupe avec des claviers, et ça a été un super partenariat sur ce nouvel album.

Votre album précédent avait le titre Sweet Disposition en fer de lance, qui vous a fait connaître mondialement grâce au film 500 Days of Summer (500 jours ensemble en France) en 2009.  Y a-t-il un titre sur votre nouvel album qui pourrait avoir ce genre de destin ?

TTT : En fait l’album est encore tout neuf et il n’y a pas encore de chanson qui ait figuré sur un film ou une série. Mais nous sommes très fiers de cet album ! Et nous verrons bien qui sait. Le temps nous le dira.

Mais vous avez un titre préféré ?

TTT (Toby, dont la réponse fuse immédiatement) : Il y a cette chanson, Miracle, que j’aime beaucoup.

Ah vraiment ? C’est justement celui qui a été choisi par le magazine Les Inrockuptibles pour figurer sur leur sampler.

TTT (Joseph) : Oh génial on ne savait pas ça !

TTT (Toby) : Ce titre pourrait être le prochain single en fait.

Pour beaucoup de chansons de ce nouvel opus, on dirait qu’elles ont été écrites pour des stades…

TTT : Déjà l’album précédent avait ce type de chansons, très …cinématiques. Mais nous avons plus d’expérience aujourd’hui, nous avons fait pas mal de scène et nous avons travaillé ce son, un son de batterie des années 80 pour stades en effet, des reverb super longues, ce genre de choses. Et aussi, nos influences nous poussent dans cette direction.

A ce propos, on pense beaucoup en vous écoutant à des groupes des années 80 (Simple Minds, U2, Erasure), mais aussi à des choses beaucoup plus modernes, comme Thom Yorke sur Miracle par exemple…

TTT : Oh merci pour la comparaison ! [le nom de Thom Yorke fait visiblement hyper plaisir à Joseph, au clavier, ndlr]. Nous avons tous des goûts assez différents, et nous mettons un peu toutes nos idées dans un pot commun quand nous composons. On tient à cette variété, entre du gros son et des chansons plus délicates comme The Sea is Calling. Franchement on n’aime pas trop les albums sur lesquels toutes les chansons se ressemblent. Donc c’est un bon mélange à avoir.

La voix de votre chanteur est particulièrement émouvante.

TTT (Toby) : Oui, Dougy nous touche aussi nous lorsqu’il se met à chanter ! Je jouais dans un autre groupe avant et ça faisait un moment que Dougy me parlait de les rejoindre sans que je ne l’écoute vraiment. Mais aussitôt que je l’ai entendu chanter il m’a scotché ; j’ai pensé : Waouh, ce mec a vraiment LE truc.

TTT (Joseph) : On a vraiment de la chance de l’avoir. Il y a beaucoup de chanteurs et beaucoup de groupes, mais lui a réellement quelque chose en plus, pas seulement incroyable mais tout à fait unique. Et ça nous ouvre de réelles perspectives. Parce que nous pouvons compter sur sa voix.

Pouvez vous nous raconter l’histoire d’une chanson ?

TTT (Toby) : On a parlé du titre Miracle justement. Un jour Jonny et moi faisions un bœuf tous les deux en salle de répet ; sa femme était enceinte à ce moment là, et elle a envoyé un mp3 des battements du cœur du bébé qui venait d’être enregistré pendant l’échographie. Et là Jonny me dit en plaisantant : « Hey ! Tu pourrais mettre ça dans une chanson ? ». On avait un beat, une basse et un piano sur lequel nous avons posé le battement de cœur et ça fonctionnait ! On c’est dit que c’était en effet super cool. Quand on a fini la musique, on l’a faite écouter à Dougy et ça l’a inspiré.

On commence seulement à vous connaître un peu en France. Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez d’un autre membre du groupe ?

TTT (Joseph, immédiatement, avec des étoiles dans les yeux) : Jonny est la personne la plus unique que j’ai jamais rencontré, Il est hyper créatif, il a une façon très spéciale de travailler et d’écrire de la musique. Dans tout ce qu’il fait il a un point de vue différent sur les choses. Il n’y en a pas deux comme lui dans le monde.

Et toi ? (à Toby)

TTT (Joseph, à Toby) : Tu peux parler de moi si tu veux ! (Rires)

TTT (Toby) : Ah moi je parlerais forcément de Dougy ! Il est d’une humilité bluffante et pourtant ! Parfois il peut se mettre à jouer quelques accords de guitare très simples, mais la façon avec laquelle il pose sa voix dessus va donner un truc fantastiquement mélodieux ; c’est très impressionnant. Souvent on se demande d’où il peut sortir de telles notes.

Vous êtes originaires d’Australie, vous avez déménagé à Londres, enregistré l’album à Los Angeles, ce soir vous êtes à Paris. C’est un peu comme si votre Tour Bus était devenu votre maison et le groupe votre famille, non ?

TTT : C’est vrai ! On passe plus de temps ensemble qu’avec nos proches. Mais c’est un monde magique, on vit des choses très fortes qu’on aurait du mal à expliquer aux gens. On sait que nous avons beaucoup de chance. C’est une expérience incroyable.

En France en particulier, qu’est-ce que vous aimez ici. Que voudriez-vous y faire ?

TTT (Toby) : Toutes les salles à Paris seraient géniales. On est ravis pour ce soir, que ce soit complet ! Quelle est la prochaine salle après la Maroquinerie vous pensez ? Le Zénith?

TTT (Joseph) : Sinon, ici c’est la nourriture aussi ! Même aujourd’hui, nous avions quelques heures alors on est allés dans un resto dans le marais avec Jonny, pour se partager une côte de bœuf. Il y a un super grill et on y va souvent. En fait ma copine adore Paris alors on y va beaucoup en vacances. Confit de canard, escargots, j’ai tout essayé ! Et on fait pas mal de shopping aussi. Paris est une très belle ville en soi de toute façon.

Vous êtes déjà connu au niveau mondial, êtes-vous déjà ce qu’on pourrait appeler un gros groupe ? Qu’espérez vous pour la suite ? Un gros succès aux USA ?

TTT : On adore tourner aux USA, c’est comme cinquante pays en un seul. Tout est différent d’un état à un autre : les gens, la nourriture … un peu comme en Europe ! On y a déjà un peu joué. On y retourne en août, dans un gros festival à Chicago puis encore un mois à la fin de l’année. On va essayer d’y passer un peu de temps. Mais sinon on n’est pas encore très connus, non. Nos ambitions vont au-delà de ça. On veut continuer à progresser en tant que musiciens et en tant que groupe. Et on veut surtout que le plus de gens possible puissent entendre notre musique. On pense qu’on n’en est encore qu’aux débuts. Bien sûr nous avons déjà beaucoup de chance mais nous sommes persuadés qu’il y a bien plus à venir pour The Temper Trap !

Merci. On vous souhaite le meilleur. Et on vous voit à bientôt à Rock en Seine.

TTT : Merci à vous !

 

Crédit photo : Nicolas Brunet

Remerciement : Margaux, Pias France

 

Partager !

En savoir +

A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

2 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Dimanche 15 juillet 2012
    Schattra a écrit :

    Après la Maroquinerie, c’est plus le Bataclan ou le Trianon que le Zénith mon petit Toby. ;)
    Merci pour cette interview, j’essaierai de balancer une côte de boeuf sur la scène Cascade à Rock en Seine, pour faire plaisir aux deux Jo.

  2. 2
    le Dimanche 15 juillet 2012
    isatagada a écrit :

    C’était vraiment un renseignement qu’il demandait ! On lui a parlé de la Cigale. J’adorerai les voir à l’Olympia aussi :-)

Réagissez à cet article